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Autorité parentale après le divorce : règles, partage et résolution des conflits

Mis à jour le

Le divorce ne met pas fin à l'autorité parentale. Dans la grande majorité des cas, elle reste exercée en commun par les deux parents, quel que soit le lieu de résidence de l'enfant. Ce principe simple a une conséquence pratique : chaque parent garde son mot à dire sur les décisions importantes, et aucun ne peut décider seul de l'école, de la religion ou d'une opération chirurgicale. Voici ce que recouvre exactement l'autorité parentale après un divorce, ce qui relève de chacun, et ce qui se passe quand les parents ne sont pas d'accord.

Ce qu'est l'autorité parentale conjointe

L'autorité parentale est l'ensemble des droits et des devoirs des parents envers leur enfant mineur : le protéger, veiller à sa santé, à sa sécurité, à sa moralité, assurer son éducation et permettre son développement. Elle appartient aux deux parents dès lors que la filiation est établie, et le divorce n'y change rien. Le parent chez qui l'enfant ne réside pas conserve le droit et le devoir de surveiller son entretien et son éducation, et doit être informé des choix importants de sa vie.

⚖️ Articles 371-1 et 373-2 du Code civil

La séparation des parents est sans incidence sur les règles de dévolution de l'exercice de l'autorité parentale. Chacun des père et mère doit maintenir des relations personnelles avec l'enfant et respecter les liens de celui-ci avec l'autre parent.

Décisions courantes et décisions importantes

La loi distingue deux niveaux. Pour les actes usuels de la vie quotidienne, chaque parent est présumé agir avec l'accord de l'autre : inscrire l'enfant à une activité sportive, l'emmener chez le médecin pour un rhume, signer un mot d'absence, autoriser une sortie scolaire. Le parent qui héberge l'enfant ce jour-là décide seul et n'a pas à demander de permission.

Les décisions importantes exigent l'accord des deux parents : le choix ou le changement d'établissement scolaire, l'orientation, une intervention chirurgicale non urgente, un traitement lourd, le choix d'une religion, un déménagement qui modifie les modalités de résidence, le départ à l'étranger, la demande de passeport. Un établissement scolaire ou un médecin qui constate un désaccord entre les parents doit s'abstenir.

Le passeport et les voyages

La sortie du territoire d'un enfant mineur avec un seul de ses parents ne demande plus d'autorisation judiciaire, mais le parent qui s'y oppose peut faire inscrire l'enfant au fichier des personnes recherchées via une opposition à la sortie du territoire, ou saisir le juge pour une interdiction de sortie sans l'accord des deux parents.

Quand un parent peut-il être privé de l'autorité parentale ?

Le retrait est une mesure exceptionnelle, prononcée par un tribunal, et jamais par le seul effet du divorce. Il vise le parent condamné pour un crime ou un délit commis sur l'enfant ou sur l'autre parent, ou celui qui, par de mauvais traitements, une consommation habituelle d'alcool ou de stupéfiants, une inconduite notoire ou un défaut de soins, met manifestement en danger la sécurité, la santé ou la moralité de l'enfant. Le retrait peut être total ou partiel, et le parent peut en demander la restitution au bout d'un an si des circonstances nouvelles le justifient.

Depuis 2024, la condamnation d'un parent pour un crime commis sur l'autre parent entraîne de plein droit le retrait de l'exercice de l'autorité parentale, sauf décision contraire motivée du juge pénal.

L'exercice exclusif de l'autorité parentale

Entre l'exercice conjoint et le retrait, il existe une situation intermédiaire : le juge aux affaires familiales confie l'exercice de l'autorité parentale à un seul parent, quand l'intérêt de l'enfant le commande. L'autre parent conserve alors ses droits de visite et d'hébergement, sauf motif grave, et son devoir d'être informé des choix importants, mais il ne participe plus aux décisions. Cette mesure est prononcée par exemple en cas de désintérêt prolongé, d'impossibilité durable de communiquer, de violences, ou d'éloignement géographique rendant toute concertation impossible.

En cas de conflit entre les parents

Quand les parents ne parviennent pas à s'entendre sur une décision importante, l'un d'eux peut saisir le juge aux affaires familiales, qui tranche en fonction de l'intérêt de l'enfant. Le juge peut aussi ordonner une médiation familiale, ou l'imposer comme préalable à toute nouvelle saisine. Dans la pratique, une convention parentale écrite, même simple, sur les grands sujets (école, santé, vacances, communication) évite la plupart des retours devant le tribunal.

📌 À retenir

Le divorce ne change rien à l'autorité parentale : elle reste commune. Les actes du quotidien se décident seul, les décisions importantes à deux. Le retrait est une sanction rare, prononcée par un juge. En cas de désaccord, le juge aux affaires familiales tranche, souvent après une médiation.

Questions fréquentes


Mon ex-conjoint a la résidence de l'enfant : puis-je encore décider de son école ?

Oui. La résidence habituelle chez un parent ne prive pas l'autre de son autorité parentale. Le changement d'établissement scolaire est une décision importante qui exige l'accord des deux parents ; à défaut, le juge aux affaires familiales tranche.


Le parent qui ne paie pas la pension alimentaire perd-il l'autorité parentale ?

Non. Le non-paiement de la pension est une faute qui se poursuit au civil et au pénal (abandon de famille), mais il n'entraîne pas en lui-même la perte de l'autorité parentale.


Un beau-parent peut-il exercer l'autorité parentale ?

Pas de plein droit. Les parents peuvent demander au juge une délégation-partage de l'autorité parentale au profit du beau-parent, avec l'accord des deux parents, lorsque les besoins d'éducation de l'enfant le justifient.


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