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Divorce pour altération définitive du lien conjugal : conditions, preuves et conséquences

Le divorce pour altération définitive du lien conjugal permet à l’un des époux de demander le divorce après deux années de séparation de fait, sans avoir à prouver de faute et sans nécessiter l’accord de l’autre conjoint. Cette procédure unilatérale présente des enjeux juridiques et patrimoniaux spécifiques qui méritent une attention particulière, notamment concernant la prestation compensatoire et le partage des biens.

Introduit par la loi du 26 mai 2004, ce type de divorce repose sur un constat objectif : la vie commune a cessé depuis au moins deux ans. Contrairement au divorce pour faute, il n’est pas nécessaire de démontrer que l’autre époux a commis des violations graves ou renouvelées des devoirs du mariage. Il suffit de prouver la durée de la séparation effective.

Une alternative au divorce contentieux classique

Le divorce pour altération définitive du lien conjugal constitue une solution intermédiaire entre le divorce par consentement mutuel (qui nécessite l’accord des deux époux) et le divorce pour faute (qui implique un conflit ouvert et des accusations). Il permet d’obtenir le divorce même face à un conjoint qui refuse de divorcer ou qui ne répond plus.

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1. Les conditions du divorce pour altération du lien conjugal : le délai de séparation de 2 ans

L’article 237 du Code civil fixe une condition unique et précise pour pouvoir engager un divorce pour altération définitive du lien conjugal : une séparation de fait d’au moins deux ans au jour de l’assignation en divorce.

Qu’entend-on par « séparation de fait » ?

La séparation de fait se caractérise par la cessation complète de la vie commune entre les époux. Concrètement, cela signifie :

  • Une séparation de résidence : les époux ne vivent plus sous le même toit. Vivre dans le même logement mais dans des pièces séparées ne suffit généralement pas, sauf si l’on peut démontrer une absence totale de communauté de vie (repas séparés, aucune cohabitation effective).
  • L’absence de relations conjugales : plus de relations intimes, plus de vie affective commune, plus de projet de couple.
  • Une séparation continue : les deux années doivent être consécutives. Une réconciliation, même brève, durant cette période interrompt le décompte.
⚖️ Article 237 du Code civil

« Le divorce peut être demandé par l’un des époux lorsque le lien conjugal est définitivement altéré. L’altération définitive du lien conjugal résulte de la cessation de la communauté de vie entre les époux, lorsqu’ils vivent séparés depuis au moins deux ans lors de l’assignation en divorce. »

Le point de départ du délai de 2 ans

Le délai de deux ans se calcule à rebours à partir de la date de l’assignation en divorce devant le juge aux affaires familiales (JAF). Si l’assignation intervient le 15 mars 2025, la séparation doit avoir débuté au plus tard le 15 mars 2023.

⚠️ Attention à la date de référence

Le délai ne se calcule PAS à partir de la requête initiale en divorce, ni à partir de l’ordonnance de non-conciliation (ONC), mais bien à partir de l’assignation. La personne qui souhaite divorcer pour altération du lien conjugal doit donc veiller à respecter ce délai de deux ans avant d’engager la procédure contentieuse proprement dite.

💡 Cas pratique : calcul du délai de séparation

Monsieur Dupont quitte le domicile conjugal le 1er janvier 2023. Madame Dupont dépose une requête initiale en divorce le 10 juin 2024, sans mentionner de faute. L’audience de conciliation a lieu le 15 septembre 2024, et l’ONC est rendue le même jour. Monsieur Dupont assigne son épouse en divorce pour altération du lien conjugal le 20 janvier 2025. Le délai de deux ans est respecté (1er janvier 2023 – 20 janvier 2025 = plus de 2 ans). Le divorce pourra être prononcé sur cette base.

Exceptions et particularités

Dans de rares cas, les tribunaux admettent une séparation de fait même si les époux continuent à vivre sous le même toit, à condition de démontrer une rupture totale de la vie commune : chambres séparées, absence de repas partagés, aucune gestion commune du foyer. Cette situation est toutefois plus difficile à prouver et nécessite un faisceau d’indices convergents.

Par ailleurs, la simple existence d’une pension alimentaire versée pendant la séparation ou d’une prestation compensatoire discutée ne remet pas en cause la réalité de la séparation.

2. Comment prouver la séparation de fait ?

Prouver la séparation de deux ans constitue l’enjeu central de la procédure. La personne qui demande le divorce pour altération définitive du lien conjugal doit apporter des éléments factuels objectifs au juge aux affaires familiales.

Les preuves matérielles de la séparation

Différents documents permettent d’établir la date de début de la séparation et sa continuité :

  • Attestations de domicile : factures d’électricité, de gaz, d’eau, abonnement Internet, avis de taxe d’habitation ou de taxe foncière au nom de chaque époux à des adresses différentes.
  • Bail de location ou acte d’acquisition : si l’un des époux a loué ou acheté un nouveau logement.
  • Attestations de tiers : témoignages de proches, de voisins, d’amis, de membres de la famille confirmant la séparation et sa durée. Ces attestations doivent être datées et préciser les circonstances de la connaissance des faits.
  • Courriers, courriels, SMS : échanges entre les époux faisant référence à la séparation, à la rupture, à la vie séparée.
  • Relevés bancaires : comptes séparés, absence de transactions communes, paiement d’un loyer distinct.
  • Certificat de résidence : délivré par la mairie ou la police.
  • Procès-verbal de constat d’huissier : dans certains cas, un constat d’huissier peut être établi pour attester de la séparation de résidence.
Commencer à constituer son dossier de preuves dès la séparation

Dès que la décision de se séparer est actée, il est recommandé de conserver systématiquement tous les documents prouvant la nouvelle résidence et la vie séparée. Ouvrir un compte bancaire individuel, souscrire un contrat d’électricité à son nom, faire suivre son courrier sont autant de gestes qui facilitent la preuve ultérieure.

La charge de la preuve

C’est à l’époux demandeur (celui qui assigne l’autre en divorce pour altération du lien conjugal) de prouver la séparation. Le juge aux affaires familiales examine l’ensemble des pièces versées au dossier pour vérifier que le délai de deux ans est bien écoulé au jour de l’assignation.

Si la preuve n’est pas rapportée ou si le délai de deux ans n’est pas atteint, le juge peut rejeter la demande de divorce pour altération du lien conjugal. Le demandeur devra alors soit attendre que le délai soit écoulé, soit se tourner vers un divorce pour faute s’il estime pouvoir en prouver les griefs.

⚠️ Ne pas négliger la qualité des preuves

Les attestations de complaisance (rédigées par des proches trop favorables sans détails concrets) peuvent être écartées par le juge. Il est préférable de privilégier les preuves matérielles objectives (factures, baux, relevés bancaires) et de compléter avec des témoignages circonstanciés.

3. Stratégie procédurale et risques du divorce pour altération du lien conjugal

Pourquoi choisir ce type de divorce ?

Le divorce pour altération définitive du lien conjugal présente plusieurs avantages stratégiques :

  • Pas besoin de l’accord de l’autre conjoint : contrairement au divorce par consentement mutuel, un seul époux peut demander le divorce même si l’autre refuse ou ne répond pas.
  • Pas de faute à prouver : pas besoin de démontrer des violences, un adultère ou d’autres manquements graves. La simple séparation de deux ans suffit.
  • Éviter un divorce conflictuel : le divorce pour faute peut être long, coûteux et source de tensions supplémentaires. Le divorce pour altération du lien conjugal permet de divorcer sur une base plus objective.
  • Solution face à un conjoint absent ou introuvable : si l’autre époux a disparu ou ne donne plus signe de vie depuis plusieurs années, ce type de divorce reste possible (avec des démarches spécifiques de signification par voie d’huissier et de publication).

Les limites et risques

Toutefois, cette procédure comporte aussi des inconvénients :

  • Délai de deux ans incompressible : il faut attendre deux ans de séparation avant de pouvoir assigner. Pour une personne qui souhaite divorcer rapidement, cela peut être un frein.
  • Risque sur la prestation compensatoire : le divorce pour altération du lien conjugal peut influencer le montant de la prestation compensatoire (voir section suivante).
  • Partage des biens différé : pendant les deux années de séparation, le régime matrimonial continue de s’appliquer. Les biens acquis pendant cette période peuvent tomber dans la communauté ou faire l’objet de débats lors de la liquidation du régime matrimonial.
  • Coût de la procédure contentieuse : bien que moins conflictuel qu’un divorce pour faute, le divorce pour altération du lien conjugal reste une procédure contentieuse nécessitant un avocat et passant par plusieurs audiences. Le coût d’un divorce contentieux est généralement plus élevé qu’un divorce par consentement mutuel.
💡 Cas pratique : stratégie face à un conjoint qui refuse le divorce

Madame Martin souhaite divorcer, mais son mari refuse catégoriquement de signer une convention de divorce par consentement mutuel. Elle a quitté le domicile conjugal il y a 18 mois. Deux options s’offrent à elle :

– Attendre 6 mois supplémentaires pour atteindre les deux ans de séparation, puis assigner son mari en divorce pour altération du lien conjugal.

– Engager immédiatement un divorce pour faute si elle dispose de preuves de manquements graves (par exemple, violences, injures répétées, abandon du domicile conjugal de la part du mari).

Après consultation de son avocat et d’un conseiller en gestion de patrimoine, elle choisit d’attendre les 6 mois, car elle n’a pas de preuves suffisantes de faute et souhaite éviter un conflit ouvert. Ce délai lui permet également de mieux organiser sa situation patrimoniale et de préparer sereinement le partage des biens.

Le rôle de l’avocat spécialisé

Comme pour toute procédure de divorce contentieuse, choisir un avocat spécialisé en droit de la famille est indispensable. L’avocat conseille sur la stratégie à adopter, constitue le dossier de preuves, rédige l’assignation et représente la personne devant le juge aux affaires familiales.

⚠️ Ne pas se lancer seul dans un divorce contentieux

Contrairement au divorce par consentement mutuel (où la présence d’un avocat pour chaque époux est obligatoire mais la procédure simplifiée), le divorce contentieux ne peut pas se faire sans avocat. La représentation par avocat est obligatoire devant le juge aux affaires familiales.

4. Conséquences du divorce pour altération du lien conjugal sur la prestation compensatoire

Le divorce pour altération définitive du lien conjugal a un impact direct sur le calcul et l’octroi de la prestation compensatoire.

Principe de la prestation compensatoire

La prestation compensatoire est une somme d’argent (ou un bien) versée par l’un des époux à l’autre pour compenser, autant que possible, la disparité que la rupture du mariage crée dans les conditions de vie respectives. Elle est prévue par les articles 270 et suivants du Code civil.

Le juge aux affaires familiales fixe son montant en fonction de plusieurs critères : durée du mariage, âge et état de santé des époux, qualification professionnelle, patrimoine, droits à la retraite, etc.

La règle des torts partagés en cas de divorce pour altération du lien conjugal

L’article 270 alinéa 2 du Code civil prévoit une règle particulière : lorsque le divorce est prononcé pour altération définitive du lien conjugal, le juge peut refuser d’accorder une prestation compensatoire à l’époux qui a pris l’initiative de la rupture, si l’autre époux en fait la demande et si le juge estime que cette rupture a créé un préjudice particulier.

⚖️ Article 270 alinéa 2 du Code civil

« En cas de divorce pour altération définitive du lien conjugal, et lorsque les circonstances particulières de la rupture le justifient, notamment au regard de la durée de la séparation, l’époux qui a pris l’initiative de la rupture peut se voir refuser une prestation compensatoire ou se voir attribuer une prestation compensatoire moindre. »

En pratique, cela signifie que :

  • Si c’est l’époux demandeur (celui qui assigne en divorce pour altération du lien conjugal) qui était le plus aisé et qui réclame une prestation compensatoire à l’autre, le juge peut la refuser.
  • À l’inverse, si c’est l’époux défendeur (celui qui subit le divorce) qui demande une prestation compensatoire, le juge peut au contraire la majorer pour compenser le préjudice lié à la rupture subie.
💡 Cas pratique : impact de l'altération du lien conjugal sur la prestation compensatoire

Monsieur et Madame Durand sont mariés depuis 20 ans. Monsieur Durand, chef d’entreprise, gagne 8 000 € nets par mois. Madame Durand, qui a interrompu sa carrière pour élever les enfants, perçoit 1 500 € nets par mois. Monsieur Durand quitte le domicile conjugal en janvier 2023 et assigne son épouse en divorce pour altération du lien conjugal en février 2025 (plus de 2 ans de séparation). Madame Durand demande une prestation compensatoire de 120 000 €. Le juge, constatant la disparité importante et le fait que Monsieur Durand a pris l’initiative de la rupture après 20 ans de mariage, accorde la prestation compensatoire de 120 000 €, voire la majore à 140 000 € en raison du préjudice subi par Madame Durand.

À l’inverse, si c’est Madame Durand qui avait quitté le domicile et assigné en divorce pour altération du lien conjugal, et qu’elle demandait une prestation compensatoire, le juge pourrait la réduire ou la refuser, estimant qu’elle a elle-même provoqué la rupture.

L’importance de l’accompagnement patrimonial

Les enjeux patrimoniaux d’un divorce pour altération du lien conjugal vont au-delà de la seule prestation compensatoire. Ils concernent aussi :

  • Le partage des biens immobiliers : qui conserve le logement familial ? Quel est le montant de la soulte ? Comment financer le rachat de la part de l’autre ?
  • Le partage des contrats d’assurance-vie : sont-ils des biens propres ou communs ? Faut-il les liquider ou les réattribuer ?
  • Le partage des comptes-titres et PEA : comment valoriser et répartir les portefeuilles d’actions et d’obligations ?
  • Le partage des droits à la retraite : la prestation compensatoire peut être versée sous forme de rente viagère indexée sur l’inflation.
Faire appel à un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé

Au-delà de l’avocat qui gère la procédure judiciaire, il est fortement recommandé de consulter un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) spécialisé dans les situations de divorce. Le CGP aide à évaluer précisément le patrimoine, à simuler différents scénarios de partage, à optimiser la fiscalité et à reconstruire une situation financière solide après le divorce. C’est un accompagnement complémentaire indispensable pour protéger ses intérêts à long terme.

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5. Comparaison avec le divorce pour faute

Le divorce pour altération définitive du lien conjugal et le divorce pour faute sont deux procédures contentieuses distinctes. Le choix entre les deux dépend de la situation concrète de chaque couple.

Tableau comparatif

Critère Divorce pour altération du lien conjugal Divorce pour faute
Condition principale Séparation de fait de 2 ans minimum Violation grave ou renouvelée des devoirs du mariage (violences, adultère, injures, etc.)
Preuve à apporter Documents objectifs (factures, baux, attestations de domicile) Preuves de fautes (témoignages, constats d’huissier, SMS, mains courantes, certificats médicaux)
Délai de procédure Généralement plus rapide une fois les 2 ans écoulés (6 à 18 mois de procédure) Souvent plus long et conflictuel (12 à 36 mois selon la complexité)
Coût Moins conflictuel donc potentiellement moins coûteux Plus conflictuel, nécessite souvent plus d’audiences et d’investigations, donc plus coûteux
Conséquences sur la prestation compensatoire Peut être réduite ou refusée à l’époux qui a pris l’initiative de la rupture L’époux fautif peut se voir refuser toute prestation compensatoire ; l’époux victime peut obtenir des dommages et intérêts
Climat du divorce Moins conflictuel, pas d’accusations personnelles Très conflictuel, accusations réciproques possibles
Accord de l’autre époux Pas nécessaire (divorce unilatéral) Pas nécessaire (divorce unilatéral)

Quand privilégier le divorce pour altération du lien conjugal ?

Ce type de divorce est recommandé dans les situations suivantes :

  • La séparation dure depuis plus de deux ans et la personne concernée souhaite officialiser la rupture.
  • Il n’y a pas de fautes graves à reprocher à l’autre conjoint (ou les preuves sont insuffisantes).
  • La personne souhaite éviter un conflit ouvert et des accusations réciproques.
  • L’autre conjoint refuse de signer une convention de divorce par consentement mutuel, mais aucune faute caractérisée ne peut être retenue.
  • L’un des époux a disparu ou est introuvable depuis plusieurs années.

Quand privilégier le divorce pour faute ?

Le divorce pour faute reste pertinent dans les cas suivants :

  • Des fautes graves ont été commises (violences conjugales, adultère notoire, abandon du domicile conjugal sans motif légitime, injures répétées).
  • La personne concernée dispose de preuves solides et souhaite que la responsabilité de l’autre conjoint soit reconnue par le juge.
  • Elle souhaite obtenir des dommages et intérêts en réparation du préjudice subi.
  • Le délai de deux ans de séparation n’est pas encore écoulé et la personne ne veut pas attendre.
⚠️ Attention aux procédures cumulées

Il est possible de demander le divorce pour faute ET, subsidiairement, pour altération du lien conjugal dans la même assignation. Ainsi, si le juge estime que les fautes ne sont pas suffisamment caractérisées, il peut prononcer le divorce pour altération du lien conjugal si le délai de deux ans est atteint. C’est une stratégie procédurale courante en cas de doute sur la solidité des preuves de faute.

📊 Chiffre clé : durée moyenne d'un divorce contentieux

Selon les statistiques du Ministère de la Justice, un divorce contentieux (pour faute ou pour altération du lien conjugal) dure en moyenne entre 12 et 24 mois du dépôt de la requête initiale au jugement définitif, voire plus en cas d’appel. Le divorce pour altération du lien conjugal est généralement un peu plus rapide que le divorce pour faute, car il génère moins de débats sur les griefs.

Foire aux questions (FAQ) sur le divorce pour altération du lien conjugal

Questions fréquentes


Peut-on demander le divorce pour altération du lien conjugal si l'autre conjoint refuse ?

Oui, c’est justement l’intérêt principal de ce type de divorce. Contrairement au divorce par consentement mutuel qui nécessite l’accord des deux époux, le divorce pour altération définitive du lien conjugal peut être demandé unilatéralement par un seul époux, à condition de prouver une séparation de fait d’au moins deux ans. L’autre conjoint ne peut pas s’y opposer si le délai est respecté et la preuve apportée.

Que se passe-t-il si les deux époux vivent encore sous le même toit mais dans des pièces séparées ?

Vivre sous le même toit complique la preuve de la séparation de fait. Les tribunaux exigent généralement une séparation de résidence effective. Toutefois, dans certains cas exceptionnels (impossibilité matérielle de déménager, situation économique difficile), le juge peut admettre une séparation de fait au sein du même logement si la personne concernée démontre une rupture totale de la communauté de vie : chambres séparées, repas séparés, aucune gestion commune, aucune relation conjugale. Des témoignages, des attestations de proches et des preuves matérielles (verrous sur les portes, emplois du temps distincts) sont alors nécessaires.

Le divorce pour altération du lien conjugal est-il moins cher qu'un divorce pour faute ?

En général, oui. Le divorce pour altération du lien conjugal repose sur un constat objectif (la durée de la séparation) et génère moins de débats et d’audiences que le divorce pour faute, qui implique souvent des investigations, des expertises, des témoignages contradictoires et des demandes de dommages et intérêts. Moins de conflits = moins d’heures d’avocat = coût réduit. Toutefois, il reste une procédure contentieuse, donc plus coûteuse qu’un divorce par consentement mutuel. Pour connaître le détail des coûts, consultez notre page sur le coût d’un divorce.

Peut-on cumuler une demande de divorce pour faute et pour altération du lien conjugal ?

Oui, c’est une stratégie procédurale courante. L’avocat peut demander le divorce pour faute à titre principal et, subsidiairement, pour altération du lien conjugal. Ainsi, si le juge estime que les fautes ne sont pas suffisamment graves ou prouvées, il peut tout de même prononcer le divorce sur la base de l’altération du lien conjugal si le délai de deux ans est atteint. Cela sécurise la procédure et évite un rejet pur et simple de la demande.

La séparation pendant la procédure de divorce compte-t-elle dans le délai de 2 ans ?

Oui, absolument. Le délai de deux ans se calcule à partir du moment où les époux ont cessé de vivre ensemble, que cette séparation soit intervenue avant ou après le dépôt de la requête initiale en divorce. Par exemple, si les époux se sont séparés en 2023 et qu’une procédure de divorce a été engagée en 2024 (pour un autre motif ou en tentative de divorce par consentement mutuel), le délai de deux ans court depuis 2023. L’assignation en divorce pour altération du lien conjugal pourra intervenir dès que les deux ans seront écoulés.

Quels sont les impacts fiscaux du divorce pour altération du lien conjugal ?

Les impacts fiscaux d’un divorce pour altération du lien conjugal sont les mêmes que pour tout autre type de divorce : fin du quotient conjugal, déclaration séparée des revenus dès l’année suivant le divorce, possibilité de déduire la prestation compensatoire sous certaines conditions (capital versé en une fois ou rente), imposition de la soulte si rachat de la part de l’autre conjoint dans un bien immobilier, etc. Le partage des biens peut également générer des droits de partage de 2,5% sur la valeur de l’actif net partagé. Un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé peut simuler différents scenarios pour optimiser la fiscalité.


Conclusion : le divorce pour altération du lien conjugal, une solution de divorce unilatéral à envisager avec accompagnement

Le divorce pour altération définitive du lien conjugal constitue une alternative intéressante entre le divorce par consentement mutuel (qui nécessite l’accord des deux époux) et le divorce pour faute (qui implique un conflit ouvert et des accusations). Il permet de divorcer de manière unilatérale après deux années de séparation de fait, sans avoir à prouver de faute.

Toutefois, cette procédure présente des enjeux patrimoniaux importants, notamment concernant la prestation compensatoire, le partage des biens, l’assurance-vie, l’immobilier et la fiscalité. Il est donc indispensable de se faire accompagner à la fois par un avocat spécialisé en droit de la famille pour gérer la procédure judiciaire et par un conseiller en gestion de patrimoine pour sécuriser sa situation financière à long terme.

📌 L'essentiel à retenir

  • Le divorce pour altération du lien conjugal nécessite une séparation de fait d’au moins 2 ans au jour de l’assignation.
  • La preuve de la séparation repose sur des documents objectifs : factures, baux, attestations, relevés bancaires.
  • Ce type de divorce est unilatéral : pas besoin de l’accord de l’autre conjoint.
  • La prestation compensatoire peut être réduite ou refusée à l’époux qui a pris l’initiative de la rupture.
  • Un accompagnement juridique ET patrimonial est indispensable pour protéger ses intérêts.

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Témoignages

Franchement j’avais peur de me lancer dans un divorce pour faute, j’avais pas envie de rentrer dans un conflit ouvert avec mon ex… On vivait séparés depuis 3 ans déjà mais lui voulait pas signer le divorce à l’amiable. Mon avocat m’a expliqué le divorce pour altération du lien conjugal, et là ça a débloqué. J’ai pu divorcer sans avoir à prouver qu’il avait fait des trucs graves. Le site aide-divorce.fr m’a beaucoup aidé à comprendre les étapes avant de voir l’avocat.

— Claire, 42 ans, divorcée après 15 ans de mariage

Honnêtement le divorce pour altération du lien conjugal c’est ce qui m’a sauvé. On était séparés depuis 2 ans et demi, mon ex refusait de divorcer par consentement mutuel et demandait des montants de prestation compensatoire complètement délirants. Mon avocat a assigné en divorce pour altération du lien conjugal et le juge a fixé une prestation raisonnable. Par contre faut vraiment bien préparer le dossier de preuves de la séparation, j’avais tout gardé : factures EDF, bail, attestations des voisins. Le CGP recommandé par aide-divorce.fr m’a aussi aidé à simuler les scénarios de partage et à protéger mes parts dans ma boîte.

— Laurent, 50 ans, chef d'entreprise, divorcé après 22 ans de mariage

Bon moi j’étais perdue… mon mari était parti y’a 3 ans, il donnait quasi plus de nouvelles, payait plus rien pour les enfants. J’osais pas demander le divorce parce que je savais pas comment faire. Une copine m’a parlé de aide-divorce.fr et j’ai compris que je pouvais demander le divorce pour altération du lien conjugal même si lui répondait pas. Mon avocate a géré, le divorce a été prononcé et maintenant j’ai une pension pour les enfants fixée par le juge. Ça m’a vraiment libéré.

— Sophie, 38 ans, mère de 2 enfants