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Attribution préférentielle du logement en cas de divorce

Le logement familial représente souvent l’enjeu patrimonial et émotionnel le plus sensible lors d’une séparation. Lorsqu’un couple divorce, la question de savoir qui conservera le domicile conjugal se pose immédiatement, surtout lorsque des enfants sont concernés. L’attribution préférentielle du logement en cas de divorce permet au juge aux affaires familiales (JAF) de désigner le conjoint qui pourra y rester, à titre provisoire puis définitif. Cette décision prend en compte l’intérêt des enfants, la capacité financière de chaque époux, et la nature du bien (propriété ou location). Comprendre les règles d’attribution du logement familial lors d’un divorce permet de mieux préparer sa demande et d’éviter les erreurs stratégiques coûteuses.

Association aide divorce

Qu’est-ce que l’attribution préférentielle du logement en cas de divorce ?

L’attribution préférentielle du logement familial désigne le mécanisme juridique par lequel un époux obtient la jouissance du domicile conjugal, soit par accord amiable, soit par décision du juge. Cette attribution peut concerner un bien en propriété commune, un bien propre de l’un des époux, ou un logement loué.

L’attribution préférentielle ne signifie pas automatiquement que la personne désignée devient propriétaire du bien. Elle accorde simplement un droit d’usage et d’habitation temporaire ou définitif, selon le stade de la procédure de divorce. Le juge tient compte de plusieurs critères : l’intérêt des enfants mineurs, la situation financière de chaque époux, et la contribution de chacun au remboursement d’un éventuel prêt immobilier.

Droit d'usage différent du droit de propriété

L’attribution préférentielle du logement confère un droit d’habitation, pas un droit de propriété. Le partage des biens interviendra ultérieurement, lors de la liquidation du régime matrimonial. La personne qui occupe le logement devra, le cas échéant, verser une soulte à l’autre époux si le bien est indivis.

Les trois étapes de l’attribution du logement familial lors d’un divorce

L’attribution du logement familial intervient à différents moments de la procédure de divorce. Chaque étape a ses propres règles et ses conséquences patrimoniales distinctes.

1. Attribution du logement par accord amiable : la convention de divorce

Dans le cadre d’un divorce amiable (divorce par consentement mutuel), les époux peuvent se mettre d’accord librement sur l’attribution du logement familial. Cet accord doit figurer dans la convention de divorce rédigée par les avocats et, si des biens immobiliers sont concernés, déposée chez le notaire.

Les conjoints peuvent convenir de plusieurs solutions : attribution à l’un des époux avec indemnisation (soulte), vente du bien et partage du produit de la vente, ou maintien en indivision temporaire. Cette souplesse permet de trouver la solution la plus adaptée à la situation familiale et financière de chaque époux.

⚠️ Ne pas signer trop vite sans conseil patrimonial

Accepter de quitter le logement sans négocier de contrepartie financière ou accepter une soulte sous-évaluée peut avoir des conséquences financières importantes. Avant de signer la convention de divorce, il est recommandé de consulter un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé pour évaluer l’impact patrimonial réel de l’attribution du logement.

2. Attribution provisoire : l’ordonnance de non conciliation

Dans le cadre d’un divorce contentieux (divorce pour faute, divorce pour altération définitive du lien conjugal, divorce accepté), la première audience devant le juge aux affaires familiales est une audience de conciliation. Si les époux ne parviennent pas à un accord, le juge rend une ordonnance de non conciliation (ONC) qui fixe les mesures provisoires applicables pendant toute la durée de la procédure.

C’est dans cette ordonnance que le juge décide provisoirement de l’attribution du logement familial. Il désigne l’époux qui pourra y rester et précise si l’occupation se fait à titre gratuit ou contre le versement d’une indemnité d’occupation à l’autre époux. Cette décision est prise en tenant compte de l’intérêt des enfants mineurs, de la situation financière de chacun, et de la capacité de chaque époux à se reloger.

Si le logement fait l’objet d’un prêt immobilier, le juge fixe également les modalités de remboursement des mensualités pendant la procédure. Il peut décider que l’époux qui occupe le logement rembourse seul le crédit, ou que les deux époux continuent de contribuer proportionnellement à leurs revenus. Cette question est cruciale pour éviter un surendettement ou une dégradation du dossier de crédit.

💡 Cas pratique : ordonnance de non conciliation et logement familial

Sophie et Julien sont mariés sous le régime de la communauté. Ils sont copropriétaires d’une maison achetée 250 000 €, avec un crédit de 150 000 € restant à rembourser (1 200 € par mois). Ils ont deux enfants de 8 et 12 ans. Sophie demande le divorce pour altération définitive du lien conjugal. À l’audience de conciliation, Julien accepte de partir mais demande que Sophie rembourse seule le crédit. Le juge rend une ordonnance de non conciliation attribuant la jouissance du logement à Sophie à titre gratuit, mais ordonne que Julien continue de payer 50 % du crédit (600 €) jusqu’au prononcé du divorce. Cette solution permet à Sophie de rester avec les enfants tout en évitant qu’elle ne supporte seule une charge trop lourde.

Questions de procédure de divorce
📊 Durée moyenne d'une procédure de divorce contentieux

Entre 12 et 24 mois en moyenne, selon les tribunaux. Pendant toute cette période, les mesures provisoires de l’ordonnance de non conciliation s’appliquent. Il est donc crucial de bien négocier l’attribution provisoire du logement, car elle peut durer longtemps.

3. Attribution définitive : le jugement de divorce

Au moment du prononcé définitif du divorce, le juge statue définitivement sur l’attribution du logement familial. Cette décision figure dans le jugement de divorce et détermine qui conserve le droit d’usage et d’habitation du logement, ainsi que les modalités de ce droit (droit de propriété ou droit au bail si le logement est loué).

Si le logement est un bien commun, le juge ordonne généralement sa vente ou son attribution à l’un des époux moyennant le versement d’une soulte à l’autre. Si le logement est un bien propre de l’un des époux, le juge peut néanmoins maintenir temporairement le droit d’occupation de l’autre époux si l’intérêt des enfants le justifie, mais ce maintien est généralement limité dans le temps.

Le partage des biens immobiliers intervient lors de la liquidation du régime matrimonial, qui peut être réglée soit à l’amiable par convention devant notaire, soit judiciairement si les époux ne s’entendent pas. Cette liquidation doit intervenir dans un délai d’un an après le divorce (article 267 du Code civil), sous peine de pénalités fiscales.

⚖️ Article 267 du Code civil

« La liquidation et le partage des intérêts patrimoniaux des époux sont réglés, à défaut d’accord amiable, par le juge, à la demande de l’un ou l’autre des époux. » Le juge peut ordonner la vente du bien ou son attribution préférentielle à l’un des époux moyennant une soulte.

Critères d’attribution du logement familial par le juge

Lorsque les époux ne parviennnt pas à un accord, le juge aux affaires familiales applique plusieurs critères pour décider de l’attribution du logement familial.

L’intérêt des enfants mineurs

Le critère prioritaire est l’intérêt des enfants mineurs. Le juge attribue généralement le logement au parent qui exerce la résidence habituelle des enfants (anciennement appelée « garde »), afin de leur éviter un déracinement et de préserver leur stabilité. Ce critère est d’autant plus important que les enfants sont jeunes et scolarisés à proximité du domicile.

Toutefois, l’attribution du logement au parent gardien n’est pas automatique. Si ce parent ne dispose pas des ressources financières suffisantes pour assumer les charges du logement (crédit, charges de copropriété, taxe foncière, entretien), le juge peut préférer attribuer le logement à l’autre parent et ordonner une pension alimentaire pour aider le parent gardien à se reloger.

La situation financière de chaque époux

Le juge examine les revenus, les charges et la capacité d’endettement de chaque époux. Si l’un des conjoints a des revenus nettement supérieurs et peut facilement se reloger, le juge peut attribuer le logement à l’autre époux, même si ce dernier ne garde pas les enfants.

La capacité à assumer le remboursement d’un éventuel crédit immobilier est également un critère déterminant. Si l’époux qui demande le logement ne peut pas rembourser seul le crédit, le juge peut refuser l’attribution pour éviter un risque de défaut de paiement et de saisie immobilière.

⚠️ Risque de surendettement après le divorce

Conserver le logement familial sans disposer des revenus suffisants peut conduire à un surendettement. Avant de demander l’attribution du logement, il est impératif de réaliser un budget prévisionnel incluant toutes les charges (crédit, charges de copropriété, assurances, entretien, impôts locaux) et de vérifier que les revenus disponibles après paiement de la prestation compensatoire et de la pension alimentaire permettent de faire face.

La nature du bien : propriété ou location

Si le logement est loué, le juge peut attribuer le bail à l’un des époux en application de l’article 1751 du Code civil. L’époux attributaire devient alors seul titulaire du bail et seul responsable du paiement du loyer. L’autre époux est libéré de toute obligation envers le bailleur.

Si le logement est en propriété, la situation est plus complexe. Si le bien est un bien commun, il reste en indivision jusqu’à la liquidation du régime matrimonial. Le juge peut attribuer la jouissance du logement à l’un des époux, mais le partage du bien interviendra ultérieurement. Si le bien est un bien propre de l’un des époux (hérité ou reçu par donation avant le mariage), le propriétaire conserve son droit de propriété, mais le juge peut accorder un droit d’occupation temporaire à l’autre époux si l’intérêt des enfants le justifie.

Indemnité d'occupation

Lorsque le juge attribue la jouissance du logement commun à l’un des époux, il peut ordonner que cet époux verse une indemnité d’occupation à l’autre époux, correspondant à la valeur locative du bien. Cette indemnité compense l’usage exclusif du bien indivis. Elle est souvent fixée à 50 % de la valeur locative estimée, mais le juge peut moduler ce montant en fonction des ressources de chacun.

Logement familial et régime matrimonial : impact sur le partage

L’attribution du logement familial dépend étroitement du régime matrimonial des époux.

Logement acheté sous le régime de la communauté

Si les époux sont mariés sous le régime légal de la communauté réduite aux acquêts, le logement acheté pendant le mariage est un bien commun. Chaque époux est réputé en détenir la moitié. Lors du divorce, ce bien doit être partagé : soit par vente et partage du produit, soit par attribution à l’un des époux moyennant le versement d’une soulte à l’autre.

La soulte correspond à la moitié de la valeur nette du bien (valeur du bien moins capital restant dû du crédit). Par exemple, si le logement vaut 300 000 € et qu’il reste 100 000 € de crédit à rembourser, la valeur nette est de 200 000 €. La soulte due à l’autre époux est donc de 100 000 €. L’époux qui conserve le logement doit soit payer cette somme comptant, soit obtenir un rachat de crédit incluant la soulte.

💡 Cas pratique : calcul de soulte pour un logement en indivision

Marie et Thomas divorcent. Ils sont mariés sous le régime de la communauté. Leur maison vaut 350 000 €, il reste 120 000 € de crédit à rembourser. Valeur nette : 350 000 – 120 000 = 230 000 €. Chaque époux a droit à la moitié, soit 115 000 €. Marie souhaite conserver la maison. Elle doit verser une soulte de 115 000 € à Thomas. Pour cela, elle sollicite sa banque pour un rachat de crédit de 235 000 € (120 000 de crédit restant + 115 000 de soulte). Si Marie ne peut pas emprunter cette somme, le juge ordonnera la vente du bien.

Logement bien propre de l’un des époux

Si le logement a été acheté par l’un des époux avant le mariage, ou reçu par donation ou succession pendant le mariage, il s’agit d’un bien propre. Ce bien n’entre pas dans la communauté et reste la propriété exclusive de l’époux propriétaire. Lors du divorce, ce bien n’est pas partagé.

Toutefois, le juge peut accorder un droit d’occupation temporaire à l’autre époux si l’intérêt des enfants le justifie (article 285-1 du Code civil). Ce droit est généralement limité dans le temps (par exemple, jusqu’à la majorité du plus jeune enfant) et peut être assorti du paiement d’une indemnité d’occupation au propriétaire.

⚖️ Article 285-1 du Code civil

« Lorsque l’un des époux est attributaire d’un droit de jouissance sur le logement de la famille, ce droit peut être assorti d’une indemnité d’occupation dont le montant est fixé par le juge en fonction des circonstances. » Le juge peut ainsi maintenir l’ex-conjoint dans un logement dont il n’est pas propriétaire, mais seulement temporairement.

Logement en location

Si le logement familial est loué, le bail est en principe au nom des deux époux (cotitularité du bail). Lors du divorce, le juge peut attribuer le bail à l’un des époux. L’autre époux est alors libéré de son obligation de payer le loyer et n’a plus aucun droit sur le logement.

L’attribution du bail est généralement accordée au parent qui garde les enfants, sauf si ce parent ne dispose pas des revenus suffisants pour assumer le loyer. Le bailleur doit être informé de cette attribution et peut demander des garanties supplémentaires (caution, garantie Visale) si les revenus de l’époux attributaire sont jugés insuffisants.

Attribution du logement et remboursement du crédit immobilier

Lorsque le logement familial fait l’objet d’un prêt immobilier, la question du remboursement des mensualités est centrale. Plusieurs situations doivent être distinguées.

Pendant la procédure de divorce

Tant que le divorce n’est pas prononcé, les deux époux restent solidairement responsables du remboursement du crédit immobilier. La banque peut réclamer le paiement des mensualités à l’un ou l’autre des co-emprunteurs, même si le juge a ordonné une répartition différente dans l’ordonnance de non conciliation.

Le juge peut décider dans l’ONC que l’époux qui occupe le logement remboursera seul le crédit, ou que les deux époux continueront de contribuer proportionnellement à leurs revenus. Cette décision n’engage que les époux entre eux : si l’époux qui doit rembourser ne paie pas, l’autre époux reste tenu envers la banque et devra payer puis se retourner contre son ex-conjoint.

⚠️ Impayés de crédit pendant la procédure : risque de saisie

Si les mensualités du crédit immobilier ne sont pas payées pendant la procédure de divorce, la banque peut engager une procédure de saisie immobilière. Cette saisie entraîne la vente forcée du bien aux enchères, souvent à un prix inférieur à la valeur de marché. Pour éviter cette situation dramatique, il est impératif de maintenir le remboursement du crédit, quitte à demander un aménagement du prêt (report de mensualités, lissage de crédit) auprès de la banque.

Après le divorce

Au moment du divorce, le juge ordonne généralement la liquidation du régime matrimonial et le partage des biens. Si le logement est attribué à l’un des époux, celui-ci doit racheter la part de l’autre époux (versement d’une soulte) et reprendre seul le crédit immobilier. Cela nécessite une opération bancaire de rachat de crédit et de désolidarisation du co-emprunteur.

La désolidarisation permet de libérer l’époux qui ne conserve pas le logement de sa responsabilité envers la banque. Cette opération est soumise à l’accord de la banque, qui vérifie la capacité de remboursement de l’époux restant. Si cette capacité est insuffisante, la banque peut refuser la désolidarisation et exiger la vente du bien.

Rachat de crédit pour financer la soulte

Le rachat de crédit permet de regrouper le capital restant dû du crédit immobilier et la soulte due à l’ex-conjoint en un seul prêt. Cette solution peut allonger la durée de remboursement et diminuer la mensualité, facilitant ainsi l’obtention de l’accord de la banque. Il est recommandé de solliciter plusieurs banques ou de passer par un courtier spécialisé en divorce et patrimoine.

Questions fréquentes sur l’attribution du logement familial

Le juge donne-t-il toujours le logement au parent qui garde les enfants ?

Non, l’attribution du logement au parent qui exerce la résidence habituelle des enfants est fréquente, mais elle n’est pas automatique. Le juge examine l’ensemble de la situation : capacité financière de chaque parent, possibilité de se reloger, nature du bien (propriété ou location), existence d’un crédit immobilier. Si le parent gardien ne peut pas assumer les charges du logement, le juge peut préférer attribuer le logement à l’autre parent et fixer une pension alimentaire plus élevée pour compenser.

Que faire si l’ex-conjoint refuse de quitter le logement ?

Si le juge a attribué la jouissance du logement à l’un des époux et que l’autre refuse de partir, l’époux attributaire peut demander au juge l’exécution forcée de la décision. Le juge peut ordonner l’expulsion de l’époux récalcitrant avec le concours de la force publique si nécessaire. Il est également possible de demander une astreinte (somme d’argent due par jour de retard) pour inciter l’ex-conjoint à partir.

Peut-on récupérer le logement attribué à l’ex-conjoint si la situation change ?

Si le logement a été attribué définitivement par le jugement de divorce, il est très difficile de revenir sur cette décision. Toutefois, si l’attribution était assortie d’une condition (par exemple, occupation jusqu’à la majorité du plus jeune enfant), le propriétaire peut demander la restitution du logement une fois la condition réalisée.

Si l’ex-conjoint occupe le logement de manière abusive (concubinage dans le logement, sous-location non autorisée, dégradations), le propriétaire peut saisir le juge pour demander la fin anticipée du droit d’occupation et l’expulsion.

⚠️ Concubinage de l'ex-conjoint dans le logement familial

Si l’ex-conjoint qui occupe le logement familial vit en concubinage avec une nouvelle personne, le propriétaire peut demander au juge de mettre fin au droit d’occupation, surtout si ce droit avait été accordé uniquement dans l’intérêt des enfants. La cohabitation avec un nouveau compagnon modifie la situation et peut justifier la restitution du logement au propriétaire.

Faut-il payer une indemnité d’occupation si le logement est attribué gratuitement par le juge ?

Si le juge a expressément précisé dans l’ordonnance de non conciliation ou le jugement de divorce que l’occupation se fait « à titre gratuit », aucune indemnité d’occupation n’est due. En revanche, si le juge n’a pas précisé ou s’il a fixé une indemnité d’occupation, l’époux qui occupe le logement doit la verser à l’autre époux.

Le montant de l’indemnité d’occupation est généralement fixé à 50 % de la valeur locative du bien, mais le juge peut moduler ce montant en fonction des ressources de chacun. Par exemple, si la valeur locative du logement est de 1 200 € par mois, l’indemnité d’occupation sera de 600 € par mois.

Impact fiscal et patrimonial de l’attribution du logement

L’attribution du logement familial a des conséquences fiscales et patrimoniales qu’il ne faut pas négliger.

Taxe foncière et taxe d’habitation

La taxe foncière est due par le propriétaire du bien au 1er janvier de l’année d’imposition. Si le logement est un bien commun, les deux époux restent redevables solidairement de la taxe foncière tant que le partage n’est pas réalisé. Après le divorce et l’attribution du bien à l’un des époux, seul le nouveau propriétaire est redevable de la taxe foncière.

La taxe d’habitation (aujourd’hui supprimée pour la résidence principale pour la plupart des ménages, mais toujours applicable aux résidences secondaires) est due par l’occupant du logement au 1er janvier. Si l’ex-conjoint occupe le logement à cette date, il est en principe redevable de la taxe d’habitation.

Plus-value immobilière en cas de vente

Si le logement familial est vendu après le divorce, la question de l’exonération de la plus-value immobilière se pose. L’exonération de la plus-value sur la résidence principale ne s’applique que si le bien est effectivement la résidence principale du vendeur au moment de la vente. Si l’un des ex-conjoints a quitté le logement plusieurs années avant la vente, il ne pourra pas bénéficier de l’exonération et devra payer l’impôt sur la plus-value (19 % + 17,2 % de prélèvements sociaux = 36,2 % au total).

📊 Fiscalité de la plus-value immobilière

En cas de vente d’un bien qui n’est plus la résidence principale, la plus-value est imposée à 36,2 % (impôt sur le revenu + prélèvements sociaux). Exemple : un logement acheté 200 000 € et vendu 300 000 € génère une plus-value de 100 000 €. L’impôt dû est de 36 200 €, à partager entre les deux ex-conjoints si le bien était indivis.

Impact sur la capacité d’emprunt future

L’époux qui conserve le logement familial et reprend seul le crédit immobilier voit sa capacité d’emprunt diminuer, car les mensualités du crédit sont prises en compte dans le calcul du taux d’endettement (limité à 35 % des revenus depuis 2022). Cet époux aura plus de difficultés à obtenir un nouveau crédit immobilier s’il souhaite acheter un autre bien.

À l’inverse, l’époux qui quitte le logement et est désolidarisé du crédit récupère sa capacité d’emprunt et peut plus facilement acheter un nouveau logement. Il est donc crucial de bien peser les avantages et les inconvénients de conserver le logement familial sur le plan patrimonial.

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L’attribution du logement familial a des conséquences financières et patrimoniales majeures. Avant de prendre une décision, il est recommandé de consulter un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en divorce pour évaluer l’impact sur votre situation globale et optimiser vos choix.

Foire aux questions (FAQ)

Questions fréquentes


Mon mari est propriétaire de notre logement et j'ai la garde des enfants. Puis-je rester dans le logement après le divorce ?

Oui, le juge peut accorder un droit d’occupation temporaire dans l’intérêt des enfants mineurs, même si le logement est un bien propre de l’époux propriétaire. Ce droit est généralement limité dans le temps (par exemple jusqu’à la majorité du plus jeune enfant) et peut être assorti d’une indemnité d’occupation à verser au propriétaire. Il est recommandé de faire valoir cette demande dès l’audience de conciliation.

L'attribution provisoire du logement par le juge à l'audience de conciliation peut-elle être modifiée ensuite ?

Oui, l’ordonnance de non conciliation fixe des mesures provisoires qui peuvent être modifiées en cours de procédure si la situation change (perte d’emploi, déménagement, changement de résidence des enfants). Il faut saisir à nouveau le juge aux affaires familiales pour demander une modification des mesures provisoires. Au moment du jugement définitif de divorce, le juge statue définitivement sur l’attribution du logement.

Mon ex-conjoint occupe gratuitement mon logement avec son nouveau compagnon. Puis-je demander une indemnité d'occupation ou l'expulser ?

Si le juge a accordé la jouissance gratuite du logement à votre ex-conjoint dans l’intérêt des enfants, vous pouvez demander au juge de réévaluer cette décision si la situation a changé (notamment en raison de la cohabitation avec un nouveau compagnon). Le juge peut décider de fixer une indemnité d’occupation ou de mettre fin au droit d’occupation. Il faut saisir le juge aux affaires familiales par requête en modification de mesures provisoires ou, après le divorce, par assignation en référé.

Qui paie les charges de copropriété et les travaux dans le logement familial pendant la procédure de divorce ?

Pendant la procédure de divorce, les charges de copropriété, les travaux et l’entretien du logement restent en principe à la charge du ou des propriétaires. Si le logement est un bien commun, les deux époux sont solidairement responsables des charges. Le juge peut répartir ces charges dans l’ordonnance de non conciliation. Généralement, l’époux qui occupe le logement doit assumer les charges courantes (eau, électricité, chauffage, petits travaux), tandis que les charges de copropriété et les gros travaux sont partagés ou pris en charge par le propriétaire.

Puis-je vendre le logement familial sans l'accord de mon conjoint pendant la procédure de divorce ?

Non, si le logement est un bien commun ou en indivision, la vente nécessite l’accord des deux époux. Aucun des époux ne peut vendre seul un bien indivis pendant la procédure de divorce. Si les époux se mettent d’accord sur la vente, elle peut intervenir pendant la procédure. Si l’un des époux s’oppose à la vente, il faut attendre le jugement de divorce et la liquidation du régime matrimonial, ou saisir le juge pour demander la vente judiciaire du bien indivis.

Que se passe-t-il si je ne peux pas racheter la part de mon ex-conjoint dans le logement familial ?

Si vous ne disposez pas des fonds nécessaires pour verser la soulte à votre ex-conjoint et que vous ne pouvez pas obtenir un rachat de crédit auprès d’une banque, le juge ordonnera la vente du logement. Le produit de la vente sera partagé entre les deux époux après remboursement du crédit immobilier. Il est possible de demander au juge un délai pour organiser la vente dans de bonnes conditions et éviter une vente précipitée à un prix trop bas.


Témoignages

Franchement le divorce c’est compliqué niveau logement. Moi j’voulais rester dans la maison avec les petits mais mon ex voulait vendre direct. Heureusement que j’ai trouvé aide-divorce.fr avant l’audience, j’ai compris que le juge pouvait m’attribuer le logement même si on était pas d’accord. J’ai fait ma demande et ça a marché, le juge m’a laissé la maison jusqu’à ce que le dernier soit majeur. Par contre j’dois payer une indemnité à mon ex tous les mois, 400€, mais bon ça vaut le coup pour pas déménager les enfants

— Nathalie, 41 ans, divorcée avec 2 enfants

Bon moi j’ai fait l’erreur de partir de chez nous sans rien négocier. Je pensais qu’on allait vendre l’appart et partager. Résultat mon ex est restée dedans avec son nouveau mec et moi je payais encore 50% du crédit… j’ai mis 8 mois à comprendre que je pouvais demander au juge de changer ça. Si vous divorcez ne partez pas comme ça sans avoir tout bien prévu avec votre avocat

— Éric, 38 ans, divorcé après 10 ans de mariage

Honnêtement j’avais pas réalisé l’impact financier de garder la maison. Mon avocat m’a dit « vous voulez la maison ? » j’ai dit oui sans réfléchir parce que c’était notre maison de famille. Mais personne m’a parlé de la soulte à payer, des impôts, de la capacité d’emprunt… c’est le CGP de aide-divorce.fr qui m’a fait un bilan complet et j’ai réalisé que je pouvais pas me le permettre. Du coup on a vendu et j’ai acheté un appart plus petit. Finalement c’était mieux pour ma trésorerie et pour l’avenir des enfants

— Sandrine, 44 ans, divorcée, chef d'entreprise