Le divorce tardif, communément appelé « divorce gris », connaît une augmentation constante en France depuis vingt ans. Divorcer après 50 ans implique des enjeux patrimoniaux et financiers radicalement différents d’une séparation à 30 ou 40 ans : la proximité de la retraite, l’accumulation patrimoniale souvent importante, la révision à la baisse du niveau de vie et les besoins futurs de dépendance imposent une approche patrimoniale spécifique. Cette page détaille les aspects financiers, juridiques et patrimoniaux du divorce tardif, et explique pourquoi l’accompagnement par un avocat spécialisé en droit de la famille et par un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) est indispensable à cet âge.
Selon l’INSEE, plus de 30 % des divorces prononcés chaque année concernent des couples mariés depuis plus de 20 ans. L’âge moyen du divorce en France est de 45 ans, et la part des divorces après 50 ans ne cesse de croître. Les femmes sont particulièrement vulnérables financièrement : à 55 ans, une femme divorcée perd en moyenne 25 % de son niveau de vie.
1. Prestation compensatoire à 50 ans : calcul spécifique et montants élevés
La prestation compensatoire vise à compenser la disparité de niveau de vie créée par le divorce. Lorsque la séparation intervient après 50 ans, le juge aux affaires familiales (JAF) tient compte de critères spécifiques qui peuvent alourdir considérablement le montant de la prestation.
Les critères pris en compte après 50 ans
Le juge examine notamment :
- La durée du mariage (souvent supérieure à 20 ou 30 ans, ce qui joue en faveur d’une prestation élevée)
- L’âge et l’état de santé des époux (la proximité de la retraite et les problèmes de santé liés à l’âge augmentent le besoin de compensation)
- La qualification professionnelle et les perspectives de carrière (après 50 ans, les possibilités de retour à l’emploi ou de progression sont réduites)
- Le patrimoine estimé ou prévisible des époux après la liquidation du régime matrimonial
- Les droits à la retraite acquis et prévisibles (voir section suivante)
- La situation respective au regard des régimes de prévoyance et de retraite
De nombreux couples qui divorcent après 50 ans signent des conventions de divorce amiable sans avoir évalué correctement le montant de la prestation compensatoire. Or, à cet âge, la perte de revenus futurs (retraite réduite, absence de droits à réversion si remariage, etc.) justifie souvent une prestation très élevée, parfois équivalente à plusieurs années de revenus. Il est impératif de consulter un CGP avant de signer.
Modalités de versement adaptées à la situation patrimoniale
Après 50 ans, les couples disposent généralement d’un patrimoine immobilier et financier conséquent. Le versement de la prestation compensatoire peut prendre plusieurs formes :
- Capital en numéraire : paiement comptant ou échelonné sur maximum 8 ans
- Abandon de biens en pleine propriété (par exemple, l’époux débiteur cède sa part d’un bien immobilier ou d’un portefeuille-titres)
- Attribution en nue-propriété d’un bien immobilier (le créancier reçoit la nue-propriété, le débiteur conserve l’usufruit jusqu’à son décès)
- Rente viagère (désormais rare, elle est indexée et versée jusqu’au décès du créancier)
Marie, 52 ans, et Jean, 55 ans, divorcent après 28 ans de mariage. Marie a cessé de travailler à la naissance du premier enfant et n’a jamais repris d’activité. Jean est cadre supérieur, il gagne 6 000 € net/mois. Le patrimoine commun comprend une résidence principale estimée à 450 000 € (prêt soldé), deux assurances-vie (150 000 € et 80 000 €) et un PEA de 60 000 €.
Marie a droit à une prestation compensatoire. Le juge calcule sur la base de la disparité : Jean conservera environ 4 500 € de revenus après partage + pension de retraite future. Marie n’aura aucun revenu hors prestation compensatoire et droits à la retraite très faibles (moins de 600 €/mois prévisibles à 62 ans).
Le juge fixe une prestation compensatoire de 120 000 €, payable en capital par abandon de la moitié de l’assurance-vie de 150 000 € et versement comptant de 45 000 €. Marie conserve en outre sa part du partage (225 000 € sur la maison + 40 000 € assurance-vie + 30 000 € PEA).
La prestation compensatoire versée en capital est en principe définitive. Toutefois, en cas de changement important de situation (chômage, maladie, invalidité), le débiteur peut demander une révision dans un délai limité. Après 50 ans, le risque de maladie grave ou de perte d’emploi augmente : il est donc recommandé de prévoir des clauses de sauvegarde dans la convention de divorce ou de souscrire une assurance prévoyance.
2. Retraite et droits à réversion : un enjeu crucial pour l’ex-conjoint
Le divorce après 50 ans intervient généralement moins de 15 ans avant le départ à la retraite. L’impact sur les droits à la retraite de chaque époux, et notamment sur les droits à réversion, est majeur et doit être anticipé dès la procédure de séparation.
Comprendre la pension de réversion
La pension de réversion est une fraction de la retraite du conjoint décédé, versée au conjoint survivant sous certaines conditions. En cas de divorce, l’ex-conjoint conserve ses droits à réversion sous réserve de ne pas s’être remarié (à la différence du partenaire de PACS ou du concubin, qui n’a aucun droit).
Les règles varient selon les régimes :
- Régime général (sécurité sociale) : 54 % de la pension de retraite du défunt, sous condition de ressources et d’âge (55 ans minimum). Si l’ex-conjoint s’est remarié, il perd ses droits au profit du nouveau conjoint.
- Régimes complémentaires AGIRC-ARRCO : 60 % de la pension complémentaire. En cas de remariage puis nouveau divorce ou veuvage, les droits peuvent être rétablis.
- Fonction publique : 50 % de la pension du défunt, sans condition de ressources mais sous condition d’âge. Le remariage fait perdre le droit, sauf si le nouveau conjoint décède ou divorce à son tour.
- Régimes spéciaux (SNCF, RATP, EDF…) : chaque régime a ses propres règles, souvent plus favorables.
Le droit à pension de réversion est maintenu en cas de divorce, mais disparaît en cas de remariage du bénéficiaire (sauf exceptions selon les régimes). En cas de pluralité d’ex-conjoints, la pension est répartie au prorata de la durée de chaque mariage.
Partage de la réversion en cas de remariages successifs
Si le défunt a été marié plusieurs fois, la pension de réversion est partagée entre tous les ex-conjoints survivants au prorata de la durée de chaque mariage. Cette règle peut réduire drastiquement le montant perçu par chaque bénéficiaire.
Paul, cadre à la retraite, décède à 72 ans. Il a été marié 25 ans avec Anne (divorcée, non remariée), puis 12 ans avec Sophie (divorcée, non remariée). Sa pension de retraite était de 2 400 €/mois.
Pension de réversion du régime général : 2 400 € × 54 % = 1 296 €/mois
Anne : 25 ans / 37 ans = 67,5 % → 875 €/mois
Sophie : 12 ans / 37 ans = 32,5 % → 421 €/mois
Si Anne s’était remariée, Sophie aurait perçu la totalité de la réversion (1 296 €/mois).
L’erreur la plus fréquente après un divorce tardif est de se remarier sans mesurer l’impact financier. Une femme divorcée à 52 ans, qui se remarie à 58 ans, perd définitivement ses droits à réversion sur la retraite de son ex-mari. Si elle est à nouveau veuve à 65 ans, elle ne pourra prétendre qu’à la réversion de son second mari. Il est fortement conseillé de privilégier le PACS ou le concubinage, qui préservent les droits à réversion du premier mariage, et de consulter un CGP avant toute décision.
Prestation compensatoire et compensation des écarts de retraite
Le montant de la prestation compensatoire intègre la différence de droits à la retraite entre les époux. Lorsqu’un conjoint a sacrifié sa carrière (souvent la femme), ses droits à la retraite sont très réduits, ce qui justifie une prestation élevée pour compenser la perte de revenus futurs.
Le juge peut demander un relevé de carrière aux caisses de retraite pour évaluer précisément les pensions futures de chaque époux. Ce document est indispensable pour négocier ou faire fixer une prestation compensatoire adaptée à la réalité de chaque situation.
3. Immobilier : vendre ou garder la résidence principale après 50 ans ?
À 50 ans et au-delà, le couple possède généralement une résidence principale dont le prêt est soldé ou presque soldé, ainsi qu’éventuellement un bien locatif ou une résidence secondaire. Le partage des biens immobiliers soulève des questions stratégiques importantes, qui dépassent la simple liquidation du régime matrimonial.
Vendre le bien : la solution la plus simple sur le papier
La vente du bien commun permet de partager le produit en numéraire et de tourner la page. C’est souvent la solution privilégiée lorsque :
- Le bien est trop grand pour une personne seule
- Les frais d’entretien (taxe foncière, charges de copropriété, travaux) sont élevés
- Aucun des deux époux n’a les moyens de racheter la part de l’autre
- Les époux souhaitent une rupture nette et investir ailleurs
La vente de la résidence principale est exonérée de plus-value immobilière, même en cas de divorce, à condition que le bien ait effectivement été la résidence principale de l’un des époux jusqu’à la vente. Si le bien est vendu plusieurs années après la séparation, l’exonération peut être remise en cause. Il est donc recommandé de vendre rapidement ou de bien documenter l’occupation effective.
Racheter la part de l’autre : conserver son logement
L’un des époux peut racheter la part de l’autre en lui versant une soulte, c’est-à-dire une somme d’argent compensatrice. Après 50 ans, cette option est souvent difficile à financer :
- Les banques sont réticentes à prêter au-delà de 55 ans, surtout si la retraite approche
- La capacité d’emprunt diminue avec l’âge (les revenus prévisibles baissent)
- L’assurance emprunteur coûte beaucoup plus cher après 50 ans
Solution alternative : utiliser l’épargne accumulée (assurance-vie, PEA, livrets) pour financer la soulte, quitte à reconstituer cette épargne progressivement via la pension alimentaire ou la prestation compensatoire.
Isabelle et Patrick divorcent à 53 ans. Leur maison vaut 320 000 €, sans prêt en cours. Isabelle souhaite la conserver pour y vivre jusqu’à sa retraite. Elle doit verser une soulte de 160 000 € à Patrick.
Isabelle gagne 2 800 € net/mois. La banque refuse de lui prêter 160 000 € (capacité d’emprunt trop faible, durée limitée). Elle utilise alors son assurance-vie de 95 000 € + un prêt familial de 65 000 € consenti par ses parents. Patrick récupère 160 000 € en numéraire, Isabelle conserve la maison.
Indivision post-divorce : une fausse bonne idée
Certains couples choisissent de rester en indivision après le divorce, c’est-à-dire de rester propriétaires ensemble du bien immobilier. Cette solution est en théorie séduisante (chacun conserve un actif valorisable, pas de soulte à financer), mais elle est souvent source de conflits :
- Qui paie les travaux, les charges, les impôts ?
- Qui occupe le bien ? À quel titre ?
- Que se passe-t-il si l’un des deux veut vendre ou se remarier ?
- Comment se passe la transmission aux enfants en cas de décès de l’un des indivisaires ?
En cas de décès de l’un des ex-conjoints, sa part en indivision revient à ses héritiers (enfants, nouveau conjoint…). L’ex-conjoint survivant se retrouve alors en indivision avec les enfants ou la nouvelle famille, ce qui peut générer des blocages et des conflits patrimoniaux difficiles à résoudre. Mieux vaut liquider l’indivision au moment du divorce.
4. Assurance-vie et clauses bénéficiaires : enjeu majeur du divorce tardif
L’assurance-vie est souvent l’un des actifs patrimoniaux les plus importants d’un couple qui divorce après 50 ans. Son statut juridique particulier (hors succession sous conditions, clause bénéficiaire libre) en fait un outil à double tranchant lors d’un divorce.
Assurance-vie et régime matrimonial : bien commun ou bien propre ?
Les primes versées sur un contrat d’assurance-vie pendant le mariage constituent un bien commun si les époux sont mariés sous le régime de la communauté (légal ou universelle). Seuls les gains et les intérêts capitalisés restent propres au souscripteur. Au moment du divorce, l’époux non souscripteur peut donc demander la récompense de la moitié des primes versées avec les deniers communs.
Toute somme versée sur un contrat d’assurance-vie par un époux commun en biens avec des fonds communs donne lieu à récompense au profit de la communauté lors de la liquidation du régime matrimonial. Le calcul de la récompense s’effectue selon la valeur nominale des primes versées, sans tenir compte de la valorisation du contrat.
Modifier impérativement la clause bénéficiaire après le divorce
La clause bénéficiaire d’une assurance-vie désigne la ou les personnes qui recevront le capital en cas de décès du souscripteur. Le divorce ne révoque pas automatiquement la clause bénéficiaire. Si un époux décède après le divorce sans avoir modifié sa clause, son ex-conjoint peut percevoir le capital de l’assurance-vie, au détriment des enfants ou du nouveau conjoint.
De nombreux divorcés après 50 ans oublient de modifier la clause bénéficiaire de leurs contrats d’assurance-vie. Si l’ex-conjoint est encore désigné, il percevra le capital en cas de décès, même plusieurs années après le divorce et même si le souscripteur s’est remarié. Il est impératif de faire modifier la clause par courrier recommandé avec AR auprès de l’assureur dès le jugement de divorce prononcé. Un CGP peut accompagner cette démarche et proposer une rédaction optimisée de la nouvelle clause.
Stratégie patrimoniale : répartir les contrats ou les partager ?
Lors du partage, plusieurs solutions existent :
- Rachat total et partage du produit : simple mais fiscalement coûteux si le contrat a moins de 8 ans ou génère une forte plus-value
- Transfert de la propriété de la moitié du contrat à l’ex-conjoint : techniquement possible mais complexe administrativement
- Attribution de contrats différents à chaque époux : la solution la plus propre si chaque époux dispose de son propre contrat
- Rachat partiel pour financer la soulte ou la prestation compensatoire
Claire et Alain divorcent à 56 ans. Ils possèdent trois contrats d’assurance-vie :
– Contrat A au nom de Claire : 120 000 € (primes versées : 80 000 €, gains : 40 000 €)
– Contrat B au nom d’Alain : 95 000 € (primes : 70 000 €, gains : 25 000 €)
– Contrat C au nom d’Alain : 45 000 € (primes : 40 000 €, gains : 5 000 €)
Total des primes communes : 190 000 €. Chacun a droit à 95 000 €. Claire conserve son contrat A (80 000 € de primes), Alain conserve ses contrats B et C (110 000 € de primes). Alain doit une soulte de 15 000 € à Claire pour rééquilibrer, payable en numéraire ou par rachat partiel sur le contrat B.
5. Optimiser sa fiscalité après un divorce tardif
Le divorce entraîne automatiquement un changement de situation fiscale. Après 50 ans, cette modification peut avoir un impact financier lourd, notamment en raison de la perte du quotient familial et de la hausse du taux d’imposition.
Passage de deux à une part fiscale
Un couple marié dispose de deux parts fiscales (ou plus si des enfants sont à charge). Après le divorce, chaque ex-conjoint devient un foyer fiscal distinct avec une seule part. Si les revenus sont élevés, le taux marginal d’imposition peut grimper brutalement.
Un couple marié avec 70 000 € de revenus annuels paie environ 6 500 € d’impôt (taux moyen 9,3 %). Après divorce, si chaque ex-conjoint perçoit 35 000 €, chacun paie environ 4 200 € d’impôt, soit 8 400 € au total (+30 % d’impôt à revenus constants). Source : simulation barème IR 2024.
Pension alimentaire et prestation compensatoire : fiscalité différente
La pension alimentaire versée pour les enfants est déductible du revenu imposable du débiteur et imposable chez le parent bénéficiaire. En revanche, la prestation compensatoire versée en capital n’est ni déductible ni imposable. Seule la prestation compensatoire versée en rente (rare) est déductible pour le débiteur et imposable pour le créancier.
Cette différence peut justifier de privilégier une prestation compensatoire en rente plutôt qu’en capital, notamment si le débiteur a des revenus élevés et que le créancier a des revenus faibles. Toutefois, la rente viagère présente un risque : elle est versée à vie et peut peser lourdement sur le budget du débiteur en cas de baisse de revenus (retraite, chômage, maladie).
L’année du divorce, les époux peuvent choisir entre une déclaration commune (pour les revenus de janvier au mois du jugement) et deux déclarations séparées. Il est conseillé de simuler les deux options avec un expert-comptable ou un CGP pour choisir la solution la moins imposée.
Parent isolé et demi-part supplémentaire
Si l’un des parents vit seul et élève au moins un enfant à charge, il peut bénéficier d’une demi-part fiscale supplémentaire au titre de parent isolé. Cette demi-part est accordée l’année du divorce, puis les années suivantes tant que le parent reste célibataire, divorcé ou veuf et vit effectivement seul.
Attention : en cas de garde alternée, un seul parent peut bénéficier de la demi-part pour parent isolé (généralement celui qui perçoit les allocations familiales). L’autre parent ne peut réclamer qu’une majoration de quotient familial pour enfant en résidence alternée (0,25 part par enfant).
6. Préparer sa retraite après un divorce tardif : stratégies patrimoniales
Un divorce après 50 ans bouleverse la préparation de la retraite. Le niveau de vie projeté est souvent divisé par deux, les droits à la retraite sont amputés si l’un des conjoints a cessé de travailler, et le capital disponible pour se constituer un complément de revenus est réduit par le partage. Il est donc indispensable de revoir entièrement sa stratégie patrimoniale.
Reconstituer son épargne retraite rapidement
Après le partage, il reste généralement peu de temps avant la retraite pour reconstituer une épargne suffisante. Les solutions :
- Plan d’Épargne Retraite (PER) : versements déductibles du revenu imposable, sortie en rente ou en capital à la retraite. Intéressant pour les hauts revenus qui souhaitent défiscaliser avant la retraite.
- Assurance-vie : placement souple, disponible à tout moment, fiscalité avantageuse après 8 ans. À privilégier pour se constituer un capital de précaution.
- Immobilier locatif : générer des revenus complémentaires à la retraite. Attention toutefois à la gestion (vacance locative, travaux, fiscalité) et au risque de liquidité (revente difficile en cas de besoin urgent de trésorerie).
- SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) : alternative à l’immobilier en direct, plus liquide et moins contraignante en gestion.
Après 50 ans, de nombreux divorcés sont tentés de placer l’intégralité de leur capital dans l’immobilier (achat d’un appartement pour y vivre ou pour louer). C’est une erreur stratégique : l’immobilier est peu liquide, les frais d’achat sont élevés (7 à 8 % de frais de notaire dans l’ancien), et le risque de dévalorisation existe. Il est plus prudent de diversifier entre immobilier, assurance-vie et placements financiers (SCPI, PEA, PER) pour conserver de la souplesse patrimoniale.
Anticiper la dépendance et la transmission
À 50 ans et au-delà, la question de la dépendance future (perte d’autonomie, besoin d’aide à domicile ou d’entrée en EHPAD) doit être anticipée. Un divorce réduit les ressources disponibles pour faire face à ces coûts, qui peuvent atteindre 2 000 à 4 000 € par mois.
Solutions :
- Souscrire une assurance dépendance tant que l’état de santé le permet (après 60 ans, les cotisations deviennent très élevées)
- Conserver une épargne de précaution disponible (assurance-vie en fonds euros, livrets)
- Organiser la transmission de son patrimoine aux enfants (donation, testament, démembrement de propriété) pour optimiser la fiscalité successorale et protéger ses proches
Après un divorce, chaque parent peut transmettre jusqu’à 100 000 € par enfant tous les 15 ans en exonération de droits de donation. Cette stratégie permet de réduire la base taxable de la succession future et d’aider les enfants à un moment où ils en ont besoin (achat immobilier, création d’entreprise). Un notaire et un CGP peuvent accompagner cette démarche pour optimiser la transmission.
Cas particulier : divorce et carrière longue
Les personnes ayant commencé à travailler très jeunes peuvent prétendre à un départ anticipé au titre des carrières longues (avant 62 ans). Un divorce après 50 ans ne remet pas en cause ce dispositif, mais il faut vérifier que les trimestres validés sont suffisants et que les conditions de revenus sont remplies.
Il est recommandé de demander un Entretien Information Retraite (EIR) auprès de sa caisse de retraite dès 55 ans pour faire le point sur ses droits et simuler différents scénarios de départ (âge légal, carrière longue, rachat de trimestres).
Le divorce après 50 ans impose une refonte complète de la stratégie patrimoniale et de la préparation à la retraite. Un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé peut réaliser un bilan personnalisé (droits à la retraite, optimisation fiscale, placements adaptés, transmission) pour sécuriser votre avenir financier.
Foire aux questions (FAQ) : divorcer après 50 ans
Questions fréquentes
Peut-on percevoir la pension de réversion de son ex-conjoint après un divorce ?
Oui, l’ex-conjoint conserve ses droits à la pension de réversion après un divorce, à condition de ne pas se remarier. En cas de remariage, les droits sont perdus définitivement (sauf exceptions selon les régimes de retraite). Si le défunt a été marié plusieurs fois, la pension de réversion est partagée au prorata de la durée de chaque mariage.
La prestation compensatoire est-elle plus élevée après 50 ans ?
Oui, en général. Le juge aux affaires familiales tient compte de la durée du mariage, de l’âge des époux, de leur état de santé, de leurs perspectives professionnelles et de leurs droits à la retraite. Après 50 ans, ces critères jouent souvent en faveur d’une prestation compensatoire élevée, surtout si l’un des conjoints a sacrifié sa carrière.
Faut-il vendre la maison ou la conserver après un divorce tardif ?
Cela dépend de la situation de chaque époux. Vendre permet de partager le produit en numéraire et de tourner la page, mais implique de retrouver un logement et de supporter des frais de transaction. Racheter la part de l’autre permet de conserver son cadre de vie, mais nécessite un financement (soulte) souvent difficile à obtenir après 50 ans. L’indivision post-divorce est à éviter, car elle génère des conflits et des risques successoraux.
Doit-on modifier la clause bénéficiaire de son assurance-vie après le divorce ?
Oui, impérativement. Le divorce ne révoque pas automatiquement la clause bénéficiaire. Si l’ex-conjoint est encore désigné et que le souscripteur décède, il percevra le capital, même plusieurs années après le divorce. Il faut adresser un courrier recommandé avec AR à l’assureur dès le jugement de divorce prononcé pour modifier la clause et désigner de nouveaux bénéficiaires (enfants, nouveau conjoint, etc.).
Le divorce augmente-t-il l'impôt sur le revenu ?
Oui, dans la plupart des cas. Un couple marié dispose de deux parts fiscales. Après le divorce, chaque ex-conjoint devient un foyer fiscal distinct avec une seule part. Si les revenus sont élevés, le taux marginal d’imposition augmente, ce qui peut alourdir la charge fiscale globale de 20 à 40 % à revenus constants. Il est possible de bénéficier d’une demi-part supplémentaire au titre de parent isolé si l’on élève seul un enfant à charge.
Comment préparer sa retraite après un divorce à 55 ans ?
Il faut reconstituer rapidement une épargne et diversifier ses placements : Plan d’Épargne Retraite (PER) pour défiscaliser, assurance-vie pour la souplesse, SCPI ou immobilier locatif pour générer des revenus complémentaires. Il est également recommandé de demander un relevé de carrière et un Entretien Information Retraite (EIR) auprès de sa caisse de retraite, et de consulter un conseiller en gestion de patrimoine pour optimiser sa stratégie patrimoniale et fiscale.
Conclusion : anticiper et se faire accompagner pour un divorce tardif serein
Divorcer après 50 ans est une épreuve à la fois émotionnelle et patrimoniale. Les enjeux financiers sont considérables : calcul de la prestation compensatoire, droits à réversion, partage immobilier, révision de la clause bénéficiaire de l’assurance-vie, optimisation fiscale, préparation de la retraite et anticipation de la dépendance. Chaque décision prise aujourd’hui aura des répercussions sur les 20, 30, voire 40 prochaines années.
Il est donc indispensable de se faire accompagner par un avocat spécialisé en droit de la famille pour sécuriser la procédure et défendre ses intérêts, mais aussi par un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) pour optimiser sa situation financière et patrimoniale post-divorce. aide-divorce.fr propose un accompagnement global, juridique et patrimonial, pour aider les personnes qui divorcent après 50 ans à traverser cette étape dans les meilleures conditions.
Nos conseillers en gestion de patrimoine spécialisés vous accompagnent pour optimiser votre situation financière, préparer votre retraite et protéger votre avenir. Prise de rendez-vous gratuite et sans engagement.
Témoignages
— Christine, 54 ans, divorcée après 27 ans de mariageFranchement j’avais jamais pensé que la clause bénéficiaire de l’assurance-vie ça restait valable après le divorce… Mon avocat m’a rien dit là dessus. Heureusement que j’ai lu l’article sur aide-divorce.fr sinon mon ex aurait tout récupéré si je mourrais avant de changer le bénéficiaire. J’ai contacté l’assureur direct après avoir lu ça et j’ai modifié au profit de mes enfants
— Jean-Marc, 58 ans, cadre en préretraiteBon moi le divorce à 56 ans c’était pas prévu… Ma femme voulait garder la maison mais moi je voulais pas rester en indivision. On a vendu et on a partagé les 380 000 €. Avec ma part j’ai acheté un T3 et j’ai mis le reste en assurance vie pour compléter ma retraite dans 4 ans. Le CGP de aide-divorce.fr m’a bien conseillé sur comment répartir mon capital, j’aurais pas su faire tout seul
— Martine, 52 ans, sans activité professionnelle depuis 20 ansHonnêtement je savais pas que j’avais droit à la réversion même divorcée. Mon ex m’avait dit que je toucherais rien… J’ai posé la question à la permanence de aide-divorce.fr et ils m’ont expliqué les règles du régime général et de l’AGIRC-ARRCO. Du coup j’ai bien négocié ma prestation compensatoire en tenant compte de mes futurs droits à réversion, parce que si je me remarie je perds tout



