Le divorce d’une femme sans travail soulève des questions essentielles et urgentes : comment financer la procédure ? Quels revenus pour vivre au quotidien ? Comment assurer l’avenir financier après la séparation ? Cette situation, fréquente lorsqu’une personne a mis sa carrière entre parenthèses pour s’occuper des enfants ou du foyer, nécessite une compréhension précise des droits et des dispositifs d’aide disponibles. Cette page détaille les mécanismes juridiques et patrimoniaux qui permettent à une femme sans revenus propres de traverser un divorce dans les meilleures conditions et d’envisager sereinement l’après-séparation.
Le divorce n’est pas seulement une rupture conjugale : c’est aussi un bouleversement patrimonial et financier. Pour une épouse qui n’a pas d’emploi, le déséquilibre économique créé par la séparation doit être compensé par des mesures spécifiques : aide juridictionnelle pour financer l’avocat, pension alimentaire provisoire pendant la procédure, prestation compensatoire pour rééquilibrer les niveaux de vie après le jugement, partage des biens communs, et accompagnement pour reprendre une activité professionnelle. Ce guide passe en revue l’ensemble de ces dispositifs et explique comment les mobiliser efficacement.
La procédure de divorce pour une femme sans revenus : comment financer l’avocat et les frais de justice
La première inquiétude d’une personne sans emploi face au divorce est souvent financière : comment payer un avocat ? Comment faire face aux frais de justice ? Heureusement, des dispositifs d’aide existent pour permettre à toute personne, quel que soit son niveau de ressources, de faire valoir ses droits devant le juge aux affaires familiales.
L’aide juridictionnelle : un droit fondamental pour se défendre
L’aide juridictionnelle (AJ) est une prise en charge totale ou partielle par l’État des honoraires d’avocat et des frais de procédure. Une femme sans revenus peut en bénéficier sans conditions de ressources propres, puisque seul le revenu fiscal de référence du foyer est pris en compte. Si l’épouse ne dispose d’aucun revenu personnel, elle remplit automatiquement les conditions d’accès à l’aide juridictionnelle totale (100 % de prise en charge).
Le dossier de demande d’aide juridictionnelle peut être déposé auprès du tribunal judiciaire du lieu de résidence ou directement via le formulaire Cerfa n°15626*02. La décision d’attribution intervient généralement sous 1 à 3 mois. Une fois l’aide accordée, l’épouse sans emploi peut choisir un avocat spécialisé en procédure de divorce qui accepte l’aide juridictionnelle (la plupart des avocats le font). Tous les frais de la procédure — honoraires d’avocat, frais de greffe, frais d’huissier — sont alors pris en charge par l’État.
L’aide juridictionnelle s’applique à toutes les formes de divorce : divorce par consentement mutuel, divorce pour acceptation du principe de la rupture, divorce pour faute, divorce pour altération définitive du lien conjugal. Elle permet également de financer les procédures annexes (ordonnance de non-conciliation, mesures provisoires, demande de prestation compensatoire ou de pension alimentaire).
L’obligation de contribution aux charges du mariage pendant la procédure
Tant que le divorce n’est pas prononcé, les époux restent mariés et soumis à l’obligation de contribution aux charges du mariage (article 214 du Code civil). Concrètement, cela signifie que l’époux qui dispose de revenus doit continuer à participer financièrement à l’entretien du foyer et au paiement des dépenses courantes (loyer, charges, alimentation, frais de scolarité des enfants). Si l’époux refuse de verser une contribution financière, l’épouse sans revenus peut saisir le juge aux affaires familiales (JAF) en référé pour demander une pension alimentaire provisoire.
Le JAF peut également, dès l’ordonnance de non-conciliation (ONC), fixer une pension alimentaire due à titre de devoir de secours entre époux. Cette pension est versée mensuellement jusqu’au prononcé du divorce et permet à l’épouse sans emploi de subvenir à ses besoins vitaux pendant la durée de la procédure.
Si l’époux cesse de participer aux charges du ménage ou quitte le domicile conjugal sans verser d’argent, il est essentiel de saisir rapidement le JAF pour obtenir une pension alimentaire provisoire. Plus la demande est formulée tôt, plus vite la situation financière de l’épouse sans travail sera stabilisée. Un avocat spécialisé en droit de la famille peut aider à rédiger cette requête.

Divorce et avenir financier : pension alimentaire, prestation compensatoire et partage des biens
Au-delà du financement de la procédure, le divorce d’une femme sans travail pose la question de l’avenir financier : comment vivre après la séparation ? Quels revenus pour compenser la perte du train de vie matrimonial ? Trois mécanismes juridiques principaux permettent de rééquilibrer la situation économique des époux après le divorce : la pension alimentaire (si des enfants sont à charge), la prestation compensatoire, et le partage des biens du régime matrimonial.
La pension alimentaire pour les enfants : un droit distinct du divorce lui-même
Si l’épouse sans emploi a la garde des enfants (résidence habituelle ou garde principale en cas de résidence alternée), l’époux qui ne réside pas avec eux doit verser une pension alimentaire pour contribuer à leur entretien et à leur éducation (article 371-2 du Code civil). Cette pension est fixée par le JAF en fonction des ressources de chaque parent et des besoins de l’enfant. Elle est versée mensuellement, indexée sur l’inflation, et peut être révisée en cas de changement de situation (perte d’emploi du parent débiteur, reprise d’activité du parent créancier).
Le montant de la pension alimentaire est souvent calculé selon le barème de référence publié par le ministère de la Justice, qui fixe des taux en fonction du revenu du parent débiteur et du nombre d’enfants à charge. À titre indicatif, pour un parent sans droit de visite ou avec un droit de visite classique (un week-end sur deux et la moitié des vacances), la pension représente environ 10 à 15 % du revenu net mensuel du débiteur par enfant.
Monsieur dispose d’un revenu net mensuel de 2 500 €. Madame n’a pas d’emploi et a la garde exclusive des deux enfants du couple (8 et 10 ans). Selon le barème du ministère de la Justice, la pension alimentaire sera fixée à environ 250 € par enfant, soit 500 € au total par mois. Ce montant sera versé par Monsieur à Madame pour contribuer aux frais de scolarité, alimentation, habillement, loisirs et santé des enfants.
La prestation compensatoire : rééquilibrer les niveaux de vie après le divorce
La prestation compensatoire est une somme d’argent versée par l’un des époux à l’autre pour compenser, autant qu’il est possible, la disparité que la rupture du mariage crée dans les conditions de vie respectives (article 270 du Code civil). Elle vise à corriger le déséquilibre économique qui résulte du divorce, en particulier lorsque l’un des conjoints a sacrifié sa carrière pour s’occuper du foyer ou des enfants.
Pour une femme sans travail, la prestation compensatoire est souvent décisive. Le juge fixe son montant en tenant compte de plusieurs critères : la durée du mariage, l’âge et l’état de santé des époux, la qualification professionnelle et les possibilités de retour à l’emploi de l’épouse, le patrimoine et les revenus de chacun après liquidation du régime matrimonial, les droits existants et prévisibles des époux (notamment les droits à retraite), la situation respective en matière de pensions de retraite.
La prestation compensatoire peut être versée sous forme de capital (somme unique ou échelonnée sur 8 ans maximum) ou, dans certains cas exceptionnels, sous forme de rente viagère (mensualités à vie). Le versement en capital est la règle : il permet une rupture financière nette entre les ex-époux. La rente viagère n’est accordée que si l’âge ou l’état de santé de l’épouse créancière ne lui permet pas de subvenir à ses besoins (article 276 du Code civil).
La prestation compensatoire a un caractère forfaitaire. Elle est fixée selon les besoins de l’époux à qui elle est versée et les ressources de l’autre en tenant compte de la situation au moment du divorce et de l’évolution de celle-ci dans un avenir prévisible.
Selon les données du ministère de la Justice (2023), le montant moyen d’une prestation compensatoire en France s’établit entre 20 000 € et 30 000 €. Ce montant varie considérablement selon la durée du mariage, le patrimoine des époux et les revenus de chacun. Dans les cas où l’un des époux n’a jamais travaillé et que le mariage a duré plus de 20 ans, la prestation compensatoire peut atteindre 100 000 € ou plus.
Le partage des biens du régime matrimonial : un droit égalitaire pour chaque époux
Si les époux étaient mariés sous le régime de la communauté légale (régime par défaut en l’absence de contrat de mariage), tous les biens acquis pendant le mariage, ainsi que les revenus du travail et les économies réalisées, forment la communauté. Au moment du divorce, cette communauté doit être partagée à parts égales, quel que soit le niveau de contribution financière de chaque époux. Autrement dit, une femme sans emploi a droit à la moitié des biens communs, même si elle n’a pas apporté de revenus directs au ménage.
Le partage des biens en cas de divorce se fait devant notaire et donne lieu à un acte de liquidation du régime matrimonial. Cette liquidation doit être finalisée avant que le jugement de divorce ne soit définitif (ou concomitamment au prononcé du divorce en cas de divorce par consentement mutuel). Les biens communs comprennent notamment : le logement familial (s’il a été acheté pendant le mariage), les meubles et équipements du foyer, les comptes bancaires et livrets d’épargne communs, les véhicules, les placements financiers (assurance-vie, PEA, actions), et les dettes contractées pour les besoins du ménage.
Si le couple possède un bien immobilier en commun, trois solutions principales existent : la vente du bien et le partage du produit de la vente à parts égales ; l’attribution du bien à l’un des époux moyennant le versement d’une soulte à l’autre (la soulte correspond à la moitié de la valeur nette du bien) ; ou l’indivision post-communautaire (les ex-époux restent copropriétaires du bien après le divorce, solution rare et souvent source de conflits).
Madame et Monsieur possèdent un appartement acheté pendant le mariage, évalué à 300 000 €. Le crédit immobilier restant dû s’élève à 100 000 €. La valeur nette du bien est donc de 200 000 €. Madame, qui a la garde des enfants, souhaite conserver l’appartement. Elle devra verser à Monsieur une soulte de 100 000 € (la moitié de la valeur nette). Si Madame n’a pas cette somme, elle peut solliciter un prêt bancaire ou utiliser une partie de la prestation compensatoire pour financer la soulte.
Si l’un des époux a souscrit une assurance-vie pendant le mariage en alimentant le contrat avec des fonds communs, la valeur de rachat de ce contrat au jour du divorce entre en principe dans la communauté. Attention : certaines assurances-vie comportent des clauses bénéficiaires qui peuvent affecter le partage. Il est essentiel de faire le point avec un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé dans le divorce pour éviter de passer à côté de droits importants. Contactez notre permanence pour un bilan patrimonial gratuit.
Après le divorce : reconstruction financière et professionnelle pour une femme sans travail
Le prononcé du jugement de divorce marque le début d’une nouvelle vie. Pour une femme sans emploi, cette étape nécessite une reconstruction à la fois professionnelle, financière et patrimoniale. Plusieurs dispositifs d’aide et d’accompagnement permettent de faciliter cette transition et de retrouver progressivement l’autonomie économique.
Reprise d’une activité professionnelle : formations et dispositifs d’aide au retour à l’emploi
L’un des enjeux majeurs pour une femme sans travail après un divorce est la reprise d’une activité professionnelle. Plusieurs dispositifs peuvent faciliter cette démarche. Pôle emploi propose des formations qualifiantes et des bilans de compétences pour les personnes en recherche d’emploi. L’allocation de retour à l’emploi (ARE) peut être versée si l’épouse a cotisé suffisamment avant d’interrompre son activité. En l’absence de droits à l’ARE, le revenu de solidarité active (RSA) peut être demandé auprès de la Caisse d’allocations familiales (CAF) pour garantir un minimum de ressources.
Les dispositifs d’aide à la création d’entreprise (ACRE, micro-entreprise) peuvent également être envisagés si l’épouse souhaite se lancer dans une activité indépendante. Enfin, certaines associations spécialisées accompagnent les femmes en situation de rupture conjugale dans leur retour à l’emploi (France Travail, Fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées, missions locales pour les jeunes).
Aides sociales et prestations de la CAF après le divorce
Après le divorce, une femme sans emploi qui a la garde des enfants peut bénéficier de plusieurs aides sociales versées par la CAF. L’allocation de soutien familial (ASF) est accordée lorsque la pension alimentaire n’est pas versée par l’ex-conjoint, ou en complément si le montant de la pension est inférieur au plafond de l’ASF. Le montant de l’ASF en 2024 est de 187,24 € par mois et par enfant. Les allocations familiales sont dues à partir de deux enfants à charge, sans condition de ressources. Le complément familial peut être versé aux familles nombreuses (au moins trois enfants) sous conditions de ressources. Enfin, l’allocation de rentrée scolaire (ARS) permet de financer une partie des frais de scolarité des enfants âgés de 6 à 18 ans.
Le RSA (revenu de solidarité active) peut également être sollicité si les ressources de l’épouse divorcée sont inférieures au plafond de ressources fixé par la CAF. Le montant du RSA varie en fonction de la composition du foyer et des autres revenus perçus (pension alimentaire, prestation compensatoire en rente, allocations logement).
Après le divorce, l’épouse sans emploi qui a la garde des enfants peut bénéficier du statut fiscal de parent isolé, qui ouvre droit à une demi-part fiscale supplémentaire. Ce statut permet de réduire l’impôt sur le revenu et d’augmenter le montant de certaines prestations sociales calculées en fonction du quotient familial. Pour en savoir plus sur la fiscalité du parent isolé après le divorce, consultez notre guide dédié ou contactez notre permanence.
Reconstruction patrimoniale : investir la prestation compensatoire et optimiser le capital reçu
Si l’épouse sans emploi a reçu une prestation compensatoire sous forme de capital, il est essentiel de bien gérer cette somme pour qu’elle constitue une base solide de reconstruction patrimoniale. Un capital de 50 000 € ou 100 000 € peut permettre d’acheter un logement (en complément d’un crédit immobilier), de constituer une épargne de précaution, de financer une formation professionnelle ou de créer une activité indépendante.
Il est vivement recommandé de consulter un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) spécialisé dans le divorce pour définir une stratégie patrimoniale adaptée à la situation post-divorce. Un CGP peut aider à arbitrer entre plusieurs options : rachat de la résidence principale pour sécuriser le logement familial, placement d’une partie du capital sur des supports d’épargne (assurance-vie, PEA, livrets réglementés) pour générer des revenus complémentaires, investissement immobilier locatif pour diversifier les sources de revenus, constitution d’une épargne retraite pour anticiper la baisse de revenus à long terme.
aide-divorce.fr est animé par un conseiller en gestion de patrimoine certifié, spécialisé dans l’accompagnement des personnes traversant un divorce. Nous proposons un bilan patrimonial gratuit pour vous aider à optimiser votre situation financière après la séparation.
Divorcer sans travail : les erreurs à éviter et les pièges à anticiper
Le divorce d’une femme sans emploi comporte des pièges spécifiques qu’il est essentiel d’anticiper pour préserver ses droits et son avenir financier. Voici les principales erreurs à éviter.
Ne jamais signer une convention de divorce sans avoir consulté un avocat
Dans le cadre d’un divorce par consentement mutuel, les époux établissent une convention de divorce qui règle l’ensemble des conséquences de la séparation : partage des biens, prestation compensatoire, pension alimentaire, résidence des enfants, autorité parentale. Cette convention a force de chose jugée une fois signée et déposée chez le notaire. Elle est définitive et ne peut être contestée, sauf en cas de vice du consentement (violence, erreur, dol).
Une femme sans travail ne doit jamais signer une convention de divorce sans avoir consulté un avocat spécialisé en droit de la famille. Même si l’époux propose un divorce « à l’amiable » et se montre conciliant, il est essentiel de faire vérifier les termes de la convention par un professionnel indépendant. Un avocat pourra analyser si la prestation compensatoire proposée est suffisante, si le partage des biens respecte les droits de chacun, si la pension alimentaire pour les enfants est conforme au barème légal, et si la convention ne contient pas de clauses désavantageuses.
Dans de nombreux divorces par consentement mutuel, l’époux qui dispose de revenus propose une prestation compensatoire très faible (quelques milliers d’euros) ou nulle, en arguant que l’épouse recevra la moitié des biens communs. C’est une erreur : le partage des biens communs est un droit légal (50/50), indépendant de la prestation compensatoire. La prestation compensatoire vise à compenser la disparité de niveaux de vie après le divorce. Ne signez jamais une convention sans avoir fait vérifier le montant de la prestation compensatoire par un avocat ou un CGP.
Ne pas négliger la valorisation des biens communs
Lors du partage des biens, il est fréquent que l’époux qui détient les informations patrimoniales (comptes bancaires, placements, assurance-vie) sous-évalue certains actifs ou omette de déclarer certains biens. Une femme sans emploi, souvent moins informée de la situation patrimoniale du couple, doit être vigilante sur ce point. Il est essentiel de demander la communication de l’ensemble des relevés bancaires, des contrats d’assurance-vie, des actes notariés d’achat immobilier, et des déclarations fiscales des trois dernières années pour établir un état complet du patrimoine commun.
Si des doutes subsistent sur l’exhaustivité des informations communiquées par l’époux, l’avocat peut demander au juge de désigner un notaire liquidateur qui procédera à un inventaire contradictoire de tous les biens du couple. Cette mesure permet d’éviter que des biens ne soient dissimulés ou sous-évalués.
Anticiper l’avenir fiscal : la prestation compensatoire est-elle imposable ?
La fiscalité de la prestation compensatoire dépend de sa forme. Si elle est versée sous forme de capital échelonné sur moins de 12 mois, elle est exonérée d’impôt sur le revenu pour l’épouse créancière et non déductible pour l’époux débiteur. Si elle est versée sous forme de capital échelonné sur plus de 12 mois, elle est imposable pour l’épouse et déductible pour l’époux. Si elle est versée sous forme de rente viagère, elle est imposable chaque année comme une pension alimentaire.
Pour une femme sans emploi qui percevrait une prestation compensatoire importante, il peut être pertinent de privilégier un versement en capital unique ou échelonné sur moins de 12 mois afin d’éviter l’imposition. Un conseiller en gestion de patrimoine peut aider à optimiser cette décision en fonction de la situation fiscale de chacun.
Avant de valider le montant et la forme de la prestation compensatoire, il est recommandé de réaliser une simulation fiscale pour mesurer l’impact de l’imposition sur le revenu net réellement perçu. Un capital de 100 000 € versé en une fois est plus avantageux qu’un capital de 100 000 € échelonné sur 5 ans si ce dernier est soumis à l’impôt sur le revenu.
Situations spécifiques : divorce, invalidité et indemnisation
Certaines situations nécessitent une attention particulière lorsqu’une femme sans travail divorce. C’est le cas notamment lorsque l’épouse est en situation d’invalidité ou a perçu une indemnisation à la suite d’un accident corporel.
Divorce et invalidité : quelle protection pour l’épouse handicapée ?
Si l’épouse sans emploi est en situation d’invalidité (reconnaissance d’un handicap par la MDPH, allocation adulte handicapé (AAH), pension d’invalidité de la Sécurité sociale), le juge doit tenir compte de cette situation pour fixer la prestation compensatoire et les mesures provisoires pendant la procédure. L’état de santé de l’épouse est un des critères légaux d’évaluation de la prestation compensatoire (article 271 du Code civil).
Dans ce contexte, il est fréquent que la prestation compensatoire soit fixée sous forme de rente viagère plutôt que de capital, afin de garantir des ressources régulières à l’épouse handicapée tout au long de sa vie. Le montant de la rente est fixé en fonction des besoins de l’épouse et des ressources de l’époux. La rente viagère ne peut être révisée à la baisse qu’en cas de changement important dans les ressources ou les besoins de l’une ou l’autre partie.
Pour en savoir plus sur le divorce en situation d’invalidité, consultez notre page dédiée ou contactez notre permanence.
Divorce et indemnisation suite à un accident : comment protéger le capital reçu ?
Si l’épouse sans emploi a perçu une indemnisation à la suite d’un accident corporel (accident de la route, accident médical, agression, accident du travail), le capital reçu peut faire l’objet de discussions lors du divorce. En principe, les indemnités perçues au titre du préjudice corporel (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d’agrément, perte de gains professionnels futurs) sont considérées comme des biens propres de l’épouse et ne doivent pas être partagées avec l’époux.
Toutefois, si l’indemnité a été placée sur un compte commun ou utilisée pour financer des dépenses du ménage, sa qualification juridique peut être remise en cause. Il est essentiel de conserver la trace de l’origine de ces fonds (jugement d’indemnisation, virement sur un compte personnel) pour démontrer leur caractère propre. Un avocat spécialisé en droit du dommage corporel et un conseiller en gestion de patrimoine peuvent vous accompagner dans la sécurisation de ce capital.
aide-divorce.fr est partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF) pour accompagner les personnes ayant été victimes d’un accident et traversant un divorce. Nous proposons un accompagnement spécialisé pour protéger le capital d’indemnisation et optimiser sa gestion après la séparation. Contactez-nous pour un bilan patrimonial gratuit.
Forment des biens propres, quand même ils auraient été acquis pendant le mariage : […] les indemnités perçues en réparation d’un préjudice corporel.
FAQ : questions fréquentes sur le divorce d’une femme sans travail
Questions fréquentes
Peut-on divorcer si on n'a pas d'argent pour payer un avocat ?
Oui, une personne sans revenus peut divorcer grâce à l’aide juridictionnelle, qui permet de financer intégralement les honoraires d’avocat et les frais de procédure. Le dossier de demande d’aide juridictionnelle se dépose auprès du tribunal judiciaire du lieu de résidence. Une fois l’aide accordée, l’épouse sans emploi peut choisir un avocat spécialisé en droit de la famille qui accepte l’aide juridictionnelle.
Quelles sont les aides financières pendant la procédure de divorce pour une femme sans revenus ?
Pendant la procédure de divorce, une femme sans emploi peut demander au juge aux affaires familiales de fixer une pension alimentaire provisoire au titre du devoir de secours entre époux (article 212 du Code civil). Cette pension est versée mensuellement par l’époux jusqu’au prononcé du divorce. Elle permet de couvrir les besoins vitaux de l’épouse (logement, alimentation, santé) pendant la durée de la procédure.
Qu'est-ce qu'une prestation compensatoire et à combien peut-elle s'élever ?
La prestation compensatoire est une somme d’argent versée par l’un des époux à l’autre pour compenser la disparité de niveaux de vie créée par le divorce. Son montant est fixé par le juge en fonction de plusieurs critères : durée du mariage, âge et état de santé des époux, qualification professionnelle, patrimoine de chacun, droits à retraite. Le montant moyen se situe entre 20 000 € et 30 000 €, mais peut atteindre 100 000 € ou plus dans certains cas (mariage long, patrimoine important, épouse n’ayant jamais travaillé).
Une femme sans travail a-t-elle droit à la moitié des biens communs ?
Oui, si les époux étaient mariés sous le régime de la communauté légale, la femme sans emploi a droit à la moitié des biens communs, quel que soit son niveau de contribution financière au ménage. Le partage des biens s’effectue devant notaire et donne lieu à un acte de liquidation du régime matrimonial. Tous les biens acquis pendant le mariage (logement, meubles, comptes bancaires, placements) sont partagés à parts égales.
Peut-on modifier le montant de la prestation compensatoire après le divorce ?
Une prestation compensatoire versée sous forme de capital ne peut pas être révisée après le divorce, sauf en cas de changement important dans la situation du débiteur (licenciement, invalidité). En revanche, une prestation compensatoire versée sous forme de rente viagère peut être révisée en cas de changement important dans les ressources ou les besoins de l’un des époux. Le délai de prescription pour demander une révision de la rente est de 5 ans à compter du changement de situation.
Quelles aides sociales après le divorce pour une femme sans emploi avec enfants à charge ?
Une femme sans emploi qui a la garde des enfants après le divorce peut bénéficier de plusieurs aides sociales : l’allocation de soutien familial (ASF) si la pension alimentaire n’est pas versée, les allocations familiales à partir de deux enfants, le complément familial pour les familles nombreuses, l’allocation de rentrée scolaire (ARS), le RSA (revenu de solidarité active) sous conditions de ressources, et les aides au logement (APL, ALF). Ces aides sont versées par la Caisse d’allocations familiales (CAF).
Témoignages
— Sophie, 34 ans, divorcée après 8 ans de mariage, 2 enfantsFranchement j’avais trop peur au début. J’ai arrêté de bosser y’a 5 ans pour m’occuper des enfants et mon ex me disait que j’allais rien toucher si je partais. J’ai trouvé le site aide-divorce.fr et j’ai compris que j’avais droit à la moitié des biens communs + une prestation compensatoire. Mon avocat (payé par l’aide juridictionnelle) a tout géré. Au final j’ai eu 40 000 € de prestation + la moitié de la vente de l’appart. Ça m’a permis de racheter un petit appartement et de reprendre une formation. Honnêtement j’aurais jamais cru que c’était possible
— Nadia, 41 ans, femme au foyer, 3 enfantsBon moi j’ai fait l’erreur de signer la première convention que mon ex m’a proposée parce que j’avais peur qu’il se venge. Il m’a dit que je toucherais 10 000 € et c’était tout. Heureusement ma sœur m’a conseillé de consulter un avocat avant de signer définitivement. L’avocat m’a expliqué que j’avais droit à beaucoup plus vu qu’on était marié depuis 15 ans et que j’avais jamais travaillé. Au final j’ai eu 65 000 € de prestation compensatoire + la moitié de l’appartement. Et en plus j’ai la pension alimentaire pour les 3 enfants tous les mois. Si j’avais signé direct j’aurais perdu des dizaines de milliers d’euros
— Isabelle, 29 ans, maman solo depuis 6 moisHonnêtement le divorce c’est un cauchemar administratif quand on n’a pas de revenus. J’ai galéré pour comprendre comment avoir l’aide juridictionnelle, comment demander une pension alimentaire provisoire, comment faire pour que mon ex continue de payer le loyer pendant la procédure. Le site explique bien les étapes et les droits qu’on a. J’ai pu arriver chez mon avocat avec les bonnes questions et ça a vachement aidé. Maintenant que le divorce est prononcé je touche la pension pour ma fille + l’ASF + le RSA en attendant de retrouver du boulot. C’est pas la richesse mais au moins je peux me débrouiller



