Tout ce qu'on aurait aimé savoir avant de divorcer.
Le guide créé par ceux qui sont passés par là.

Les erreurs à ne pas commettre lors d’un divorce

Un divorce représente une rupture majeure, tant sur le plan affectif que juridique et patrimonial. Dans ce contexte difficile, certaines erreurs peuvent avoir des conséquences lourdes et durables. Les avocats spécialisés en droit de la famille et les conseillers en gestion de patrimoine (CGP) identifient régulièrement les mêmes pièges dans lesquels tombent les personnes qui se séparent. Anticiper ces erreurs permet d’éviter des préjudices financiers importants et de préserver ses droits tout au long de la procédure.

Que le divorce soit à l’amiable ou pour faute, les enjeux patrimoniaux restent centraux. Certaines décisions prises dans l’urgence ou sous l’emprise de la colère peuvent compromettre durablement la situation financière de la personne concernée. Ce guide recense les erreurs les plus fréquentes et donne les clés pour les éviter, en s’appuyant sur l’expérience d’accompagnement de nombreux dossiers de séparation.

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1. Signer un accord sous pression

L’erreur la plus fréquente lors d’un divorce consiste à signer une convention de divorce ou un protocole d’accord sans avoir pris le temps de mesurer toutes les implications patrimoniales. Sous la pression de l’ex-conjoint, de la fatigue émotionnelle ou du désir d’en finir au plus vite, certaines personnes valident des termes qui leur sont défavorables.

Dans le cadre d’un divorce par consentement mutuel, la convention est rédigée par les avocats de chaque partie. Elle fixe notamment le partage des biens, le montant de la prestation compensatoire, la garde des enfants et la pension alimentaire. Une fois signée et déposée chez le notaire, cette convention devient définitive et irrévocable. Il devient alors extrêmement difficile, voire impossible, de revenir en arrière.

⚠️ Ne jamais signer sans avoir consulté un expert

Avant de signer toute convention ou protocole, il est impératif de faire relire le document par un avocat spécialisé en droit de la famille ET, si le patrimoine comporte des biens immobiliers, des contrats d’assurance-vie, un PEA ou une entreprise, par un conseiller en gestion de patrimoine (CGP). Ce double regard permet de détecter les clauses défavorables et d’anticiper les conséquences fiscales et financières.

Certains accords comportent des clauses insidieuses : renonciation à toute prestation compensatoire, partage inégalitaire des biens, absence de réévaluation de la pension alimentaire, clauses bénéficiaires d’assurance-vie non actualisées. Une fois la convention signée, la personne lésée n’a plus de recours, sauf à prouver un vice du consentement (violence, dol ou erreur), ce qui est extrêmement complexe à établir.

💡 Cas pratique : signature précipitée d'une convention sans conseil

Isabelle, 42 ans, mariée sous le régime de la communauté de biens, accepte de signer une convention de divorce amiable rédigée par l’avocat de son conjoint. Elle renonce à toute prestation compensatoire et accepte un partage 50/50 de la résidence principale, alors qu’elle a financé 70 % de l’apport initial avec un héritage (bien propre). Elle n’a pas consulté de CGP avant signature. Résultat : elle perd plusieurs dizaines de milliers d’euros qu’elle aurait pu récupérer si elle avait fait valoir ses droits sur les biens propres. Une fois la convention signée, impossible de revenir en arrière.

Pour éviter cette erreur, il faut se donner du temps et consulter plusieurs experts avant de s’engager. Choisir un bon avocat spécialisé en divorce est indispensable, mais l’appui d’un CGP est tout aussi crucial pour évaluer correctement le patrimoine.

2. Quitter précipitamment le domicile conjugal

Partir du domicile conjugal dans la précipitation est une autre erreur classique, surtout lorsque la situation devient conflictuelle ou que la personne concernée souhaite fuir une ambiance devenue insupportable. Pourtant, ce départ peut être interprété par le juge aux affaires familiales (JAF) comme un abandon du domicile conjugal, avec des conséquences juridiques importantes.

En droit français, l’abandon du domicile peut être invoqué lors d’un divorce pour faute (article 242 du Code civil). Même dans un divorce amiable, quitter le domicile sans accord préalable peut affaiblir la position de la personne concernée lors de la répartition des biens ou de l’attribution du logement.

⚖️ Article 215 du Code civil

Les époux ne peuvent l’un sans l’autre disposer des droits par lesquels est assuré le logement de la famille. Le départ unilatéral sans autorisation du juge peut être considéré comme une violation de cette obligation.

De plus, partir du domicile peut compliquer l’obtention de la résidence habituelle des enfants ou de la garde alternée. Le juge privilégie souvent la stabilité de l’enfant et peut décider de maintenir les enfants dans le logement avec le parent qui est resté.

Que faire si la cohabitation devient impossible ?

Si la situation au domicile conjugal devient insupportable (violences, menaces, climat toxique), il est possible de saisir le juge aux affaires familiales en urgence pour demander une ordonnance de non-conciliation (ONC) qui autorise la séparation de fait et statue sur les mesures provisoires : attribution du logement, pension alimentaire, résidence des enfants. Contacter le JAF avant de quitter le domicile permet de sécuriser sa situation juridique.

Partir du domicile sans prévenir, sans avoir rassemblé les documents importants (relevés bancaires, actes notariés, contrats d’assurance-vie, bulletins de salaire, avis d’imposition) constitue également une erreur stratégique. Ces documents seront indispensables pour établir la liste du patrimoine commun et évaluer les biens à partager.

⚠️ Avant de partir : sécuriser les preuves et documents

Avant tout départ du domicile conjugal, il est essentiel de photocopier ou numériser tous les documents patrimoniaux : relevés de compte, contrats de mariage, actes notariés, contrats d’assurance-vie, livrets d’épargne, relevés de crédit immobilier, justificatifs de revenus. Ces éléments sont cruciaux pour le partage du patrimoine et la fixation de la prestation compensatoire.

3. Vider les comptes joints

Vider les comptes bancaires joints avant ou pendant la procédure de divorce est une erreur grave qui peut être sanctionnée par le juge. Certaines personnes, par peur que l’autre conjoint ne le fasse en premier ou par besoin d’argent immédiat, retirent l’intégralité des sommes disponibles sur les comptes communs. Cette action peut être qualifiée de détournement d’actifs ou de recel de communauté.

⚖️ Article 1477 du Code civil

L’époux qui a détourné ou recelé des biens communs peut être condamné à reconstituer la communauté à hauteur du montant détourné, voire à payer une amende civile.

Le juge aux affaires familiales dispose de larges pouvoirs pour sanctionner les comportements déloyaux. Si la personne concernée prouve que son ex-conjoint a vidé les comptes joints ou dissimulé des biens, le juge peut ordonner une réintégration fictive de ces sommes dans la masse à partager, voire condamner l’auteur à des dommages et intérêts.

Les comptes joints sont présumés appartenir pour moitié à chacun des époux. Retirer plus de 50 % des fonds disponibles expose donc à des sanctions. De plus, ce comportement nuit gravement à la crédibilité de la personne devant le juge, ce qui peut affecter d’autres aspects de la procédure (attribution du logement, garde des enfants, fixation de la prestation compensatoire).

💡 Cas pratique : retrait abusif sur compte joint

Marc, 49 ans, retire 35 000 € sur un compte joint qui contenait 40 000 €, juste après l’annonce du divorce. Son ex-épouse saisit le JAF et produit les relevés bancaires. Le juge considère qu’il y a eu détournement d’actifs et condamne Marc à reverser 15 000 € à son ex-conjointe (la moitié de ce qu’il aurait dû laisser). De plus, cette attitude pèse dans la fixation de la prestation compensatoire, jugée défavorable à Marc.

Comment sécuriser ses fonds sans violer la loi ?

Au lieu de vider le compte joint, il est recommandé de demander au juge, dans le cadre de l’ordonnance de non-conciliation, la clôture des comptes joints et l’ouverture de comptes personnels. Chacun récupère alors sa part (50/50) de manière légale et transparente. En attendant, il est possible de bloquer le compte joint en demandant à la banque de ne plus autoriser de retraits sans double signature.

Cette précaution permet d’éviter que l’autre conjoint ne vide le compte en premier, tout en restant dans le cadre de la légalité. Il est également recommandé de conserver des traces de tous les mouvements bancaires pour prouver sa bonne foi devant le juge.

4. Sous-estimer la valeur de ses actifs

Lors du partage du patrimoine, de nombreuses personnes sous-estiment la valeur réelle de leurs actifs, notamment les biens immobiliers, les contrats d’assurance-vie, les parts de société ou les droits à la retraite. Cette erreur peut conduire à accepter un partage déséquilibré ou à renoncer à des sommes importantes.

L’évaluation des biens communs et des biens propres est une étape cruciale du divorce. Elle sert de base au calcul de la soulte (somme versée par celui qui conserve un bien pour compenser la part de l’autre) et à la fixation de la prestation compensatoire. Une sous-évaluation profite toujours à celui qui récupère le bien.

📊 Chiffre clé

Selon les études notariales, l’écart entre la valeur estimée « à l’amiable » d’un bien immobilier et sa valeur de marché réelle peut atteindre 15 à 25 %, soit plusieurs dizaines de milliers d’euros sur une résidence principale.

Les actifs les plus fréquemment sous-estimés sont :

  • La résidence principale : certains conjoints proposent une estimation « au doigt mouillé » sans faire appel à un expert immobilier. Or, le marché immobilier évolue rapidement.
  • Les contrats d’assurance-vie : beaucoup de personnes ignorent que la valeur de rachat d’un contrat d’assurance-vie souscrit pendant le mariage entre dans la communauté (hors clause bénéficiaire).
  • Les parts de société ou entreprise : si l’un des époux est dirigeant ou associé d’une entreprise, la valorisation de ses parts est complexe et nécessite l’intervention d’un expert-comptable ou d’un commissaire aux comptes.
  • Les droits à la retraite : en cas de mariage long, les droits à pension acquis pendant le mariage peuvent représenter une valeur importante, parfois prise en compte dans la prestation compensatoire.
  • Le mobilier et les œuvres d’art : souvent négligés, ils peuvent pourtant représenter plusieurs milliers d’euros.
Faire appel à des experts pour valoriser le patrimoine

Pour éviter toute contestation ultérieure, il est fortement conseillé de faire réaliser une expertise indépendante des biens immobiliers, des parts de société et des contrats financiers. Un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) peut coordonner ces expertises et vérifier la cohérence des valorisations proposées.

En cas de divorce amiable, les époux se mettent souvent d’accord sur les valeurs sans passer par des experts, ce qui peut conduire à des erreurs. En cas de litige, le juge peut ordonner une expertise judiciaire, mais cela rallonge la procédure et augmente les frais.

💡 Cas pratique : sous-estimation d'un bien immobilier

Sophie et Antoine divorcent après 12 ans de mariage. Ils possèdent une maison acquise en 2015 pour 280 000 €. Antoine propose de la valoriser à 300 000 € « puisqu’elle n’a pas beaucoup pris de valeur ». Sophie accepte sans faire réaliser d’estimation. Antoine rachète la part de Sophie en versant une soulte de 150 000 €. Deux ans plus tard, Antoine revend la maison 420 000 €. Sophie réalise alors qu’elle a perdu environ 60 000 € à cause de la sous-estimation initiale. Impossible de revenir en arrière : la convention de divorce est définitive.

5. Négliger les implications fiscales

Le divorce entraîne des conséquences fiscales importantes, souvent sous-estimées ou ignorées au moment de la signature de la convention. Pourtant, ces implications peuvent représenter plusieurs milliers d’euros de différence selon les choix effectués.

Les principales erreurs fiscales lors d’un divorce concernent :

La fiscalité de la prestation compensatoire

La prestation compensatoire peut être versée sous forme de capital (en une fois ou sur 12 mois maximum) ou sous forme de rente. Selon le mode de versement, la fiscalité diffère :

  • Capital versé en une fois : le montant est déductible du revenu imposable du débiteur l’année du versement (dans la limite de 30 500 €), et imposable pour le bénéficiaire comme une pension alimentaire.
  • Rente viagère : chaque mensualité est déductible pour celui qui la verse et imposable pour celui qui la reçoit, dans la catégorie des pensions alimentaires.

Beaucoup de personnes oublient de déclarer correctement la prestation compensatoire ou ne profitent pas de la déduction fiscale, ce qui représente une perte sèche.

📊 Chiffre clé

Une prestation compensatoire de 50 000 € versée en capital peut générer une économie d’impôt d’environ 15 000 € pour le débiteur (si TMI à 30 %), mais seulement si elle est correctement déclarée.

Le partage des biens immobiliers et la plus-value

Lors du partage du patrimoine, si l’un des époux récupère la résidence principale et verse une soulte à l’autre, il n’y a pas de taxation immédiate. En revanche, si les époux décident de vendre le bien immobilier, une plus-value immobilière peut être due (sauf exonération pour résidence principale).

Après le divorce, si l’ex-époux qui a conservé la maison la revend, il perd l’exonération pour résidence principale s’il n’y habite plus. Il est donc essentiel d’anticiper ce scénario avant de signer la convention.

La fiscalité de l’assurance-vie

Les contrats d’assurance-vie souscrits pendant le mariage font partie de la communauté pour leur valeur de rachat. Lors du partage, si le contrat est dénoué (racheté), les gains sont imposés selon la fiscalité de l’assurance-vie (prélèvement forfaitaire unique de 30 % ou barème progressif). Il est souvent plus avantageux de conserver le contrat et de compenser par un autre actif.

Anticiper la fiscalité avant de valider le partage

Avant de signer la convention de divorce, il est fortement recommandé de simuler les conséquences fiscales de chaque option de partage avec un conseiller en gestion de patrimoine ou un expert-comptable. Certaines solutions permettent d’économiser plusieurs milliers d’euros d’impôts.

Le quotient familial et le statut de parent isolé

Après le divorce, la personne qui obtient la garde des enfants peut bénéficier du statut fiscal de parent isolé, qui augmente le nombre de parts fiscales (1,5 part pour un parent seul avec un enfant, contre 1 part pour une personne seule). Cela peut réduire significativement l’impôt sur le revenu.

Beaucoup de personnes ignorent ce dispositif ou omettent de cocher la case correspondante sur leur déclaration de revenus, ce qui représente une perte de plusieurs centaines d’euros par an.

⚠️ Ne pas oublier de changer son statut fiscal

Dès l’année qui suit le divorce, il faut déclarer séparément ses revenus et demander le statut de parent isolé si les enfants vivent principalement chez soi. En cas de garde alternée, la demi-part fiscale est partagée entre les deux parents, sauf accord contraire.

6. Oublier de mettre à jour ses clauses bénéficiaires

L’une des erreurs les plus fréquentes après un divorce est d’oublier de modifier les clauses bénéficiaires de ses contrats d’assurance-vie, de prévoyance ou de son plan d’épargne retraite (PER). Pourtant, cette omission peut avoir des conséquences dramatiques en cas de décès.

En droit français, la clause bénéficiaire d’un contrat d’assurance-vie désigne la ou les personnes qui percevront le capital en cas de décès du souscripteur. Si la clause mentionne « mon conjoint » ou le nom de l’ex-époux, celui-ci percevra le capital même après le divorce, sauf modification explicite de la clause.

⚖️ Article L132-8 du Code des assurances

Le capital ou la rente garantis peuvent être payables lors du décès de l’assuré à un ou plusieurs bénéficiaires déterminés. La clause bénéficiaire est librement révocable par le souscripteur, sauf acceptation du bénéficiaire.

Si l’ex-conjoint a accepté la clause bénéficiaire (ce qui est rare mais possible), la révocation devient plus complexe et nécessite son accord. Dans tous les autres cas, la modification de la clause est simple : il suffit d’envoyer un courrier recommandé à l’assureur ou de remplir un formulaire en ligne.

Outre l’assurance-vie, il faut également penser à modifier les clauses bénéficiaires des contrats de prévoyance (décès, invalidité), du PER, et le cas échéant, du testament. Sans mise à jour, l’ex-conjoint peut hériter de sommes importantes, au détriment des enfants ou des nouveaux bénéficiaires désignés.

⚠️ Mettre à jour tous les contrats dès la fin de la procédure

Immédiatement après la signature de la convention de divorce ou le prononcé du jugement, il est impératif de :

  • Modifier les clauses bénéficiaires de tous les contrats d’assurance-vie
  • Actualiser les bénéficiaires des contrats de prévoyance et du PER
  • Réviser son testament si nécessaire
  • Informer sa banque et ses assureurs de la nouvelle situation familiale

💡 Cas pratique : clause bénéficiaire non modifiée

Julien, 55 ans, divorce après 20 ans de mariage. Il conserve son contrat d’assurance-vie de 180 000 € sur lequel figure comme bénéficiaire « mon épouse ». Il oublie de modifier la clause. Trois ans après le divorce, il décède brutalement. Son ex-épouse, bien que remariée, perçoit l’intégralité du capital d’assurance-vie, au grand dam des enfants de Julien qui espéraient récupérer une partie de ce patrimoine. Juridiquement, l’assureur n’a fait qu’appliquer la clause en vigueur.

Ce type de situation est plus fréquent qu’on ne le pense. Il suffit d’un oubli pour que le patrimoine parte à la mauvaise personne. C’est pourquoi il est fortement recommandé de dresser une checklist post-divorce avec toutes les démarches à effectuer : changement de nom sur les comptes bancaires, mise à jour des documents d’identité, modification des clauses bénéficiaires, révision du testament, actualisation du statut fiscal, etc.

Autres erreurs fréquentes à éviter

Au-delà des six erreurs principales détaillées ci-dessus, d’autres pièges peuvent compromettre la procédure de divorce ou la situation financière post-séparation :

Ne pas se faire accompagner par un avocat spécialisé

Certaines personnes tentent de gérer leur divorce seules, notamment dans le cadre d’un divorce amiable, pour économiser les frais d’avocat. C’est une erreur majeure. Depuis 2017, le divorce par consentement mutuel nécessite obligatoirement l’assistance d’un avocat pour chacun des époux. Même dans les autres types de divorce, l’avocat est indispensable pour défendre ses droits et éviter les pièges juridiques. Bien choisir son avocat spécialisé en divorce est un investissement rentable à long terme.

Ne pas anticiper les besoins financiers post-divorce

Beaucoup de personnes signent leur convention de divorce sans avoir réfléchi à leurs besoins financiers après la séparation. Or, le niveau de vie change souvent drastiquement après un divorce : loyer à payer seul, frais de garde des enfants, perte du revenu du conjoint, etc. Il est essentiel de réaliser un budget prévisionnel avant de valider le partage du patrimoine et le montant de la prestation compensatoire.

Oublier de demander l’aide juridictionnelle

Les personnes aux revenus modestes peuvent bénéficier de l’aide juridictionnelle (AJ), qui prend en charge tout ou partie des frais d’avocat et de procédure. Pourtant, beaucoup de personnes ignorent ce dispositif ou renoncent à le demander par méconnaissance. L’aide juridictionnelle peut représenter plusieurs milliers d’euros d’économie.

Ne pas documenter les violences ou les fautes

Dans le cadre d’un divorce pour faute, il est indispensable de rassembler des preuves des manquements reprochés à l’autre conjoint : certificats médicaux, mains courantes, témoignages, captures d’écran de messages, etc. Sans preuve, le juge ne pourra pas prononcer le divorce aux torts exclusifs de l’autre partie, ce qui peut avoir des conséquences sur le montant de la prestation compensatoire.

Ne pas préparer la reconstruction patrimoniale

Le divorce est souvent vécu comme une catastrophe financière. Pourtant, avec un accompagnement adapté, il est possible de reconstruire rapidement un patrimoine solide. Beaucoup de personnes négligent cette dimension et se retrouvent, plusieurs années après le divorce, dans une situation financière précaire. L’accompagnement par un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) permet de définir une stratégie de reconstruction adaptée : placement du capital de prestation compensatoire, optimisation fiscale, constitution d’une épargne de précaution, préparation de la retraite, etc.

📌 L'essentiel à retenir

  • Ne jamais signer une convention de divorce sans l’avoir fait relire par un avocat ET un CGP
  • Ne pas quitter le domicile conjugal sans avoir obtenu l’accord du JAF
  • Ne pas vider les comptes joints sous peine de sanctions pour détournement d’actifs
  • Faire expertiser tous les biens avant le partage pour éviter les sous-évaluations
  • Anticiper les conséquences fiscales de chaque option de partage
  • Mettre à jour toutes les clauses bénéficiaires et le testament dès la fin de la procédure
  • Se faire accompagner par des professionnels spécialisés tout au long du processus

Foire aux questions (FAQ)

Questions fréquentes


Peut-on revenir sur une convention de divorce déjà signée ?

Non, dans la très grande majorité des cas. Une fois la convention de divorce par consentement mutuel signée et déposée chez le notaire, elle devient définitive et irrévocable. Les seules exceptions concernent les cas de vice du consentement (violence, dol, erreur) ou de non-respect des règles de forme, mais ces situations sont très difficiles à prouver et nécessitent une procédure judiciaire complexe.

Combien de temps faut-il pour divorcer en France ?

La durée dépend du type de divorce. Un divorce par consentement mutuel peut être finalisé en 1 à 3 mois si les époux sont d’accord sur tout. Un divorce contentieux (pour faute, pour altération définitive du lien conjugal ou pour acceptation du principe de la rupture) prend en moyenne 12 à 24 mois, voire plus en cas de conflit important ou d’appel.

Qui paie les frais d'avocat lors d'un divorce ?

Chaque époux paie les honoraires de son propre avocat. Toutefois, en cas de divorce pour faute, le juge peut condamner l’époux responsable à payer une partie des frais de justice de l’autre (article 700 du Code de procédure civile). De plus, les personnes aux revenus modestes peuvent bénéficier de l’aide juridictionnelle (AJ) qui prend en charge tout ou partie des honoraires.

Peut-on garder son nom d'épouse après le divorce ?

Après le divorce, chacun reprend en principe son nom de naissance. Toutefois, l’ex-épouse (ou l’ex-époux si c’est lui qui portait le nom de l’autre) peut demander à conserver le nom d’usage de son ex-conjoint, soit avec l’accord de ce dernier, soit sur autorisation du juge si elle justifie d’un intérêt légitime (ex : notoriété professionnelle, intérêt des enfants).

Que se passe-t-il si l'un des époux refuse de divorcer ?

Si l’un des époux refuse le divorce amiable, il faut engager une procédure de divorce contentieux. Le divorce peut alors être prononcé pour faute (si des manquements graves sont prouvés), pour altération définitive du lien conjugal (après 1 an de séparation) ou pour acceptation du principe de la rupture (si le refus porte uniquement sur les conséquences du divorce). Le juge peut prononcer le divorce même si l’un des conjoints s’y oppose.

Comment est calculée la prestation compensatoire ?

La prestation compensatoire vise à compenser la disparité de niveau de vie créée par le divorce. Le juge prend en compte plusieurs critères : durée du mariage, âge et état de santé des époux, qualification professionnelle, patrimoine de chacun, droits à la retraite, etc. Il n’existe pas de barème légal : chaque situation est évaluée au cas par cas. En pratique, les montants varient de quelques milliers à plusieurs centaines de milliers d’euros selon le patrimoine et les revenus.


Conclusion

Le divorce est une épreuve complexe, à la fois juridique, émotionnelle et patrimoniale. Les erreurs évoquées dans ce guide sont malheureusement fréquentes et peuvent coûter très cher. Signer un accord sous pression, quitter le domicile sans autorisation, vider les comptes joints, sous-estimer ses actifs, négliger la fiscalité ou oublier de mettre à jour ses clauses bénéficiaires sont autant de pièges qui peuvent compromettre durablement la situation financière de la personne concernée.

Pour éviter ces erreurs, il est indispensable de se faire accompagner par des professionnels spécialisés : un avocat en droit de la famille pour gérer la procédure et défendre ses droits, et un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) pour évaluer correctement le patrimoine, anticiper les conséquences fiscales et préparer la reconstruction financière post-divorce.

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Témoignages

Franchement j’ai fait l’erreur de signer la convention trop vite… Mon ex me mettait la pression pour en finir et j’ai accepté un partage 50/50 de la maison alors que j’avais mis presque 80 000 € d’apport avec mon héritage. J’aurais du consulter un CGP avant comme le dit le site aide-divorce.fr, j’aurais économisé au moins 30 000 €. Maintenant c’est trop tard la convention est signée

— Sophie, 42 ans, divorcée après 14 ans de mariage

Bon moi j’ai fait la bêtise de quitter la maison sans demander au juge… résultat mon ex a obtenu la garde principale des enfants parce qu’ils étaient restés dans le domicile conjugal avec elle. Le JAF m’a dit que j’aurais dû saisir le tribunal avant de partir. Erreur de débutant mais ça m’a coûté cher niveau garde des enfants

— Marc, 51 ans, divorcé après 22 ans de mariage

Honnêtement le pire c’est que j’ai oublié de changer la clause bénéficiaire de mon assurance vie après le divorce. Heureusement que rien m’est arrivé mais j’ai réalisé 2 ans après que si je mourais c’est mon ex qui touchait les 120 000 € au lieu de mes enfants !! J’ai rectifié direct mais c’était moins une. Le site explique bien ce genre de piège à éviter

— Nathalie, 38 ans, maman de 2 enfants