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Non-représentation d’enfant : définition, sanctions et recours en cas de refus

Lorsque le droit de visite et d’hébergement fixé par le juge aux affaires familiales n’est pas respecté, le parent lésé se retrouve privé du contact avec son enfant. Cette situation, aussi douloureuse qu’illégale, constitue le délit de non-représentation d’enfant prévu et puni par le Code pénal. Il s’agit d’une atteinte grave aux droits parentaux qui peut entraîner des sanctions pénales lourdes, mais aussi justifier une révision des modalités d’exercice de l’autorité parentale.

Que le divorce soit prononcé, en cours (instance de divorce) ou même lors d’une séparation de parents non mariés, le refus de remettre l’enfant au parent titulaire d’un droit de visite expose à des poursuites judiciaires. Ce guide détaille les fondements juridiques du délit, les recours possibles (plainte pénale, saisine du JAF), les sanctions encourues et les stratégies pour faire respecter ses droits parentaux, tout en préservant l’intérêt supérieur de l’enfant.

⚠️ Agir rapidement en cas de refus répété

La non-représentation d’enfant constitue un délit pénal dès le premier refus. Cependant, les autorités seront d’autant plus réactives si la personne lésée documente chaque refus (constat d’huissier, témoignages, messages écrits du parent défaillant). Ne pas laisser s’installer une situation de fait : chaque refus doit faire l’objet d’une action (main courante, plainte, saisine du JAF).

Définition juridique de la non-représentation d’enfant

L’article 227-5 du Code pénal définit le délit de non-représentation d’enfant comme « le fait de refuser indûment de représenter un enfant mineur à la personne qui a le droit de le réclamer ». Ce texte protège le droit du parent non gardien à maintenir un lien concret avec son enfant, conformément à la décision de justice fixant les modalités d’exercice de l’autorité parentale.

Association aide divorce

Le délit est constitué dès lors que trois conditions sont réunies :

  • Un droit de visite et d’hébergement fixé par une décision de justice (jugement de divorce, ordonnance du juge aux affaires familiales, décision du juge aux affaires familiales même en l’absence de procédure de divorce)
  • Un refus de remettre l’enfant au parent titulaire de ce droit, sans motif légitime
  • Le caractère indu du refus : aucune justification valable (danger immédiat pour l’enfant, décision médicale urgente, etc.)
⚖️ Article 227-5 du Code pénal

« Le fait de refuser indûment de représenter un enfant mineur à la personne qui a le droit de le réclamer est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. »

Le délit s’applique aussi bien à la mère qu’au père, et concerne toutes les situations où un parent refuse de remettre l’enfant à l’autre parent : changement de weekend, départ en vacances, fin de garde, déménagement sans information, etc. Il ne nécessite pas de violence physique ni de dissimulation de l’enfant : le simple refus suffit.

Non-représentation et résidence alternée

Le délit s’applique également en cas de résidence alternée : si l’un des parents refuse de remettre l’enfant au terme de sa période de garde, il commet le délit de non-représentation, même si l’enfant réside chez lui la moitié du temps.

Différence avec l’enlèvement parental

La non-représentation d’enfant se distingue de l’enlèvement d’enfant (article 227-7 du Code pénal) par l’absence de déplacement ou de rétention de l’enfant dans un lieu secret. Dans la non-représentation, le parent défaillant se contente de refuser de remettre l’enfant, mais l’enfant reste généralement au domicile habituel. L’enlèvement parental implique une soustraction active de l’enfant à l’autorité parentale (fuite, dissimulation, parfois passage de frontière).

Les deux délits sont néanmoins punis de sanctions pénales similaires, et peuvent se cumuler si le parent fautif refuse d’abord de remettre l’enfant puis le dissimule ou change de domicile sans en informer le juge.

Sanctions encourues en cas de non-représentation d’enfant

Le Code pénal prévoit des sanctions lourdes pour le parent qui se rend coupable de non-représentation d’enfant, afin de garantir l’effectivité des décisions de justice en matière familiale.

Peines principales

L’article 227-5 du Code pénal punit le délit de non-représentation d’enfant de :

  • Un an d’emprisonnement
  • 15 000 euros d’amende

Ces peines peuvent être prononcées cumulativement. Dans la pratique, les tribunaux correctionnels privilégient souvent les peines avec sursis, surtout lors d’une première condamnation, mais la récidive ou l’obstruction prolongée peuvent conduire à des peines d’emprisonnement ferme.

📊 Durée moyenne des procédures pénales

Selon les statistiques du ministère de la Justice, une procédure de dépôt de plainte pour non-représentation d’enfant aboutit en moyenne à une réponse du Parquet dans un délai de 3 à 6 mois. En cas de citation directe devant le tribunal correctionnel, l’audience peut avoir lieu sous 2 à 4 mois.

Peines complémentaires

L’article 227-29 du Code pénal prévoit également des peines complémentaires qui peuvent être prononcées en plus de la peine principale :

  • Suspension ou retrait du droit de visite et d’hébergement du parent condamné
  • Retrait total ou partiel de l’autorité parentale (mesure exceptionnelle, réservée aux situations les plus graves)
  • Interdiction de paraître au domicile de la victime
  • Interdiction d’entrer en contact avec l’autre parent

Ces peines complémentaires visent à protéger l’enfant et le parent victime, mais aussi à dissuader le parent fautif de recommencer. Elles peuvent être prononcées même en cas de sursis sur la peine principale.

⚠️ Récidive et aggravation des peines

En cas de récidive (nouvelle infraction de non-représentation dans les 5 ans suivant une première condamnation définitive), les peines peuvent être portées à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende (article 132-10 du Code pénal). Les juges sont alors beaucoup moins cléments et privilégient les peines fermes.

Recours possibles en cas de non-représentation d’enfant

Le parent victime de non-représentation d’enfant dispose de plusieurs voies de recours pour faire cesser la situation et obtenir réparation. Il est souvent recommandé de cumuler les démarches pénales et civiles pour maximiser les chances d’obtenir un résultat rapide.

Questions de procédure de divorce

Plainte pénale au commissariat ou à la gendarmerie

La première démarche consiste à déposer une plainte au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie. Cette plainte doit être déposée dès le premier refus de remise de l’enfant, et peut être renouvelée à chaque nouvel incident.

La plainte est ensuite transmise au Procureur de la République, qui décide des suites à donner :

  • Classement sans suite si les faits ne sont pas suffisamment établis ou si le Parquet estime qu’une médiation familiale est plus appropriée
  • Médiation pénale : le Procureur peut proposer une mesure alternative aux poursuites (médiation familiale, rappel à la loi, stage de responsabilité parentale)
  • Poursuites pénales devant le tribunal correctionnel : le parent fautif est convoqué devant le juge pénal et risque les sanctions décrites ci-dessus
Main courante ou dépôt de plainte ?

La main courante n’a qu’une valeur de déclaration : elle permet de dater les faits, mais n’engage pas de poursuites. Pour que le Procureur puisse agir, il faut déposer plainte (et non une simple main courante). La police ou la gendarmerie ne peut pas refuser d’enregistrer une plainte.

Citation directe devant le tribunal correctionnel

Si le Parquet classe la plainte sans suite ou tarde à réagir, le parent victime peut saisir directement le tribunal correctionnel par voie de citation directe. Cette procédure permet de convoquer le parent défaillant devant le juge pénal sans passer par le Procureur de la République.

La citation directe nécessite l’assistance d’un avocat et le paiement d’une consignation (somme versée au greffe du tribunal, remboursée si la condamnation est prononcée). Elle a pour avantage de fixer rapidement une date d’audience et de montrer au parent fautif la détermination du parent lésé à faire respecter ses droits.

Saisine du juge aux affaires familiales (recours civil)

Parallèlement à la plainte pénale, le parent victime peut saisir le juge aux affaires familiales pour demander :

  • La modification des modalités de résidence de l’enfant : si le parent gardien refuse systématiquement de remettre l’enfant, le JAF peut décider de confier la résidence principale à l’autre parent
  • La suspension ou la limitation du droit de visite du parent défaillant
  • L’instauration d’une résidence alternée ou d’un droit de visite élargi au profit du parent lésé
  • L’organisation des remises d’enfant dans un lieu neutre (point-rencontre, commissariat, présence d’un tiers) pour éviter les conflits

Cette saisine se fait par requête (formulaire Cerfa n°11530*10), accompagnée des pièces justificatives (jugement de divorce, preuves des refus de remise, plaintes déposées, témoignages, messages écrits, etc.).

⚖️ Article 373-2-13 du Code civil

« Le juge aux affaires familiales peut, à tout moment, à la demande d’un parent ou du ministère public, modifier les modalités d’exercice de l’autorité parentale et fixer les modalités de résidence de l’enfant, en tenant compte de l’intérêt de celui-ci. »

Constat d’huissier

Pour étayer la plainte et la requête au JAF, il est fortement conseillé de faire établir un constat d’huissier à chaque refus de remise de l’enfant. L’huissier de justice se déplace au domicile du parent défaillant à l’heure prévue pour la remise de l’enfant, constate l’absence ou le refus, et dresse un procès-verbal ayant valeur de preuve devant les tribunaux.

Le coût d’un constat d’huissier pour non-représentation d’enfant est d’environ 100 à 150 euros, mais cette dépense est souvent déterminante pour prouver la matérialité des faits et obtenir gain de cause.

💡 Cas pratique : non-représentation lors de l'échange de weekend

Paul et Aurélie sont divorcés. Le jugement prévoit que Paul exerce un droit de visite chez Aurélie tous les vendredis à 18h. Le 15 janvier, Paul se présente au domicile d’Aurélie à 18h : elle refuse d’ouvrir et lui répond par SMS « Les enfants ne veulent pas venir, tant pis pour toi ». Paul fait immédiatement établir un constat d’huissier (120 euros), dépose plainte le samedi matin, et saisit le JAF dans les jours suivants. Le Procureur propose une médiation pénale, qu’Aurélie refuse. Paul engage alors une citation directe. Le tribunal correctionnel condamne Aurélie à 6 mois d’emprisonnement avec sursis et 1 000 euros d’amende. Le JAF modifie ensuite la garde en instaurant une résidence alternée.

Cas particulier : l’enfant refuse de partir

Une situation fréquente et délicate est celle où l’enfant lui-même, souvent sous l’influence du parent gardien, refuse de partir chez l’autre parent. La question se pose alors : le parent gardien est-il responsable de ce refus ?

La jurisprudence est claire : le parent chez qui réside l’enfant a l’obligation de tout mettre en œuvre pour que l’enfant respecte la décision du juge. Si l’enfant refuse, le parent gardien doit tenter de le convaincre, éventuellement avec l’aide d’un psychologue, d’un médiateur familial ou d’un tiers de confiance. Le simple fait de « laisser faire » l’enfant constitue une forme de non-représentation passive.

⚠️ Syndrome d'aliénation parentale et refus de l'enfant

Lorsque le refus de l’enfant résulte d’un syndrome d’aliénation parentale (dénigrement systématique de l’autre parent, manipulation affective, pression psychologique), les juges sont de plus en plus vigilants. Une expertise psychologique peut être ordonnée pour évaluer si le parent gardien influence négativement l’enfant. Dans les cas les plus graves, le JAF peut inverser la résidence de l’enfant.

Réponse du Parquet en cas de refus de l’enfant adolescent

Les Procureurs de la République sont parfois réticents à poursuivre lorsque l’enfant, notamment adolescent (12-14 ans ou plus), exprime clairement son refus de voir l’autre parent. Certains Parquets classent sans suite en invoquant « la volonté de l’enfant », estimant qu’il serait disproportionné de condamner le parent gardien.

Toutefois, cette position est contestable sur le plan juridique : la décision du JAF s’impose à tous, y compris à l’enfant. Le refus de l’enfant ne constitue pas un motif légitime de non-représentation, sauf si l’enfant invoque des faits de violence ou de maltraitance avérés (dans ce cas, le parent gardien doit immédiatement saisir le JAF et le Procureur pour demander la suspension du droit de visite).

Le parent lésé peut contester le classement sans suite en saisissant le Procureur général près la Cour d’appel ou en engageant une citation directe pour que le tribunal correctionnel statue sur le fond.

Stratégies pour prévenir et résoudre la non-représentation d’enfant

Au-delà des recours judiciaires, plusieurs démarches peuvent contribuer à désamorcer les conflits et à rétablir le respect du droit de visite et d’hébergement.

Médiation familiale

La médiation familiale est souvent proposée par le Parquet ou le JAF en cas de conflit parental persistant. Elle permet de restaurer le dialogue, de clarifier les attentes de chacun et de trouver des solutions concrètes pour les échanges d’enfant (horaires, lieux, présence d’un tiers, etc.).

La médiation peut être ordonnée par le juge (médiation judiciaire) ou engagée à l’initiative des parents (médiation conventionnelle). Elle est prise en charge par l’aide juridictionnelle si les ressources du parent le justifient.

Psychologue ou thérapeute familial

Si le refus de l’enfant semble sincère et non manipulé, un accompagnement psychologique peut aider l’enfant à exprimer ses difficultés et à renouer progressivement le lien avec le parent non gardien. Le JAF peut ordonner une thérapie familiale ou un suivi par un psychologue spécialisé en problématiques de divorce.

Aménagement des modalités d’exercice du droit de visite

Dans certains cas, le JAF peut proposer un droit de visite progressif pour permettre à l’enfant de renouer le lien : visites courtes en journée, puis weekends complets, puis vacances. Cette progressivité peut rassurer l’enfant et le parent gardien.

Le JAF peut aussi imposer un lieu neutre pour les échanges (point-rencontre, locaux d’une association spécialisée, commissariat) pour éviter les tensions au moment de la remise de l’enfant.

Points-rencontre pour l'exercice du droit de visite

Les espaces rencontre sont des lieux neutres encadrés par des professionnels (éducateurs, psychologues) où le parent non gardien peut voir son enfant en toute sécurité. Ils sont recommandés en cas de conflit aigu, de violence conjugale passée, ou lorsque le parent gardien refuse systématiquement de remettre l’enfant. Le JAF peut en imposer l’utilisation à titre temporaire ou durable.

Enjeux patrimoniaux et financiers liés à la non-représentation d’enfant

La non-représentation d’enfant a des conséquences qui dépassent le cadre pénal et familial : elle peut impacter la situation patrimoniale et fiscale du parent lésé, notamment en matière de pension alimentaire et de fiscalité.

Non-versement de la pension alimentaire en cas de non-représentation

Certains parents privés de leur droit de visite sont tentés de suspendre le versement de la pension alimentaire en représailles. Cette pratique est illégale et expose à des poursuites pénales pour abandon de famille (article 227-3 du Code pénal, puni de 2 ans d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende).

Le versement de la pension alimentaire est une obligation légale distincte du droit de visite : même si le parent gardien ne respecte pas le droit de visite, le parent débiteur doit continuer à verser la pension. Le non-respect du droit de visite peut en revanche justifier une demande de révision à la baisse de la pension devant le JAF, voire une demande de changement de résidence de l’enfant.

⚠️ Ne jamais suspendre la pension alimentaire

Même en cas de non-représentation répétée, le parent débiteur de la pension alimentaire doit continuer à la verser. Toute suspension unilatérale constitue le délit d’abandon de famille. La seule voie légale pour réduire ou supprimer la pension est de saisir le JAF, en justifiant du changement de situation (résidence alternée, inversement de garde, etc.).

Impact fiscal : quotient familial et avantages

Le parent privé de son droit de visite peut perdre certains avantages fiscaux, notamment si le juge révise les modalités d’exercice de l’autorité parentale au profit de l’autre parent. Par exemple, en cas de résidence alternée, chaque parent peut bénéficier d’une majoration de quotient familial (0,25 part par enfant) ; mais si la résidence est confiée exclusivement à l’un des parents, ce dernier bénéficie de la totalité de la part fiscale.

Il est donc important, en parallèle de la procédure pénale, de saisir le JAF pour demander une révision des modalités de résidence de l’enfant et préserver ses droits fiscaux.

Accompagnement par un conseiller en gestion de patrimoine (CGP)

Lorsque la non-représentation d’enfant s’inscrit dans un contexte de divorce conflictuel, il est fortement recommandé de consulter un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) spécialisé en droit de la famille. Ce professionnel peut aider à :

  • Évaluer l’impact financier du changement de résidence de l’enfant (pension alimentaire, fiscalité, prestations sociales CAF)
  • Optimiser la situation patrimoniale en cas de révision de la convention de divorce ou du jugement de garde
  • Anticiper les conséquences fiscales d’un inversement de garde ou d’une instauration de résidence alternée
  • Préparer un dossier solide pour le JAF en apportant des éléments financiers chiffrés
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Non-représentation d’enfant et situations spécifiques

Déménagement sans information du JAF

Un déménagement du parent gardien à plusieurs centaines de kilomètres, sans en informer le juge ni l’autre parent, constitue souvent une forme aggravée de non-représentation d’enfant. Le parent qui déménage a l’obligation légale d’informer l’autre parent et le JAF au moins un mois avant le déménagement (article 373-2 du Code civil).

En cas de déménagement non autorisé, le parent lésé peut :

  • Déposer plainte pour non-représentation d’enfant
  • Saisir le JAF en urgence pour demander la suspension du déménagement ou le retour de l’enfant
  • Demander un référé pour obtenir une ordonnance provisoire avant l’audience au fond
💡 Cas pratique : déménagement non déclaré et non-représentation

Sophie, divorcée, exerce la résidence principale de sa fille Léa (8 ans). Son ex-conjoint Julien a un droit de visite un weekend sur deux. En juillet, Sophie déménage à 300 km sans en informer Julien ni le JAF. Julien se présente au domicile habituel le vendredi soir : personne. Il dépose plainte pour non-représentation d’enfant, fait établir un constat d’huissier, et saisit le JAF en référé. Le juge ordonne à Sophie de fournir immédiatement sa nouvelle adresse et de remettre Léa à Julien pour le weekend prévu. Sophie est convoquée devant le tribunal correctionnel et condamnée à 4 000 euros d’amende. Le JAF modifie ensuite la garde en accordant une résidence alternée, compte tenu du comportement de Sophie.

Non-représentation pendant les vacances scolaires

Les périodes de vacances scolaires sont souvent des moments de tension : le parent gardien peut refuser de remettre l’enfant pour les vacances, invoquant des projets de vacances en famille ou l’inscription à un stage sportif sans consulter l’autre parent.

Le jugement de divorce ou l’ordonnance du JAF précise généralement la répartition des vacances (par exemple, moitié des vacances scolaires, alternance Noël/Pâques, etc.). Tout refus de respecter cette répartition constitue le délit de non-représentation, même si l’enfant a déjà des « projets ».

Le parent lésé doit réagir rapidement : déposer plainte, faire constater le refus par huissier, et saisir le JAF en référé pour obtenir une ordonnance de remise immédiate de l’enfant.

Rôle des forces de l’ordre en cas de non-représentation d’enfant

La police et la gendarmerie sont souvent sollicitées en cas de non-représentation d’enfant, mais leur pouvoir d’action est limité. Elles peuvent :

  • Enregistrer une plainte et la transmettre au Parquet
  • Établir une main courante pour dater les faits
  • Tenter une médiation téléphonique avec le parent défaillant pour l’inciter à respecter la décision de justice

En revanche, les forces de l’ordre ne peuvent pas contraindre physiquement le parent gardien à remettre l’enfant, sauf sur réquisition du Parquet ou mandat du juge. Si la police se rend au domicile et constate le refus, elle en dresse un procès-verbal qui constitue une preuve pour la procédure judiciaire.

Appeler le 17 en cas de refus de remise

Si le parent gardien refuse de remettre l’enfant au moment prévu, le parent lésé peut appeler le 17 (police secours) ou se présenter directement au commissariat. Les forces de l’ordre peuvent tenter une médiation immédiate par téléphone ou se déplacer pour constater le refus. Même si elles ne peuvent pas forcer la remise, leur intervention constitue une preuve utile pour la plainte et la saisine du JAF.

Conclusion : agir vite et avec méthode

La non-représentation d’enfant est un délit grave qui prive le parent lésé d’un lien essentiel avec son enfant et bafoue les décisions de justice. Il ne faut jamais laisser s’installer une situation de fait : chaque refus doit faire l’objet d’une action documentée (constat d’huissier, plainte, saisine du JAF).

Le cumul des recours pénaux (plainte, citation directe) et civils (saisine du JAF pour révision de la garde) est souvent la stratégie la plus efficace pour obtenir rapidement un retour à la normale. La médiation familiale et l’accompagnement psychologique peuvent également contribuer à désamorcer le conflit, surtout lorsque le refus de l’enfant semble sincère.

Enfin, il est essentiel de ne jamais suspendre le versement de la pension alimentaire en représailles : cette pratique expose à des poursuites pénales et fragilise la position du parent lésé devant le juge. Toute révision de la pension doit passer par une saisine du juge aux affaires familiales.

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Foire aux questions (FAQ)

Questions fréquentes


La non-représentation d'enfant est-elle un délit dès le premier refus ?

Oui, le délit de non-représentation d’enfant est constitué dès le premier refus indu de remettre l’enfant au parent titulaire du droit de visite et d’hébergement. Chaque refus peut donner lieu à une plainte pénale distincte et à des poursuites devant le tribunal correctionnel.

Que faire si la police refuse d'enregistrer ma plainte pour non-représentation d'enfant ?

La police ou la gendarmerie n’a pas le droit de refuser d’enregistrer une plainte. Si un agent refuse, la personne lésée peut demander à parler au responsable du service, ou se rendre directement au tribunal de proximité pour déposer plainte auprès du Parquet. Il est également possible d’envoyer une plainte par courrier au Procureur de la République du tribunal judiciaire compétent.

Mon enfant refuse de venir chez moi : suis-je quand même victime de non-représentation ?

Oui, le refus de l’enfant ne constitue pas un motif légitime de non-représentation, sauf si l’enfant invoque des faits de violence ou de maltraitance avérés. Le parent chez qui réside l’enfant a l’obligation légale de tout mettre en œuvre pour que l’enfant respecte la décision du juge. En cas de refus persistant, le JAF peut ordonner une expertise psychologique pour évaluer l’influence du parent gardien et, si nécessaire, modifier la garde de l’enfant.

Puis-je arrêter de payer la pension alimentaire si mon ex-conjoint ne me rend pas les enfants ?

Non, la suspension du versement de la pension alimentaire constitue le délit d’abandon de famille (article 227-3 du Code pénal), puni de 2 ans d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Le versement de la pension est une obligation légale distincte du droit de visite. La seule voie légale pour réduire ou supprimer la pension est de saisir le JAF, en justifiant du changement de situation (résidence alternée, inversement de garde, non-représentation répétée).

Combien coûte un constat d'huissier pour prouver la non-représentation d'enfant ?

Le coût d’un constat d’huissier pour non-représentation d’enfant est généralement compris entre 100 et 150 euros. Cette dépense est souvent déterminante pour prouver la matérialité des faits devant le tribunal correctionnel et le juge aux affaires familiales. Certains huissiers acceptent un paiement différé ou proposent des facilités de paiement.

Combien de temps faut-il pour obtenir une condamnation pénale en cas de non-représentation d'enfant ?

Le délai moyen entre le dépôt de plainte et la réponse du Parquet est de 3 à 6 mois. En cas de classement sans suite, la personne lésée peut engager une citation directe devant le tribunal correctionnel : l’audience aura lieu sous 2 à 4 mois. En parallèle, la saisine du JAF peut aboutir à une audience sous 2 à 6 mois selon l’encombrement du tribunal. Les deux procédures (pénale et civile) peuvent être menées simultanément.


Témoignages

Franchement c’était l’enfer. Mon ex refuse de me donner les enfants depuis janvier dernier, elle dit qu’ils veulent pas venir mais bon c’est elle qui leur met ça dans la tête. J’ai fait trois plaintes, à chaque fois classement sans suite, le parquet me dit « on peut pas forcer un ado de 13 ans »… j’ai fini par payer un huissier à chaque fois qu’elle refuse, ça commence à faire cher mais au moins j’ai les preuves. Mon avocat a saisi le JAF et on attend l’audience. Sur aide-divorce.fr j’ai trouvé un modèle de requête et les articles de loi à citer, ça m’a bien aidé pour préparer le dossier.

— Julien, 38 ans, divorcé, père de deux enfants

Bon moi c’est l’inverse, mon ex vient pas chercher la petite le vendredi soir alors que c’est dans le jugement. Du coup elle attend devant la porte avec son sac, elle pleure, c’est horrible. J’ai appelé les gendarmes ils sont venus une fois ils ont essayé de le joindre mais il répond pas. J’ai déposé plainte, on verra ce que ça donne. La CAF m’a dit que je peux demander la CESU si il paie pas la pension, mais là c’est même pas ça, il vient juste pas la chercher.

— Sophie, 42 ans, maman d'une fille de 8 ans

Honnêtement je savais même pas que c’était un délit pénal. Mon avocat m’en avait parlé vite fait mais j’avais pas compris que je pouvais porter plainte direct au commissariat. J’ai découvert le site aide-divorce.fr par hasard en cherchant sur Google, l’article sur la non-représentation d’enfant explique bien les démarches, les délais, les sanctions. Maintenant je sais ce que je risque si je fais pareil, et surtout je sais comment me défendre si mon ex recommence à bloquer les weekends avec ma fille.

— Marc, 50 ans, en instance de divorce