Un accident de la route avec traumatisme crânien, un AVC laissant des séquelles invalidantes, une maladie dégénérative comme la sclérose en plaques : ces épreuves bouleversent la vie du couple. Lorsque le lien conjugal se rompt dans ces circonstances, la procédure de divorce exige une vigilance redoublée pour protéger la personne fragilisée, tant sur le plan juridique que patrimonial. Le droit français prévoit des dispositifs spécifiques pour éviter qu’un conjoint en situation de vulnérabilité ne soit lésé lors de la procédure de séparation. Le capital d’indemnisation perçu après un accident corporel, les prestations sociales liées au handicap et la capacité à exprimer son consentement au divorce posent des questions complexes qu’il est indispensable de maîtriser.
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1. Capacité juridique à divorcer après un accident ou une maladie invalidante
La première question qui se pose lorsque survient un divorce après un accident grave ou une longue maladie est celle de la capacité juridique de la personne atteinte. Pour qu’une procédure de divorce soit engagée, chaque époux doit être en mesure d’exprimer un consentement libre et éclairé.
Si la personne victime conserve l’intégralité de ses facultés mentales malgré des séquelles physiques (par exemple, un handicap moteur sans atteinte cognitive), elle peut divorcer dans les conditions de droit commun. Elle signe elle-même la convention de divorce si celle-ci est amiable, ou comparaît devant le juge aux affaires familiales (JAF) si le divorce est contentieux.
En revanche, si l’accident ou la maladie a entraîné une altération des facultés mentales (traumatisme crânien grave, AVC avec troubles cognitifs, démence précoce), la capacité juridique peut être remise en cause. Le Code civil prévoit alors des mesures de protection juridique pour garantir que la personne ne soit pas victime d’une décision qu’elle ne peut pas comprendre ou qu’elle subirait sous pression.
Le divorce ne peut être demandé par un époux en tutelle qu’avec l’autorisation du juge des tutelles ou du conseil de famille, le tuteur agissant en son nom.
Concrètement, trois régimes de protection existent :
- La sauvegarde de justice : mesure temporaire et légère, elle permet à la personne de conserver sa capacité juridique tout en bénéficiant d’une protection ponctuelle (par exemple, annulation d’actes manifestement excessifs).
- La curatelle : la personne sous curatelle est assistée par un curateur pour les actes importants (notamment le divorce). Elle peut exprimer son consentement, mais celui-ci doit être validé par le curateur.
- La tutelle : la personne sous tutelle est représentée par un tuteur pour l’ensemble des actes juridiques. Elle ne peut pas demander ou consentir seule au divorce.
Même en cas de handicap physique lourd (tétraplégie, hospitalisation prolongée), si la personne conserve sa capacité mentale, elle doit personnellement comparaître ou signer la convention. L’avocat peut demander au juge des mesures d’aménagement (audience à domicile, visioconférence), mais le consentement doit être direct.
Si une mesure de protection est nécessaire, il appartient à l’avocat de la personne concernée, à la famille ou au médecin traitant de saisir le juge des tutelles pour qu’une expertise médicale soit ordonnée et qu’un régime de protection adapté soit mis en place avant d’engager la procédure de divorce.
2. Représentation si incapacité : qui peut agir au nom de la personne protégée ?
Lorsqu’une personne sous tutelle ou curatelle souhaite divorcer, ou lorsque son conjoint demande le divorce alors qu’elle est sous protection juridique, la procédure doit respecter des garanties strictes pour éviter tout abus.
Divorce à l’initiative de la personne protégée
Si la personne sous curatelle souhaite divorcer, elle doit être assistée de son curateur pour tous les actes de la procédure. Le choix de l’avocat, la signature de la requête et l’acceptation de la convention de divorce doivent être validés par le curateur.
Si la personne est sous tutelle, c’est le tuteur qui agit en son nom. Le tuteur doit alors obtenir l’autorisation préalable du juge des tutelles ou du conseil de famille (si celui-ci a été constitué) avant d’engager la procédure (article 249 du Code civil).
Si le tuteur est le conjoint lui-même (ce qui est fréquent lorsque la mesure de tutelle a été mise en place avant le divorce), il y a un conflit d’intérêts manifeste. Dans ce cas, le juge des tutelles doit désigner un tuteur ad hoc (spécial pour cette procédure) ou un subrogé tuteur pour représenter la personne protégée lors du divorce.
Divorce à l’initiative du conjoint de la personne protégée
Le conjoint de la personne sous tutelle ou curatelle peut demander le divorce. La personne protégée est alors représentée par son tuteur ou assistée par son curateur dans toute la procédure. Le juge aux affaires familiales (JAF) veille à ce que les intérêts de la personne vulnérable soient préservés, notamment en matière de prestation compensatoire, de partage des biens et de logement.
Un conjoint malintentionné pourrait tenter de divorcer rapidement après un accident ayant entraîné une indemnisation importante, dans le but d’échapper au partage de ce capital ou de se délester de l’obligation de soutien. Le juge et l’avocat de la personne protégée doivent être particulièrement vigilants sur ce point.
Dans certains cas, le JAF peut refuser d’homologuer une convention de divorce s’il estime que celle-ci lèse manifestement la personne en situation de vulnérabilité (article 232 du Code civil). Il peut également ordonner des mesures conservatoires (blocage de comptes, saisie conservatoire sur un bien immobilier) si un risque de dissipation du patrimoine est identifié.
3. Droits renforcés du conjoint malade ou accidenté
Le droit français accorde une protection renforcée au conjoint en situation de handicap ou de maladie grave lors d’un divorce. Ces protections portent principalement sur le logement, la prestation compensatoire et l’obligation de secours.
Le maintien dans le logement familial
Lorsque la personne accidentée ou malade a besoin d’un logement adapté à son handicap (rampe d’accès, ascenseur, proximité d’un centre de soins), le JAF peut décider de lui attribuer la jouissance exclusive du domicile conjugal, même si celui-ci appartient en propre à l’autre époux ou est loué au nom de ce dernier (article 255 du Code civil).
Cette attribution peut être temporaire (durant la procédure) ou définitive (lors du jugement de divorce). Si le logement est un bien commun destiné à être vendu, le juge peut en différer la vente ou attribuer un droit d’usage et d’habitation à la personne handicapée jusqu’à son relogement effectif.
Monsieur P., 54 ans, victime d’un AVC avec hémiparésie, vit dans un appartement de plain-pied adapté à son fauteuil roulant. Son épouse demande le divorce et souhaite vendre le bien (un appartement acquis en commun). Le JAF attribue à Monsieur P. la jouissance du logement pour une durée de 3 ans, le temps qu’il trouve un logement adapté. Madame P. devra attendre l’expiration de ce délai pour vendre le bien, sauf accord amiable de rachat de la part de Monsieur P.
La prestation compensatoire renforcée
La prestation compensatoire vise à compenser la disparité de niveau de vie créée par le divorce (article 270 du Code civil). Lorsque l’un des époux est gravement malade ou handicapé, cette disparité est souvent considérable : la personne atteinte peut ne plus être en mesure de travailler, voir ses revenus chuter brutalement et devoir supporter des frais médicaux importants non pris en charge par la sécurité sociale (aides à domicile, aménagement du logement, matériel médical).
Le juge tient compte de ces éléments pour fixer le montant et la forme de la prestation compensatoire. Il peut notamment accorder une rente viagère (versement mensuel à vie) plutôt qu’un capital en une fois, si la situation de handicap est irréversible et les besoins durables.
Le juge peut refuser d’accorder une prestation compensatoire si l’équité le commande, soit en raison de la durée de la vie commune, soit en raison de la situation de l’époux débiteur. Toutefois, la maladie ou le handicap de l’époux créancier constituent un critère déterminant pour accorder une prestation élevée.
Les critères aggravants pris en compte par le JAF dans ce type de situation incluent :
- L’âge et l’état de santé des époux (article 271 du Code civil)
- La durée du mariage (plus le mariage a duré longtemps, plus la prestation sera importante)
- La qualification professionnelle et les possibilités de retour à l’emploi (souvent nulles après un accident grave)
- Les conséquences des choix professionnels faits pendant la vie commune (par exemple, l’épouse qui a arrêté de travailler pour s’occuper de son mari après l’accident)
- Le patrimoine prévisible après la liquidation du régime matrimonial
- Les droits existants et prévisibles en matière de retraite (souvent réduits en cas d’arrêt de travail prolongé)
D’après les données de la Chancellerie, lorsque l’un des époux est en situation de handicap lourd et sans revenus d’activité, la prestation compensatoire peut atteindre 100 000 à 200 000 € en capital, voire davantage selon le patrimoine du débiteur. Si une rente est accordée, elle peut représenter 500 à 1 500 € par mois à vie.
L’obligation de secours pendant la procédure
Dès l’ordonnance de non-conciliation (ONC) dans un divorce contentieux, ou dès le dépôt de la requête dans un divorce par consentement mutuel judiciaire, le JAF fixe une pension alimentaire provisoire (appelée « devoir de secours ») que l’époux le plus aisé doit verser à l’autre durant toute la procédure.
Si la personne malade ou accidentée a des besoins importants (frais médicaux, aide à domicile, perte de revenus), le montant de cette pension peut être significatif. Le juge tient compte des ressources et des charges de chacun, ainsi que de la situation de dépendance créée par l’accident ou la maladie.
4. Capital d’indemnisation et partage : bien propre ou bien commun ?
Lorsqu’un accident corporel survient pendant le mariage et donne lieu à une indemnisation (assurance, responsabilité civile du tiers responsable, Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires, ONIAM pour les accidents médicaux), la question de la qualification juridique de ce capital est cruciale : s’agit-il d’un bien propre de la victime ou d’un bien commun à partager lors du divorce ?
Principes généraux : le capital d’indemnisation est un bien propre
Selon la jurisprudence constante de la Cour de cassation, le capital versé en réparation d’un préjudice corporel personnel est un bien propre de la victime, même si l’accident a eu lieu sous un régime de communauté (articles 1404 et 1405 du Code civil).
Forment des propres, par leur nature, les vêtements et linges à l’usage personnel de l’un des époux, les actions en réparation d’un dommage corporel ou moral, les créances et pensions incessibles.
Cela signifie que l’indemnisation perçue après un accident de la route, un accident médical, une agression ou une maladie professionnelle n’entre pas dans la communauté. Elle ne doit donc pas être partagée lors du divorce.
Sont concernés :
- Le capital décès (versé aux ayants droit en cas de décès de la victime)
- Le capital invalidité permanente
- Les indemnités pour préjudice fonctionnel (anciennement appelé « déficit fonctionnel permanent »)
- Les indemnités pour préjudice d’agrément (impossibilité de pratiquer une activité de loisir)
- Les indemnités pour souffrances endurées
- Les indemnités pour préjudice esthétique
- Les indemnités pour tierce personne (assistance d’une aide à domicile)
Exception : les pertes de revenus peuvent être communes
En revanche, les indemnités versées en réparation de pertes de gains professionnels passés (salaires perdus pendant l’arrêt de travail) sont considérées comme des revenus du travail et tombent donc dans la communauté si le régime matrimonial est la communauté de biens réduite aux acquêts (article 1401 du Code civil).
Cette distinction est essentielle lors du partage des biens. Le notaire chargé de la liquidation du régime matrimonial devra qualifier chaque poste d’indemnisation pour déterminer ce qui revient en propre à la victime et ce qui doit être partagé.
Si le capital d’indemnisation a été versé sur un compte joint ou investi dans un bien immobilier commun (par exemple, achat d’une maison avec l’indemnité), il peut y avoir confusion de patrimoine. Il est indispensable de conserver les preuves de l’origine des fonds (jugement d’indemnisation, virement bancaire, certificat de dépôt) pour pouvoir revendiquer le caractère propre de ces sommes lors du divorce.
Remploi de l’indemnité : traçabilité indispensable
Si la victime a utilisé son capital d’indemnisation pour acheter un bien (logement adapté, véhicule aménagé), ce bien doit être qualifié de bien propre par remploi (article 1434 du Code civil). Pour cela, il faut que l’acte d’achat mentionne expressément l’origine des fonds et la volonté de remploi.
Si cette mention n’a pas été faite, le bien risque d’être qualifié de bien commun et donc d’être partagé lors du divorce. La victime peut tenter de prouver a posteriori l’origine des fonds (par exemple, en produisant les relevés bancaires montrant le virement de l’indemnité vers le compte du notaire), mais cette preuve est difficile à rapporter.
Madame L., 38 ans, victime d’un accident de la route en 2018, a été indemnisée en 2020 à hauteur de 450 000 € (dont 300 000 € au titre du déficit fonctionnel permanent, 80 000 € pour assistance tierce personne et 70 000 € pour perte de gains professionnels futurs). Elle s’est mariée en 2015 sous le régime de la communauté. En 2023, son époux demande le divorce. Le capital de 450 000 € doit-il être partagé ?
Réponse : les 300 000 € et les 80 000 € (indemnités pour préjudice corporel personnel) sont des biens propres de Madame L. Ils ne doivent pas être partagés. En revanche, les 70 000 € pour perte de gains professionnels passés sont considérés comme des revenus du travail et tombent dans la communauté : ils doivent être partagés. Résultat : Madame L. conserve 380 000 € en propre, et 35 000 € doivent être partagés (soit 17 500 € pour chaque époux).
Rente d’indemnisation et divorce
Certaines indemnisations prennent la forme d’une rente mensuelle versée à vie (notamment par les organismes de sécurité sociale, les mutuelles ou les assureurs). Ces rentes sont également des biens propres et ne peuvent pas être partagées. Toutefois, elles constituent un revenu de la victime, pris en compte pour calculer la pension alimentaire ou la prestation compensatoire.
Ainsi, si la personne accidentée perçoit une rente d’invalidité de 1 200 € par mois, ce montant sera pris en compte dans le calcul des ressources pour fixer le montant de la pension alimentaire versée aux enfants ou la prestation compensatoire due par l’ex-conjoint.
5. Impact sur les prestations sociales et aides liées au handicap
Le divorce a des conséquences directes sur les prestations sociales perçues par la personne en situation de handicap. Plusieurs allocations sont soumises à des conditions de ressources calculées au niveau du foyer, et leur montant peut évoluer après la séparation.
L’Allocation Adulte Handicapé (AAH)
L’AAH est versée par la CAF aux personnes en situation de handicap dont le taux d’incapacité est d’au moins 80 % (ou entre 50 et 79 % sous certaines conditions). Son montant maximum en 2024 est de 1 016 € par mois, mais il est réduit en fonction des ressources du bénéficiaire et de celles de son conjoint.
Lorsqu’un divorce intervient, le mode de calcul de l’AAH change :
- Avant le divorce : les ressources du couple sont prises en compte (salaire du conjoint, revenus du patrimoine commun).
- Après le divorce : seules les ressources de la personne handicapée sont prises en compte.
Si le conjoint avait des revenus élevés, le montant de l’AAH peut augmenter après le divorce, ce qui constitue un effet paradoxal mais fréquent. À l’inverse, si la personne handicapée reçoit une prestation compensatoire importante ou conserve un patrimoine significatif lors du partage, le montant de l’AAH peut diminuer ou être supprimé.
L’AAH est une prestation sociale à caractère alimentaire. Elle ne peut pas être saisie par un créancier (sauf pour dette alimentaire), et elle ne tombe pas dans la communauté. Elle constitue un revenu propre de la personne handicapée.
La Prestation de Compensation du Handicap (PCH)
La PCH est une aide versée par le Conseil départemental pour couvrir les dépenses liées au handicap (aide humaine, aides techniques, aménagement du logement, du véhicule, etc.). Contrairement à l’AAH, la PCH n’est pas soumise à condition de ressources : elle est attribuée en fonction du niveau de handicap et des besoins de la personne, quel que soit son patrimoine ou ses revenus.
Le divorce n’a donc pas d’impact direct sur le montant de la PCH. Toutefois, si la personne handicapée déménage ou voit ses besoins évoluer après la séparation (par exemple, elle doit embaucher une aide à domicile alors que son conjoint s’en chargeait), elle peut demander une réévaluation de son plan de compensation auprès de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées).
L’Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA, ex-minimum vieillesse)
Si la personne handicapée est âgée et perçoit l’ASPA (anciennement appelée minimum vieillesse), le divorce peut également modifier le montant de cette allocation, qui est calculée en fonction des ressources du foyer.
La Couverture Maladie Universelle Complémentaire (CMU-C) et l’Aide à l’acquisition d’une Complémentaire Santé (ACS)
Après un divorce, si la personne handicapée se retrouve avec des revenus très faibles, elle peut bénéficier de la Complémentaire Santé Solidaire (CSS, fusion de la CMU-C et de l’ACS), qui permet de couvrir les frais de santé non pris en charge par la sécurité sociale.
Il est donc essentiel d’anticiper ces changements et de demander conseil à un avocat spécialisé et à un conseiller en gestion de patrimoine pour optimiser la situation fiscale et sociale après le divorce.
6. Ressources et accompagnement spécialisé
Divorcer après un accident grave ou une longue maladie nécessite un accompagnement pluridisciplinaire. Plusieurs acteurs peuvent intervenir pour sécuriser la procédure et protéger la personne vulnérable.
L’avocat spécialisé en droit de la famille et droit des victimes
Le choix de l’avocat est déterminant. Il est recommandé de s’adresser à un professionnel qui cumule une expertise en droit de la famille (procédures de divorce, liquidation du régime matrimonial) et en droit des victimes (indemnisation des préjudices corporels, qualification du capital d’indemnisation).
L’avocat pourra notamment :
- Vérifier que la personne protégée est bien représentée ou assistée si nécessaire
- Négocier une prestation compensatoire adaptée à la situation de handicap
- S’assurer que le capital d’indemnisation reste bien un bien propre
- Demander des mesures conservatoires si l’autre conjoint tente de dilapider le patrimoine
- Solliciter l’aide juridictionnelle si la personne handicapée dispose de faibles ressources
Les personnes en situation de handicap peuvent bénéficier de l’aide juridictionnelle (prise en charge totale ou partielle des frais d’avocat) si leurs ressources sont inférieures à un certain plafond. L’AAH et la PCH ne sont pas prises en compte dans le calcul des ressources pour l’attribution de l’aide juridictionnelle.
Le conseiller en gestion de patrimoine spécialisé
Un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) spécialisé dans l’accompagnement des victimes d’accidents corporels peut intervenir en complément de l’avocat pour :
- Optimiser la gestion du capital d’indemnisation (placement sécurisé, rente structurée, assurance-vie adaptée)
- Anticiper les conséquences fiscales du divorce (impôt sur la fortune immobilière, plus-values immobilières)
- Préparer la reconstruction patrimoniale après le divorce (achat d’un logement adapté, constitution d’une épargne de précaution, transmission du patrimoine aux enfants)
- Coordonner avec l’avocat pour éviter les pièges du partage (remploi non déclaré, confusion de patrimoine)
aide-divorce.fr propose un accompagnement patrimonial spécialisé pour les personnes en situation de handicap ou de maladie grave, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF).
La MDPH et les services sociaux
La Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) est l’interlocuteur principal pour toutes les questions relatives aux aides et prestations liées au handicap. Après un divorce, il est recommandé de prendre rendez-vous avec un référent MDPH pour :
- Réévaluer le plan de compensation (PCH)
- Demander la révision de l’AAH si les ressources ont changé
- Solliciter une aide au logement ou un accompagnement social si nécessaire
Les associations de victimes
Plusieurs associations spécialisées peuvent apporter un soutien juridique, psychologique et pratique aux personnes qui divorcent après un accident ou une maladie :
- FNATH (Association des Accidentés de la Vie) : conseils juridiques, accompagnement dans les démarches d’indemnisation et de divorce
- France Victimes : réseau d’associations qui accompagnent les victimes d’accidents et de violences
- APF France Handicap : accompagnement des personnes en situation de handicap moteur et de leurs aidants
- Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), partenaire de aide-divorce.fr
– La capacité juridique à divorcer doit être vérifiée si la personne a subi une atteinte cognitive
– Une mesure de protection (curatelle, tutelle) peut être nécessaire pour sécuriser la procédure
– Le capital d’indemnisation d’un accident corporel est un bien propre, pas un bien commun à partager
– La prestation compensatoire peut être renforcée en cas de handicap ou de maladie grave
– Le divorce peut modifier le montant des prestations sociales (AAH, ASPA)
– Un accompagnement juridique ET patrimonial est indispensable pour protéger la personne vulnérable
Un divorce entraîne des conséquences patrimoniales importantes, d’autant plus lorsqu’il fait suite à un accident grave ou une longue maladie. Nos conseillers en gestion de patrimoine spécialisés vous accompagnent pour protéger et reconstruire votre situation financière, en lien avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF).
Foire aux questions (FAQ)
Questions fréquentes
Peut-on divorcer si l'un des époux est sous tutelle ?
Oui, le divorce est possible même si l’un des époux est sous tutelle. Cependant, la personne sous tutelle ne peut pas divorcer seule : c’est le tuteur qui agit en son nom, avec l’autorisation préalable du juge des tutelles ou du conseil de famille (article 249 du Code civil). Si le tuteur est le conjoint lui-même, un tuteur ad hoc sera désigné pour éviter tout conflit d’intérêts.
Le capital d'indemnisation reçu après un accident de la route doit-il être partagé lors du divorce ?
Non, le capital versé en réparation d’un préjudice corporel personnel (déficit fonctionnel, préjudice esthétique, souffrances endurées, assistance tierce personne) est un bien propre de la victime. Il ne tombe pas dans la communauté et ne doit pas être partagé lors du divorce. En revanche, les indemnités pour perte de gains professionnels passés peuvent être considérées comme des revenus du travail et donc des biens communs.
Le divorce peut-il faire augmenter le montant de l'Allocation Adulte Handicapé (AAH) ?
Oui, c’est possible. L’AAH est calculée en fonction des ressources du foyer. Si le conjoint avait des revenus élevés, le montant de l’AAH pouvait être réduit ou supprimé pendant le mariage. Après le divorce, seules les ressources de la personne handicapée sont prises en compte, ce qui peut entraîner une augmentation de l’AAH. À l’inverse, si la personne reçoit une prestation compensatoire importante ou conserve un patrimoine conséquent, l’AAH peut diminuer.
La prestation compensatoire est-elle plus élevée si l'un des époux est en situation de handicap ?
Oui, la situation de handicap ou de maladie grave est un critère déterminant pour le calcul de la prestation compensatoire. Le juge aux affaires familiales tient compte de l’état de santé, de l’impossibilité de retourner à l’emploi, des frais médicaux et de l’espérance de vie pour fixer le montant. Dans certains cas, une rente viagère peut être accordée à la place d’un capital, afin de garantir des revenus réguliers à vie.
Que se passe-t-il si le capital d'indemnisation a été versé sur un compte joint ou utilisé pour acheter un bien commun ?
Si le capital d’indemnisation a été mélangé avec des biens communs (versement sur un compte joint, achat d’un bien immobilier sans mention de remploi), il peut y avoir confusion de patrimoine. Dans ce cas, il est indispensable de prouver l’origine des fonds (jugement d’indemnisation, relevés bancaires) pour revendiquer le caractère propre de ces sommes lors du divorce. L’absence de traçabilité peut entraîner un partage du capital, ce qui serait injuste pour la victime.
Peut-on se faire aider financièrement pour payer l'avocat lors d'un divorce après un accident ?
Oui, les personnes en situation de handicap ou de faibles ressources peuvent demander l’aide juridictionnelle, qui prend en charge tout ou partie des frais d’avocat. L’Allocation Adulte Handicapé (AAH) et la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) ne sont pas prises en compte dans le calcul des ressources pour l’attribution de cette aide. Il est également possible de solliciter un accompagnement auprès d’associations spécialisées comme la FNATH ou France Victimes.
Témoignages
— Stéphane, 42 ans, divorcé après un accident de motoFranchement j’aurais jamais pensé que le divorce serait encore plus compliqué que l’accident lui-même. Mon ex voulait que l’indemnisation de 380 000 € soit partagée en deux, elle disait que c’était un bien commun vu qu’on était mariés. Heureusement que j’ai lu l’article sur aide-divorce.fr, j’ai compris que c’était un bien propre. Mon avocat a fait bloquer la procédure et on a pu prouver que c’était une indemnisation pour préjudice corporel. Au final j’ai gardé tout le capital, elle a eu la maison en échange
— Nathalie, 51 ans, divorcée après un AVCHonnêtement c’était l’enfer. Mon mari demandait le divorce juste après mon AVC, j’étais encore en rééducation, je pouvais à peine parler. Le juge a nommé un curateur pour m’aider et mon avocate a demandé une expertise pour prouver que je pouvais pas travailler. Résultat : mon ex doit me verser 1 200 € par mois de prestation compensatoire à vie + 800 € de pension alimentaire pour notre fille. Bon c’est pas la joie mais au moins je suis pas à la rue
— Marc, 58 ans, père de 3 enfants, divorcé après une sclérose en plaquesMoi ce qui m’a choqué c’est qu’au début mon AAH était bloquée parce que ma femme gagnait bien sa vie. Quand elle a demandé le divorce j’ai cru que j’allais me retrouver sans rien. En fait c’est l’inverse : maintenant que je suis seul l’AAH est calculée uniquement sur mes ressources donc je touche le maximum (1 016 € par mois). Avec la prestation compensatoire que le juge a fixée à 180 000 € en capital j’ai pu acheter un petit appartement adapté à mon fauteuil. Le site aide-divorce.fr m’a vraiment aidé à comprendre tout ça avant d’aller voir l’avocat



