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Le droit de l’enfant d’être entendu par le juge aux affaires familiales

Lors d’une séparation ou d’un divorce, les enfants voient leur quotidien bouleversé. Résidence, organisation de la vie familiale, relations avec chaque parent : autant de décisions qui les concernent directement. Pourtant, la parole de l’enfant est souvent oubliée ou minimisée dans le tumulte de la procédure. Le législateur a heureusement reconnu un droit fondamental : celui d’être entendu par le juge aux affaires familiales (JAF) lorsque la maturité de l’enfant le permet.

Ce droit d’audition, prévu par l’article 388-1 du Code civil, offre à l’enfant un espace pour exprimer son ressenti, ses souhaits et ses préoccupations. Mais comment cette audition se déroule-t-elle concrètement ? À partir de quel âge un enfant peut-il être entendu ? Doit-il être accompagné d’un avocat ? Le juge est-il tenu de suivre l’avis exprimé par l’enfant ? Cette page apporte des réponses claires et complètes à toutes ces questions, en s’appuyant sur les textes de loi et la pratique des tribunaux.

Qu’est-ce que le droit de l’enfant d’être entendu par le juge ?

Le droit de l’enfant d’être entendu par le juge est une garantie légale inscrite dans le Code civil. Il permet à tout enfant capable de discernement de demander à être reçu par le juge aux affaires familiales dans toute procédure le concernant, notamment en cas de divorce, séparation ou modification des modalités de garde.

L’objectif de cette audition n’est pas de faire trancher l’enfant entre ses parents, mais de lui permettre d’exprimer librement son point de vue, ses attentes et ses craintes. Le juge prend en compte cet avis sans être lié par celui-ci : il statue toujours dans l’intérêt supérieur de l’enfant, qui ne se confond pas nécessairement avec le souhait exprimé.

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⚖️ Article 388-1 du Code civil

Dans toute procédure le concernant, le mineur capable de discernement peut, sans préjudice des dispositions prévoyant son intervention ou son consentement, être entendu par le juge ou, lorsque son intérêt le commande, par la personne désignée par le juge à cet effet.

Un droit, pas une obligation

L’enfant n’est jamais obligé d’être entendu. Il peut refuser cette audition s’il ne se sent pas prêt ou s’il n’en voit pas l’utilité. Le juge peut également refuser l’audition si l’âge ou la maturité de l’enfant ne le permettent pas, ou si l’intérêt de l’enfant commande de ne pas l’entendre (pour le protéger d’un conflit parental trop violent, par exemple).

À partir de quel âge un enfant peut-il être entendu par le juge ?

La loi ne fixe aucun âge minimum. Seule la notion de « discernement » compte. Le discernement se définit comme la capacité de l’enfant à comprendre la situation, à former un avis personnel et à l’exprimer de manière cohérente. Cette appréciation relève du pouvoir souverain du juge.

En pratique, les juges aux affaires familiales entendent généralement des enfants à partir de 6 ou 7 ans, si ceux-ci en font la demande ou si leur audition apparaît nécessaire. Certains tribunaux acceptent d’entendre des enfants plus jeunes, notamment dans des situations de conflit parental intense où l’enfant souffre manifestement.

💡 Cas pratique : enfant de 8 ans et déménagement

Lucas, 8 ans, vit chez sa mère qui souhaite déménager à 300 km pour des raisons professionnelles. Le père s’oppose à ce déménagement. Le juge convoque Lucas en audition. L’enfant explique qu’il aime beaucoup son école actuelle et qu’il souhaite voir son père régulièrement. Le juge décide de refuser le déménagement, estimant que l’éloignement géographique serait contraire à l’intérêt de l’enfant et que celui-ci a exprimé un avis clair et cohérent.

Passé 12-13 ans, l’avis de l’enfant est pris très au sérieux par les magistrats, sans pour autant lier leur décision. À partir de cet âge, la personnalité et les préférences de l’enfant jouent un rôle croissant dans les décisions relatives à la résidence et au droit de visite.

⚠️ L'audition n'est pas un interrogatoire

Le juge ne cherche pas à savoir quel parent l’enfant « préfère ». Il s’intéresse au ressenti de l’enfant, à son bien-être, à la qualité de ses relations avec chaque parent. L’audition doit rester un moment d’écoute bienveillante, pas un moment de pression ou de choix déchirant.

Comment demander l’audition de l’enfant par le juge ?

Plusieurs voies permettent de solliciter l’audition d’un enfant devant le juge aux affaires familiales :

Demande formulée par l’enfant lui-même

L’enfant peut directement adresser une demande écrite au juge aux affaires familiales du tribunal compétent (en général, le tribunal du lieu de résidence habituelle de l’enfant). Cette demande, manuscrite ou dactylographiée, doit indiquer l’identité de l’enfant, son âge, l’objet de la procédure en cours (divorce, modification de garde, etc.) et le souhait d’être entendu.

Un simple courrier suffit. L’enfant peut se faire aider par un adulte de confiance (grand-parent, tante, professeur, psychologue scolaire) pour rédiger cette lettre, mais il doit signer lui-même. Le juge vérifiera que la démarche émane bien de l’enfant et non d’un parent instrumentalisant son souhait.

Demande formulée par l’un des parents

Les parents, dans le cadre de la procédure de divorce ou d’une requête en modification des modalités de garde, peuvent solliciter l’audition de l’enfant. Cette demande figure généralement dans les conclusions de l’avocat ou dans la requête initiale adressée au juge.

Audition sollicitée d'office par le juge

Le juge aux affaires familiales peut également décider d’entendre l’enfant de sa propre initiative, même si aucune partie ne l’a demandé, lorsqu’il estime que l’intérêt de l’enfant le commande. C’est souvent le cas dans les situations de conflit parental virulent ou de refus de l’enfant de voir l’un de ses parents.

Démarches administratives et délais

Une fois la demande enregistrée par le greffe du tribunal, le juge fixe une date d’audition. Un courrier est envoyé à l’enfant (si la demande vient de lui) ou aux parents. L’audition intervient généralement dans un délai de 2 à 6 semaines, selon l’encombrement du tribunal.

Il est recommandé que l’enfant soit informé de cette audition par les deux parents, dans un climat apaisé. Il faut lui expliquer le déroulement, le rôle du juge, et le rassurer : il n’est pas obligé de « choisir » un parent, il peut simplement exprimer ce qu’il ressent.

Comment se déroule l’audition de l’enfant par le juge ?

L’audition de l’enfant se déroule au tribunal, dans le bureau du juge aux affaires familiales. L’entretien est généralement individuel, en dehors de la présence des parents et de leurs avocats.

Questions de procédure de divorce

Accompagnement de l’enfant

Plusieurs options sont possibles :

  • Audition seule : l’enfant est reçu par le juge en tête-à-tête. C’est la configuration la plus courante.
  • Audition accompagnée d’un avocat : l’enfant peut être assisté d’un avocat, désigné par lui ou par le bâtonnier. L’avocat est présent pour soutenir l’enfant, reformuler ses propos si nécessaire, et veiller à ce que ses droits soient respectés.
  • Audition accompagnée d’une personne de confiance : l’enfant peut demander à être accompagné par un adulte de son choix (grand-parent, oncle, tante, parrain, etc.), à condition que cette personne ne soit ni l’un des parents, ni impliquée dans la procédure.
L'avocat de l'enfant : quand et comment ?

L’enfant peut demander la désignation d’un avocat gratuitement grâce à l’aide juridictionnelle. Cette demande peut être formulée par l’enfant lui-même, par l’un des parents, ou par le juge. L’avocat de l’enfant a pour mission exclusive de défendre les intérêts de l’enfant, indépendamment de ceux des parents. Lorsque l’enfant exprime des souhaits contraires à ceux des deux parents, la présence d’un avocat est fortement recommandée.

Déroulement de l’entretien

Le juge commence généralement par rassurer l’enfant : il lui explique son rôle, le cadre de l’entretien, et le fait que personne ne lui reprochera ce qu’il dira. Le juge pose des questions ouvertes, sans jamais contraindre l’enfant à « choisir » entre ses parents. Les questions portent sur :

  • La vie quotidienne de l’enfant (école, activités, amis)
  • Les relations avec chaque parent
  • Les éventuelles tensions ou difficultés
  • Les souhaits de l’enfant concernant la résidence et le droit de visite

L’audition dure entre 15 et 30 minutes, selon l’âge de l’enfant et la complexité de la situation. Le juge rédige ensuite un compte-rendu d’audition, qui est versé au dossier et communiqué aux avocats des parents. Ce compte-rendu peut être synthétique ou détaillé, selon le choix du magistrat.

⚠️ Confidentialité de l'audition

L’audition est confidentielle. Le juge ne rapporte pas mot pour mot ce que l’enfant a dit. Il retranscrit l’essentiel, en respectant la parole de l’enfant, mais en veillant à ne pas l’exposer à des représailles ou à un conflit de loyauté. Les parents ne peuvent pas exiger de connaître l’intégralité des propos de l’enfant.

Le juge est-il tenu de suivre l’avis de l’enfant ?

Non. L’article 388-1 du Code civil précise que l’audition de l’enfant est un droit, mais que le juge statue toujours dans l’intérêt supérieur de l’enfant. Cet intérêt peut parfois diverger du souhait exprimé par l’enfant.

Le juge prend en compte l’avis de l’enfant comme un élément d’appréciation parmi d’autres (rapports d’enquête sociale, expertises psychologiques, témoignages, comportement des parents, stabilité de chaque foyer, etc.). Si le juge estime que le souhait de l’enfant résulte d’une influence exercée par l’un des parents, ou qu’il va à l’encontre de son intérêt à long terme, il peut décider autrement.

💡 Cas pratique : enfant de 14 ans refusant de voir son père

Emma, 14 ans, refuse de voir son père depuis un an. Elle exprime devant le juge des reproches vagues (« il est méchant », « il crie tout le temps ») mais ne rapporte aucun fait de violence ou de maltraitance. Le juge ordonne une enquête sociale et une expertise psychologique. Il ressort de ces investigations qu’Emma subit une aliénation parentale exercée par sa mère. Le juge maintient un droit de visite du père en milieu neutre, avec accompagnement psychologique, malgré le refus exprimé par Emma. L’intérêt de l’enfant commande de préserver le lien avec les deux parents.

À l’inverse, lorsque l’enfant exprime un souhait cohérent, argumenté, et conforme à son intérêt (par exemple, rester près de son école, de ses amis, de ses activités), le juge suit généralement cet avis, notamment à partir de 12-13 ans.

📌 L'essentiel à retenir

Le juge ne demande jamais à l’enfant de « choisir » son parent préféré. Il évalue la situation globale, le bien-être de l’enfant, la qualité des relations avec chaque parent, et statue dans l’intérêt supérieur de l’enfant. L’avis de l’enfant est un éclairage précieux, mais pas une injonction.

Qui paie l’avocat de l’enfant ?

Lorsque l’enfant est assisté d’un avocat lors de l’audition, plusieurs situations se présentent :

  • Aide juridictionnelle : l’enfant peut bénéficier de l’aide juridictionnelle, qui prend en charge tout ou partie des honoraires de l’avocat. Cette aide est accordée sur critères de ressources (celles du foyer où vit l’enfant) et sur la nature de l’affaire. En matière de divorce et de garde d’enfants, l’aide juridictionnelle est fréquemment accordée.
  • Prise en charge par les parents : si l’aide juridictionnelle n’est pas accordée, ce sont les parents qui financent les honoraires de l’avocat de l’enfant, en général à parts égales. Le juge peut répartir autrement cette charge en fonction des ressources respectives de chaque parent.
  • Désignation d’office : le juge peut désigner un avocat d’office pour l’enfant, notamment en cas de conflit d’intérêts majeur ou de carence des parents. Dans ce cas, l’avocat est rémunéré au titre de l’aide juridictionnelle ou sur décision du juge.
Demande d'aide juridictionnelle pour l'enfant

La demande d’aide juridictionnelle peut être formulée par l’enfant lui-même (si âgé d’au moins 16 ans), par l’un des parents, ou par l’avocat désigné. Le formulaire est disponible sur le site service-public.fr ou au greffe du tribunal. Le traitement de la demande prend généralement 4 à 8 semaines, mais une procédure accélérée existe en cas d’urgence.

Situations spécifiques : refus de voir l’un des parents, déménagement, changement de garde

Enfant refusant de voir l’un de ses parents

Le refus d’un enfant de voir l’un de ses parents est une situation fréquente et complexe. Ce refus peut avoir plusieurs origines : conflit de loyauté, influence d’un parent, malaise relationnel, voire maltraitance. Le juge doit démêler ces causes avant de statuer.

L’audition de l’enfant est alors essentielle. Si le refus apparaît légitime et fondé (violences, comportement inadapté du parent), le juge peut suspendre ou encadrer le droit de visite. Si le refus résulte d’une manipulation, le juge peut prendre des mesures pour rétablir le lien (droit de visite en milieu neutre, accompagnement psychologique, modification de la résidence).

⚠️ Aliénation parentale : un phénomène sérieux

L’aliénation parentale désigne le processus par lequel un parent, consciemment ou non, discrédite l’autre parent aux yeux de l’enfant, au point que celui-ci le rejette. Ce phénomène est reconnu par les tribunaux comme gravement préjudiciable à l’enfant. Le juge peut ordonner un suivi thérapeutique, voire modifier la résidence principale de l’enfant si la situation perdure.

Déménagement de l’un des parents

Le déménagement d’un parent ayant la résidence principale de l’enfant peut remettre en cause l’organisation familiale. Lorsque l’autre parent s’y oppose, le juge tranche après audition de l’enfant (si celui-ci est en âge de discernement) et analyse de plusieurs critères : motif du déménagement, distance, impact sur la scolarité, qualité du lien avec le parent non gardien, capacités d’adaptation de l’enfant.

L’avis de l’enfant est pris en compte, notamment s’il exprime un attachement fort à son environnement actuel (école, amis, activités). À partir de 12-13 ans, le juge accorde un poids important à cet avis, sans pour autant s’y soumettre systématiquement.

💡 Cas pratique : déménagement refusé malgré l'accord de l'enfant

Sophie, 11 ans, vit chez sa mère qui souhaite déménager à 400 km pour rejoindre son nouveau compagnon. Sophie est d’accord pour suivre sa mère. Le père s’oppose. Le juge ordonne une enquête sociale. Celle-ci révèle que Sophie n’a été que peu consultée, que son nouvel environnement serait instable (logement précaire, fréquents changements d’école), et que le lien avec le père est solide. Le juge refuse le déménagement et modifie la résidence au profit du père.

Changement de garde à la demande de l’enfant

Un enfant en résidence alternée ou en garde exclusive chez l’un des parents peut, à partir d’un certain âge, demander à changer de résidence principale. Cette demande passe généralement par une audition devant le juge.

Le juge apprécie la maturité de l’enfant, la cohérence de sa demande, les conditions d’accueil chez l’autre parent, et l’impact du changement sur sa scolarité et son équilibre. Passé 13-14 ans, ces demandes sont souvent suivies, sauf si le juge détecte une manipulation ou un risque pour l’enfant.

Changement de garde par simple accord des parents

Lorsque les deux parents sont d’accord pour modifier les modalités de garde, ils peuvent rédiger une convention et la soumettre au juge pour homologation. L’audition de l’enfant n’est pas obligatoire dans ce cas, mais elle reste possible et souvent recommandée pour s’assurer que l’enfant adhère au projet et que ses intérêts sont respectés.

Chiffres clés et données sur l’audition des enfants en France

📊 Auditions d'enfants en France

Selon le ministère de la Justice, environ 30 000 auditions d’enfants sont réalisées chaque année par les juges aux affaires familiales dans le cadre de procédures de divorce ou de séparation. Ce chiffre est en constante augmentation depuis 10 ans.

Les études montrent que la majorité des enfants entendus ont entre 10 et 16 ans. Les auditions d’enfants de moins de 8 ans restent rares, mais augmentent dans les situations de conflit parental très intense ou de refus de visite.

📊 Taux de suivi de l'avis de l'enfant

Les juges suivent l’avis exprimé par l’enfant dans environ 60 % des cas lorsque celui-ci a plus de 12 ans. Ce taux tombe à 30-40 % pour les enfants de 8 à 12 ans. L’écart s’explique par la plus grande capacité de discernement des adolescents et par la cohérence accrue de leurs demandes.

Enjeux patrimoniaux et financiers : impact du droit d’audition sur le divorce

Le droit de l’enfant d’être entendu par le juge n’est pas seulement une question de procédure judiciaire. Il a des répercussions concrètes sur l’organisation patrimoniale et financière du divorce, notamment en matière de pension alimentaire, de contribution à l’entretien et l’éducation des enfants, et de répartition des charges liées au logement.

Impact sur la pension alimentaire

Lorsque l’enfant demande un changement de résidence principale, cela entraîne mécaniquement une modification de la pension alimentaire. Le parent qui devient gardien principal cesse de verser la pension et peut, à l’inverse, en percevoir une de la part de l’autre parent. Le montant de cette pension est fixé en fonction des ressources de chacun et des besoins de l’enfant.

Il est essentiel que le parent concerné consulte non seulement un avocat, mais également un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) pour anticiper ces changements et adapter son budget. Le passage d’une résidence alternée à une garde exclusive, par exemple, peut représenter un surcoût mensuel de 300 à 800 € selon les situations.

💡 Cas pratique : impact financier d'un changement de garde

Julien, 14 ans, vivait en résidence alternée. Son père versait 250 € de pension alimentaire mensuelle à la mère. Julien demande à vivre chez son père à temps plein. Le juge accepte. La mère devient débitrice d’une pension de 400 € par mois. Le père doit également réorganiser son logement (chambre individuelle pour Julien) et ajuster son budget. Un bilan patrimonial avec un CGP lui permet d’optimiser sa fiscalité (rattachement fiscal, quotient familial) et d’anticiper les frais de scolarité et d’activités.

Fiscalité et quotient familial

Le changement de résidence principale de l’enfant a un impact direct sur le quotient familial des parents. Le parent chez qui l’enfant réside à titre principal bénéficie de la majoration de parts fiscales, ce qui réduit son impôt sur le revenu. L’autre parent peut parfois déduire une partie de la pension alimentaire versée.

Un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en droit de la famille peut accompagner les parents pour optimiser ces aspects fiscaux, notamment en cas de garde alternée (où chaque parent peut bénéficier de la demi-part fiscale) ou de changement de résidence en cours d’année.

Organisation patrimoniale post-divorce et parole de l’enfant

Lorsque l’enfant exprime un souhait de changement de résidence, cela peut nécessiter un réaménagement complet de l’organisation patrimoniale familiale : vente ou achat d’un logement, adaptation du véhicule, changement d’école impliquant des frais de scolarité différents, etc. Ces décisions doivent être anticipées et préparées avec l’aide d’un professionnel.

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Questions fréquentes sur le droit de l’enfant d’être entendu par le juge

Questions fréquentes


À partir de quel âge un enfant peut-il demander à être entendu par le juge ?

La loi ne fixe aucun âge minimum. Seul compte le discernement de l’enfant, c’est-à-dire sa capacité à comprendre la situation et à exprimer un avis cohérent. En pratique, les juges entendent généralement des enfants à partir de 6 ou 7 ans, et de manière systématique à partir de 12 ans.

L'enfant est-il obligé d'être accompagné d'un avocat lors de l'audition ?

Non. L’enfant peut choisir d’être entendu seul par le juge, accompagné d’un avocat, ou accompagné d’une personne de confiance (grand-parent, oncle, tante, etc.). La présence d’un avocat est fortement recommandée lorsque l’enfant exprime un souhait contraire à celui des deux parents ou lorsque la situation est conflictuelle.

Qui paie l'avocat de l'enfant ?

L’enfant peut bénéficier de l’aide juridictionnelle, qui prend en charge tout ou partie des honoraires de l’avocat. Si l’aide juridictionnelle n’est pas accordée, les parents financent les honoraires, généralement à parts égales, sauf décision contraire du juge.

Le juge est-il obligé de suivre l'avis de l'enfant ?

Non. Le juge prend en compte l’avis de l’enfant, mais statue toujours dans l’intérêt supérieur de celui-ci. Si le juge estime que le souhait de l’enfant résulte d’une influence ou va à l’encontre de son intérêt, il peut décider autrement. Toutefois, passé 12-13 ans, l’avis de l’enfant est généralement suivi, sauf raison sérieuse.

Comment faire si mon enfant refuse de voir son père/sa mère ?

Il est essentiel de consulter rapidement un avocat spécialisé en droit de la famille. Le juge peut ordonner une enquête sociale et une expertise psychologique pour comprendre les causes de ce refus. Si le refus est légitime (violence, comportement inadapté), le droit de visite peut être suspendu ou encadré. Si le refus résulte d’une manipulation, le juge peut prendre des mesures pour rétablir le lien.

Mon enfant de 14 ans veut changer de résidence. Que dois-je faire ?

L’enfant ou le parent chez qui il souhaite résider peut saisir le juge aux affaires familiales par requête. L’enfant sera entendu, et le juge appréciera la cohérence de sa demande, les conditions d’accueil chez l’autre parent, et l’impact du changement sur sa scolarité et son équilibre. Passé 13-14 ans, ces demandes sont souvent suivies si elles apparaissent fondées.

Puis-je assister à l'audition de mon enfant par le juge ?

Non. Les parents ne sont jamais présents lors de l’audition de l’enfant. L’objectif est de garantir la liberté de parole de l’enfant, sans pression ni influence. Le juge rédige ensuite un compte-rendu d’audition, communiqué aux avocats des parents, qui en retranscrit l’essentiel.


Conclusion : l’audition de l’enfant, un droit essentiel à faire respecter

Le droit de l’enfant d’être entendu par le juge aux affaires familiales est une avancée majeure du droit de la famille. Il reconnaît l’enfant comme un sujet de droit, capable d’exprimer un avis sur les décisions qui le concernent. Cette audition, loin d’être un gadget procédural, constitue un moment clé dans la procédure de divorce ou de séparation.

Toutefois, ce droit doit être exercé dans le respect de l’intérêt supérieur de l’enfant. Il ne s’agit pas de le placer face à un choix déchirant, ni de le transformer en arbitre du conflit parental. L’audition doit rester un espace d’écoute, de bienveillance et de protection.

Les parents doivent encourager l’enfant à exprimer son ressenti, s’il le souhaite, sans jamais le contraindre. Lorsque l’enfant demande à être entendu, il est essentiel de respecter cette démarche et de l’accompagner, éventuellement avec l’aide d’un avocat spécialisé.

Au-delà de la dimension juridique, l’audition de l’enfant a des répercussions financières et patrimoniales qu’il ne faut pas négliger. Pension alimentaire, quotient familial, organisation du logement, frais de scolarité : autant d’aspects à anticiper avec l’aide d’un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en droit de la famille.

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Témoignages

Franchement au début j’étais pas hyper chaude pour que ma fille de 13 ans parle au juge, j’avais peur qu’on la manipule ou qu’elle dise des trucs sans réfléchir… mais en fait ça s’est super bien passé. Le juge a été très bienveillant, il a vraiment pris le temps de l’écouter. Ma fille a pu exprimer qu’elle voulait rester dans sa ville, avec ses copines, et ça a vraiment pesé dans la décision. Je regrette pas d’avoir fait cette démarche, au contraire. aide-divorce.fr m’avait bien expliqué comment ça se passait, ça m’a rassurée

— Nathalie, 42 ans, maman de deux enfants

Mon fils de 11 ans avait vraiment besoin de parler. Son ex mère lui mettait une pression de malade pour qu’il vienne chez elle tout le temps, alors qu’il voulait juste une garde alternée normale. Le juge l’a entendu et ça a calmé tout le monde. Le compte rendu de l’audition a montré que mon fils était très clair dans sa tête, pas manipulé comme elle disait. Bon après c’est pas magique hein, ça règle pas tout, mais au moins mon fils a pu s’exprimer

— Marc, 48 ans, divorcé après 15 ans de mariage

Honnêtement j’aurais jamais pensé que mes enfants pouvaient demander eux-mêmes à voir le juge. Ma fille de 14 ans a écrit une lettre toute seule, elle voulait expliquer qu’elle préférait venir chez moi en semaine à cause de ses cours de danse. Le juge a accepté de la recevoir, elle a eu un avocat gratuit et tout. Au final le juge a modifié la garde, ma fille est super contente. Je sais pas si j’aurais osé faire la démarche moi-même, merci à aide-divorce.fr pour les infos

— Sophie, 36 ans, maman solo de deux ados