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Séparation de corps vs divorce : quelles différences et comment choisir ?

La séparation de corps est une mesure juridique souvent méconnue qui permet aux époux de vivre séparément tout en conservant leur statut marital. Cette alternative au divorce présente des conséquences juridiques et patrimoniales spécifiques. Comprendre les différences entre séparation de corps et divorce permet à la personne concernée de choisir la solution la plus adaptée à sa situation personnelle, religieuse ou financière.

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1. Définition de la séparation de corps

La séparation de corps est une procédure judiciaire prévue par les articles 296 à 308 du Code civil. Elle met fin au devoir de cohabitation entre époux sans pour autant dissoudre le mariage. Les époux restent mariés mais ne sont plus tenus de vivre ensemble ni de maintenir une communauté de vie.

⚖️ Article 296 du Code civil

La séparation de corps peut être demandée pour les mêmes causes que le divorce. Elle est prononcée dans les mêmes conditions, sous les mêmes distinctions et selon les mêmes modalités que le divorce.

Concrètement, la personne qui opte pour une séparation de corps conserve son statut d’époux marié. Elle peut invoquer les mêmes motifs que pour un divorce : acceptation du principe de la séparation, altération définitive du lien conjugal, ou encore faute (violence, adultère, abandon du domicile conjugal). La procédure judiciaire suit un cheminement similaire à celui d’un divorce contentieux, avec requête initiale, ordonnance de non-conciliation et jugement définitif rendu par le juge aux affaires familiales (JAF).

Qui choisit la séparation de corps ?

La séparation de corps convient particulièrement aux personnes dont les convictions religieuses interdisent le divorce (notamment certains catholiques pratiquants), ou qui souhaitent préserver des droits sociaux liés au mariage (pension de réversion, droits à l’assurance maladie du conjoint). Elle peut aussi constituer une étape transitoire avant un éventuel divorce.

Contrairement au divorce, la séparation de corps n’entraîne pas la dissolution du lien matrimonial. Les époux conservent leur statut marital aux yeux de l’état civil et ne peuvent donc pas se remarier. Cette spécificité peut s’avérer utile dans certaines configurations patrimoniales ou successorales, comme nous le verrons plus loin.

2. Différences juridiques entre séparation de corps et divorce

Bien que la procédure de séparation de corps soit proche de celle d’un divorce pour altération définitive du lien conjugal ou d’un divorce contentieux, les conséquences juridiques diffèrent sur plusieurs points essentiels.

Maintien du lien matrimonial

La principale différence réside dans le maintien du mariage. En cas de séparation de corps, les époux restent mariés et ne peuvent pas contracter un nouveau mariage. En cas de divorce, le lien matrimonial est définitivement rompu : chaque ex-conjoint redevient célibataire et peut se remarier librement.

Ce maintien du statut marital a plusieurs conséquences :

  • Droits successoraux : les époux séparés de corps conservent leur qualité d’héritiers réservataires (contrairement aux divorcés qui perdent cette qualité)
  • Pension de réversion : la personne séparée de corps peut prétendre à la pension de réversion du régime de retraite de son conjoint décédé
  • Protection sociale : le conjoint sans activité professionnelle peut rester ayant droit de l’assurance maladie de son époux
  • Empêchement à mariage : aucun des deux époux ne peut se remarier tant que la séparation de corps n’est pas convertie en divorce
⚠️ Pas de remariage possible

La personne séparée de corps reste juridiquement mariée. Elle ne peut pas se pacser ni se remarier. Si elle souhaite refaire sa vie officiellement, elle devra obligatoirement convertir la séparation de corps en divorce (procédure possible après 2 ans).

Devoir de secours maintenu

Contrairement au divorce où le devoir de secours est remplacé par la prestation compensatoire, la séparation de corps maintient le devoir de secours entre époux (article 303 du Code civil). Cela signifie que l’époux disposant de ressources supérieures doit verser à l’autre une pension alimentaire pour subvenir à ses besoins essentiels.

Cette pension alimentaire est distincte de la contribution à l’entretien et à l’éducation des enfants (pension alimentaire pour enfants), qui s’applique dans tous les cas, séparation de corps comme divorce.

💡 Cas pratique : séparation de corps et devoir de secours

Marie et Pierre sont mariés depuis 15 ans. Pierre dispose de revenus confortables (5 000 € nets mensuels) tandis que Marie ne travaille pas. Ils optent pour une séparation de corps pour des raisons religieuses. Le juge aux affaires familiales fixe une pension alimentaire (devoir de secours) de 1 200 € par mois au profit de Marie, distincte de la pension alimentaire de 600 € pour leur fille de 10 ans. Si le couple avait divorcé, Marie aurait pu prétendre à une prestation compensatoire sous forme de capital ou de rente.

Retour possible à la vie commune

Une spécificité importante de la séparation de corps est la possibilité de réconciliation. Les époux séparés de corps peuvent reprendre la vie commune à tout moment, ce qui met fin automatiquement aux effets de la séparation (article 304 du Code civil). Cette reprise de cohabitation doit être constatée par un acte d’avocat ou une déclaration conjointe au greffe du tribunal.

À l’inverse, un divorce est définitif et irrévocable. Une fois le jugement de divorce passé en force de chose jugée, les ex-époux ne peuvent revenir en arrière qu’en se remariant civilement, ce qui crée un nouveau lien juridique indépendant du premier.

3. Conséquences juridiques de la séparation de corps

La séparation de corps entraîne des effets juridiques concrets sur plusieurs aspects de la vie des époux.

Fin du devoir de cohabitation

La séparation de corps met fin à l’obligation de vivre ensemble. Chaque époux peut établir sa résidence où il le souhaite, sans avoir à justifier sa décision auprès de l’autre. Cette indépendance résidentielle est immédiate dès l’ordonnance de non-conciliation, comme pour un divorce contentieux.

Maintien du nom d’usage

Contrairement au divorce où l’épouse perd en principe le droit d’utiliser le nom de son mari (sauf autorisation spéciale), la personne séparée de corps conserve automatiquement le droit d’usage du nom de l’époux. Cette conservation du nom marital peut présenter un intérêt professionnel ou social.

Autorité parentale

Comme pour un divorce, la séparation de corps maintient l’autorité parentale conjointe sur les enfants mineurs (sauf circonstances exceptionnelles). Le juge aux affaires familiales statue sur la résidence des enfants (résidence chez l’un des parents avec droit de visite et d’hébergement pour l’autre, ou résidence alternée) et fixe la pension alimentaire due au titre de la contribution à l’entretien et l’éducation des enfants.

Les enfants et la séparation de corps

Pour les enfants, les conséquences pratiques d’une séparation de corps sont identiques à celles d’un divorce : fixation de la résidence habituelle, modalités du droit de visite et d’hébergement, montant de la pension alimentaire. Le fait que les parents restent juridiquement mariés n’a pas d’impact sur ces questions.

Droits successoraux conservés

Point essentiel : les époux séparés de corps conservent leurs droits successoraux réciproques. En cas de décès de l’un d’eux, l’autre reste héritier réservataire et peut percevoir la succession dans les mêmes conditions qu’en l’absence de séparation (sauf dispositions contraires prises par testament dans la quotité disponible).

Cette conservation des droits successoraux peut constituer un avantage ou un inconvénient selon les situations. Pour la personne qui souhaite protéger son conjoint en cas de décès, c’est un atout majeur. Pour celle qui souhaite au contraire rompre tout lien patrimonial avec son époux, cela peut représenter une contrainte : dans ce cas, le divorce sera préférable.

📊 Pension de réversion

La personne séparée de corps conserve le droit à la pension de réversion en cas de décès de son conjoint. En 2025, cette pension représente 54 % de la retraite de base du défunt dans le régime général, sous conditions de ressources. Pour un divorcé remarié, la pension est partagée entre les conjoints successifs au prorata de la durée de chaque mariage.

4. Conséquences patrimoniales de la séparation de corps

La séparation de corps entraîne des effets patrimoniaux importants, notamment sur le régime matrimonial. Ces conséquences patrimoniales justifient souvent un accompagnement par un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en complément de l’avocat en droit de la famille.

Séparation de biens automatique

La séparation de corps entraîne automatiquement la séparation de biens pour l’avenir (article 302 du Code civil). Cela signifie que :

  • Les époux séparés de corps gèrent leurs patrimoines de manière totalement indépendante
  • Les revenus perçus après la séparation de corps restent la propriété exclusive de celui qui les perçoit
  • Les biens acquis après la séparation de corps sont des biens propres (pas de communauté)
  • Les dettes contractées après la séparation de corps n’engagent que celui qui les a souscrites

Cette séparation de biens intervient pour l’avenir, mais ne liquide pas nécessairement le régime matrimonial antérieur. Si les époux étaient mariés sous le régime de la communauté (légal ou conventionnel), il faut procéder au partage de la communauté existante au jour de la séparation de corps, comme lors d’un divorce.

⚠️ Liquidation du régime matrimonial nécessaire

La séparation de corps impose de liquider le régime matrimonial antérieur (partage de la communauté, règlement des récompenses, etc.), exactement comme lors d’un divorce. Cette opération nécessite souvent l’intervention d’un notaire, notamment en présence de biens immobiliers. Ne pas signer la convention de partage sans avoir consulté un conseiller en gestion de patrimoine pour évaluer l’impact fiscal et financier des modalités de partage proposées.

Partage des biens et soulte

Le partage des biens acquis pendant le mariage suit les mêmes règles qu’en cas de divorce. Si les époux étaient mariés sous le régime de la communauté réduite aux acquêts (régime légal), tous les biens acquis à titre onéreux pendant le mariage sont présumés communs et doivent être partagés par moitié.

En présence d’un bien immobilier commun, plusieurs solutions existent :

  • Vente du bien et partage du prix entre les époux
  • Attribution à l’un des époux moyennant le versement d’une soulte à l’autre
  • Indivision post-communautaire : les époux conservent le bien en indivision (solution souvent provisoire et source de tensions)
💡 Cas pratique : calcul de la soulte en séparation de corps

Sophie et Laurent sont mariés sous le régime légal. Ils possèdent un appartement acheté 250 000 €, aujourd’hui estimé à 320 000 €, avec un crédit restant dû de 80 000 €. La valeur nette du bien est donc de 240 000 € (320 000 − 80 000). Sophie souhaite conserver l’appartement. Elle doit verser à Laurent une soulte de 120 000 € (la moitié de la valeur nette). Si Sophie ne dispose pas de cette somme, elle peut racheter les parts de Laurent par un nouveau crédit immobilier ou le bien devra être vendu.

Pas de prestation compensatoire, mais devoir de secours

Une différence patrimoniale majeure avec le divorce réside dans l’absence de prestation compensatoire. La séparation de corps ne dissout pas le mariage, donc le juge ne peut pas allouer de prestation compensatoire destinée à compenser la disparité de niveau de vie créée par la rupture.

En revanche, le devoir de secours subsiste : l’époux disposant de ressources supérieures doit verser une pension alimentaire à l’autre époux pour lui permettre de subvenir à ses besoins essentiels. Cette pension est révisable à tout moment en cas de changement de situation (perte d’emploi, remariage de fait, amélioration des ressources du créancier, etc.).

Le montant de la pension alimentaire au titre du devoir de secours est généralement inférieur à celui d’une prestation compensatoire sous forme de rente, car il vise seulement à couvrir les besoins vitaux et non à compenser la perte de niveau de vie.

Avantage fiscal du devoir de secours

Les pensions versées au titre du devoir de secours sont déductibles du revenu imposable du débiteur et imposables dans les mains du créancier (comme les pensions alimentaires). Cela peut constituer un avantage fiscal pour le couple si l’un des époux a des revenus nettement supérieurs à l’autre. La prestation compensatoire en capital, elle, n’est ni déductible ni imposable.

Impact sur l’assurance-vie et les placements

La séparation de corps n’entraîne pas automatiquement la révocation des clauses bénéficiaires d’assurance-vie désignant l’époux. Si la personne séparée de corps souhaite modifier la clause bénéficiaire de ses contrats d’assurance-vie pour exclure son conjoint, elle doit effectuer cette démarche de manière volontaire auprès de son assureur.

De même, les donations entre époux (donations au dernier vivant) restent valables tant que le mariage subsiste. Si la personne séparée de corps souhaite révoquer ces donations, elle doit le faire explicitement par acte notarié.

C’est pourquoi il est indispensable de faire le point sur l’ensemble de son patrimoine financier avec un conseiller en gestion de patrimoine lors d’une séparation de corps : assurance-vie, PEA, comptes-titres, livrets d’épargne, produits de capitalisation, contrats de prévoyance… Chaque actif doit être analysé pour vérifier s’il reste commun, s’il devient propre, et qui en est bénéficiaire en cas de décès.

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5. Conversion de la séparation de corps en divorce

La séparation de corps peut être convertie en divorce à tout moment, à la demande de l’un ou l’autre des époux, ou des deux conjointement.

Conversion immédiate possible

Depuis la loi du 26 mai 2004, la conversion peut intervenir sans délai. Il n’est plus nécessaire d’attendre un délai minimal de séparation de corps (auparavant fixé à 3 ans) pour demander la conversion en divorce.

La demande de conversion peut être :

  • Unilatérale : un seul époux demande la conversion (l’autre n’a pas à donner son accord)
  • Conjointe : les deux époux demandent ensemble la conversion, ce qui simplifie et accélère la procédure
⚖️ Article 296 alinéa 2 du Code civil

La séparation de corps peut toujours, à la demande de l’un des époux, être convertie en divorce pour altération définitive du lien conjugal.

Procédure de conversion

La conversion s’effectue par une requête auprès du juge aux affaires familiales. Si les époux sont d’accord sur le principe et les conséquences de la conversion, la procédure est rapide et simplifiée (similaire à un divorce par consentement mutuel judiciaire).

En cas de conversion, le jugement de divorce se substitue au jugement de séparation de corps. Les effets du divorce s’appliquent dès lors : dissolution du mariage, perte des droits successoraux réciproques, possibilité de se remarier, perte du nom d’usage (sauf autorisation du juge ou accord de l’ex-conjoint).

La conversion en divorce peut donner lieu à :

  • L’octroi d’une prestation compensatoire si les conditions sont remplies (disparité de niveau de vie créée par la rupture du mariage)
  • La suppression du devoir de secours (qui cesse avec la dissolution du mariage)
  • La possibilité pour chaque ex-conjoint de se remarier ou de se pacser
💡 Cas pratique : conversion après 5 ans de séparation de corps

Claire et Julien sont séparés de corps depuis 5 ans. Claire verse une pension alimentaire à Julien au titre du devoir de secours (800 € par mois). Claire rencontre une nouvelle personne et souhaite se remarier. Elle demande la conversion de la séparation de corps en divorce. Le juge prononce le divorce et fixe une prestation compensatoire de 60 000 € au profit de Julien (compte tenu de la durée du mariage, de l’âge de Julien et de la disparité de revenus). Claire peut désormais se remarier.

Choix du moment de la conversion

Le choix du moment de la conversion peut avoir des implications patrimoniales et fiscales importantes, notamment en matière de succession et de fiscalité. Il est recommandé de se faire accompagner par un conseiller en gestion de patrimoine pour évaluer le moment opportun de la conversion, en fonction de l’évolution patrimoniale, de la situation familiale et des projets de vie de chacun.

6. Dans quels cas choisir la séparation de corps plutôt que le divorce ?

La séparation de corps constitue une option pertinente dans plusieurs situations spécifiques.

Convictions religieuses

Pour les personnes dont la religion interdit le divorce (notamment certains catholiques pratiquants), la séparation de corps permet de mettre fin à la cohabitation et d’organiser la séparation patrimoniale tout en respectant l’indissolubilité du mariage aux yeux de l’Église. Cette solution évite le conflit entre convictions religieuses et nécessité de mettre fin à une vie commune devenue impossible.

Protection des droits sociaux

La séparation de corps permet de conserver certains droits sociaux liés au mariage :

  • Pension de réversion : droit intégral à la pension de réversion du régime de retraite du conjoint en cas de décès (alors qu’en cas de divorce, la pension est partagée entre conjoints successifs)
  • Assurance maladie : maintien du statut d’ayant droit si l’époux ne dispose pas de couverture maladie propre
  • Prévoyance collective : certains contrats de prévoyance d’entreprise maintiennent les garanties pour le conjoint séparé de corps (à vérifier au cas par cas)
Pension de réversion intégrale

En cas de divorce, la pension de réversion est partagée entre tous les conjoints successifs (ex-époux divorcé et nouveau conjoint) au prorata de la durée de chaque mariage. En cas de séparation de corps, la personne séparée conserve la totalité de la pension de réversion si son conjoint décède, même si celui-ci a refait sa vie.

Stratégie patrimoniale transitoire

La séparation de corps peut constituer une étape transitoire avant un divorce définitif. Elle permet aux époux de :

  • Prendre le temps de réfléchir à leur décision
  • Tester la séparation effective avant de franchir le pas du divorce
  • Organiser progressivement le partage patrimonial complexe (entreprise, patrimoine immobilier important, portefeuilles financiers)
  • Préserver certains avantages fiscaux ou successoraux pendant une période donnée

Dans certains cas, la séparation de corps permet de différer fiscalement certaines opérations patrimoniales. Par exemple, si le partage d’un bien immobilier risque de générer une plus-value imposable importante, la séparation de corps permet de reporter cette opération à un moment plus opportun sur le plan fiscal, tout en organisant déjà la vie séparée des époux.

Préservation des droits successoraux

Pour les couples âgés ou en situation de santé fragile, la séparation de corps permet de protéger le conjoint survivant tout en vivant séparément. Les époux conservent leurs droits successoraux réciproques et peuvent s’assurer mutuellement en cas de décès de l’un d’eux.

Cette configuration peut être particulièrement pertinente lorsque l’un des époux dispose d’un patrimoine important et souhaite protéger son conjoint face à des enfants d’un premier lit qui pourraient contester un testament ou une donation.

⚠️ Attention aux donations entre époux

Les donations entre époux (donations au dernier vivant) restent valables en cas de séparation de corps. Si la personne séparée ne souhaite pas que son conjoint hérite de l’intégralité de la quotité disponible en cas de décès, elle doit révoquer expressément cette donation par acte notarié.

Situations de violence ou de rupture conflictuelle

Dans certains cas de rupture très conflictuelle, la séparation de corps peut être préférée au divorce car elle permet de mettre fin immédiatement au devoir de cohabitation sans attendre les délais d’un divorce contentieux. Toutefois, dans les situations de violence conjugale, le divorce pour faute reste généralement la voie à privilégier, car il permet de rompre définitivement le lien matrimonial et d’obtenir des dommages et intérêts.

Comparaison synthétique : séparation de corps vs divorce

Le tableau ci-dessous récapitule les principales différences entre séparation de corps et divorce :

Critère Séparation de corps Divorce
Lien matrimonial Maintenu Dissous
Possibilité de remariage Non Oui
Droits successoraux Conservés Perdus
Pension de réversion Intégrale Partagée entre conjoints successifs
Devoir de secours Maintenu (pension alimentaire) Supprimé
Prestation compensatoire Non Oui (si conditions remplies)
Régime matrimonial Séparation de biens pour l’avenir + liquidation du régime antérieur Liquidation complète du régime matrimonial
Nom d’usage Conservé automatiquement Perdu (sauf autorisation)
Conversion possible Oui, en divorce à tout moment Non (irrévocable)
Réconciliation Possible (met fin à la séparation de corps) Impossible (sauf remariage)
📌 L'essentiel à retenir

La séparation de corps permet de vivre séparément tout en restant marié. Elle maintient certains droits (succession, réversion, nom) mais interdit le remariage. Elle peut être convertie en divorce à tout moment. Le choix entre séparation de corps et divorce dépend des convictions religieuses, de la stratégie patrimoniale et des objectifs de protection sociale de la personne concernée.

Foire aux questions (FAQ)

Questions fréquentes


Peut-on se remarier après une séparation de corps ?

Non. La séparation de corps maintient le lien matrimonial. La personne séparée de corps reste juridiquement mariée et ne peut donc ni se remarier ni se pacser. Pour pouvoir se remarier, elle doit obligatoirement demander la conversion de la séparation de corps en divorce.


Combien coûte une séparation de corps ?

Le coût d’une séparation de corps est similaire à celui d’un divorce contentieux. Il comprend les honoraires d’avocat (entre 2 000 € et 5 000 € en moyenne selon la complexité), les frais de notaire si un partage immobilier est nécessaire, et les droits de procédure. L’aide juridictionnelle peut être accordée sous conditions de ressources.


La séparation de corps entraîne-t-elle le partage des biens ?

Oui. La séparation de corps entraîne la liquidation du régime matrimonial antérieur, comme lors d’un divorce. Si les époux étaient mariés sous le régime de la communauté, les biens communs doivent être partagés. Pour l’avenir, les époux séparés de corps sont automatiquement en régime de séparation de biens.


Peut-on revenir en arrière après une séparation de corps ?

Oui. Les époux séparés de corps peuvent se réconcilier et reprendre la vie commune à tout moment. Cette réconciliation met automatiquement fin aux effets de la séparation de corps. Elle doit être constatée par un acte d’avocat ou une déclaration au greffe du tribunal. Le divorce, en revanche, est définitif et irrévocable.


Quelle est la différence entre séparation de corps et séparation de fait ?

La séparation de fait est une situation informelle où les époux vivent séparément sans jugement. Elle n’a aucun effet juridique. La séparation de corps est une décision judiciaire qui entraîne des conséquences juridiques précises : fin du devoir de cohabitation, liquidation du régime matrimonial, séparation de biens pour l’avenir, fixation d’une pension alimentaire.


La séparation de corps protège-t-elle mieux la pension de réversion que le divorce ?

Oui. En cas de séparation de corps, la personne séparée conserve l’intégralité de la pension de réversion si son conjoint décède, même si celui-ci a refait sa vie. En cas de divorce, la pension de réversion est partagée entre tous les conjoints successifs (ex-époux divorcé et nouveau conjoint) au prorata de la durée de chaque mariage.


Conclusion

La séparation de corps constitue une alternative méconnue au divorce, particulièrement adaptée aux personnes qui souhaitent mettre fin à la cohabitation tout en conservant le lien matrimonial pour des raisons religieuses, patrimoniales ou sociales. Elle offre une souplesse intéressante : possibilité de réconciliation, maintien des droits successoraux et de la pension de réversion, conservation du nom d’usage.

Toutefois, la séparation de corps présente aussi des contraintes : impossibilité de se remarier, maintien du devoir de secours, absence de prestation compensatoire. Le choix entre séparation de corps et divorce doit être mûrement réfléchi, en fonction de la situation personnelle, familiale et patrimoniale de chacun.

Dans tous les cas, il est indispensable de se faire accompagner par un avocat spécialisé en droit de la famille pour la dimension juridique et procédurale, et par un conseiller en gestion de patrimoine pour analyser les conséquences financières et fiscales à court, moyen et long terme.

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Témoignages

Moi j’ai choisi la séparation de corps au lieu du divorce pour des raisons religieuses. C’était important pour moi de rester mariée aux yeux de l’Église même si on vivait plus ensemble. Franchement c’était pas évident à expliquer autour de moi mais ça correspondait vraiment à mes convictions. Et puis ça m’a permis de garder mes droits à la pension de réversion, vu que mon ex a une bonne retraite c’est quand même pas négligeable

— Valérie, 54 ans, séparée de corps depuis 3 ans

On s’était séparés de corps y’a 4 ans parce que ma femme voulait pas divorcer. Mais moi j’avais rencontré quelqu’un et je voulais me remarier. Du coup j’ai demandé la conversion en divorce. Le juge a accepté direct, même si mon ex était pas d’accord. Bon après j’ai du payer une prestation compensatoire mais au moins je suis libre maintenant

— Philippe, 61 ans, converti sa séparation de corps en divorce après 4 ans

Honnêtement moi c’est surtout pour la pension de réversion que j’ai choisi la séparation de corps. Mon mari a 15 ans de plus que moi et une grosse retraite. Si on divorce et qu’il se remarie après, je toucherai qu’une partie de la pension. Là avec la séparation de corps je suis tranquille, je garde tout. aide-divorce.fr m’a vraiment bien expliqué tout ça, j’aurais jamais pensé à cette solution toute seule

— Christelle, 49 ans, a choisi la séparation de corps pour protéger sa pension de réversion