Pension alimentaire : barème, calcul et révision complète
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La pension alimentaire, que le Code civil appelle contribution à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, est l'une des décisions les plus concrètes d'un divorce avec enfants. Elle se calcule à partir des ressources des deux parents et des besoins de l'enfant, avec l'aide d'un barème indicatif publié par le ministère de la Justice. Elle se révise quand la situation change, s'indexe chaque année, et son non-paiement est un délit. Voici le calcul, le barème, la révision et les recours, avec les repères chiffrés utiles.
Comment est calculée la pension alimentaire
Le juge, ou les parents dans une convention, partent de trois données : les ressources de chaque parent, les besoins de l'enfant, et le temps que l'enfant passe chez chacun. La pension est due par le parent chez qui l'enfant ne réside pas, ou par le plus aisé en cas de résidence alternée. Les ressources comprennent tous les revenus, salaires, revenus de remplacement, revenus fonciers, y compris ceux d'un nouveau conjoint pour apprécier les charges du foyer. Les besoins de l'enfant s'apprécient selon son âge, sa santé, sa scolarité, ses activités.
Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant.
Le barème indicatif de l'État
La table de référence du ministère de la Justice n'a pas force de loi mais sert de point de départ à la plupart des juges. Elle applique un pourcentage aux revenus du parent débiteur, après déduction d'un minimum vital égal au montant du RSA pour une personne seule. Le pourcentage dépend du nombre d'enfants et du mode de résidence : pour un enfant, environ 18 % en droit de visite classique, 13,5 % en droit de visite élargi, 9 % en résidence alternée ; pour deux enfants, 15,5 %, 11,5 % et 7,8 % par enfant ; pour trois, 13,3 %, 10 % et 6,7 %. Le juge s'en écarte dès que la situation le justifie, dans un sens comme dans l'autre.
Revenus nets du parent débiteur : 2 400 €. Minimum vital déduit : environ 650 €. Base de calcul : 1 750 €. Pour un enfant en droit de visite classique, 18 % donnent une pension indicative d'environ 315 € par mois. En résidence alternée, 9 % donnent 158 €, à condition que l'autre parent gagne nettement moins.
Le simulateur en ligne
Le ministère de la Justice met à disposition un simulateur qui applique la table de référence. Il donne un ordre de grandeur, utile pour préparer une négociation ou une audience, mais ne tient compte ni des charges particulières de l'enfant ni des situations atypiques. Son résultat n'engage pas le juge.
La pension est revalorisée chaque année selon un indice des prix, à la date fixée par la décision. Le parent débiteur doit faire lui-même le calcul et appliquer la nouvelle somme ; l'absence d'indexation est une dette qui s'accumule.
Quand peut-on réviser la pension ?
À tout moment, en cas d'élément nouveau : baisse ou hausse durable des revenus d'un parent, chômage, naissance d'un autre enfant, changement de mode de résidence, entrée de l'enfant dans l'enseignement supérieur, majorité. La demande se fait auprès du juge aux affaires familiales, par requête, sans avocat obligatoire. La pension modifiée s'applique à compter de la demande, pas de manière rétroactive. Tant que le juge n'a pas statué, l'ancienne pension reste due en totalité.
Non-paiement : que faire ?
Depuis 2023, toute pension fixée par un juge ou par une convention de divorce est versée par l'intermédiaire de la caisse d'allocations familiales ou de la mutualité sociale agricole, sauf refus des deux parents : la caisse la prélève chez le débiteur et la reverse au créancier, et engage elle-même le recouvrement en cas d'impayé. Si l'intermédiation n'est pas en place, le parent créancier peut la demander à tout moment, ou faire procéder à une saisie sur salaire ou sur compte par un commissaire de justice, sur la base de la décision. Deux mois d'impayés constituent le délit d'abandon de famille, puni de deux ans d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende.
Quand le débiteur ne paie pas, la caisse d'allocations familiales verse au parent créancier une allocation de soutien familial, à titre d'avance, et se retourne contre le débiteur. Elle est aussi versée en complément quand la pension fixée est inférieure à son montant.
L'impact fiscal
La pension est déductible du revenu imposable du parent qui la verse, dans la limite du montant fixé par la décision, et imposable chez celui qui la reçoit. Elle reste déductible pour un enfant majeur, dans la limite d'un plafond annuel, si l'enfant n'est pas rattaché au foyer du parent débiteur. En résidence alternée avec partage du quotient familial, aucune déduction n'est possible.
La pension se calcule sur les ressources des deux parents et les besoins de l'enfant, avec le barème du ministère comme repère. Elle s'indexe chaque année et se révise sur demande dès qu'un élément change. Elle passe par la CAF, qui recouvre les impayés ; deux mois de retard constituent un délit.
Questions fréquentes
Le juge est-il obligé d'appliquer le barème ?
Non. La table de référence est indicative. Le juge peut fixer une pension supérieure ou inférieure en fonction des besoins réels de l'enfant et des charges des parents, à condition de motiver sa décision.
Mon ex-conjoint refuse de me voir les enfants : puis-je arrêter de payer ?
Non. La pension et le droit de visite sont indépendants. Arrêter de payer vous expose à des poursuites ; saisissez le juge pour faire respecter votre droit de visite.
La pension est-elle due pendant les vacances passées chez le parent qui la verse ?
Oui, sauf clause contraire. La pension est une somme mensuelle qui lisse les charges sur l'année ; elle reste due pendant les périodes d'hébergement, y compris l'été.
La permanence vous aide à chiffrer une pension conforme au barème et à préparer une demande de révision ou de recouvrement.
Publié par l'Association d'Aide aux Victimes de France, association loi 1901 reconnue d'intérêt général. Directeur de la publication : Valentin Papet, président de l'association.