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Preuve divorce pour faute selon le Code civil : quelles preuves sont recevables devant le juge ?

Lorsqu’une personne souhaite divorcer pour faute, elle doit démontrer au juge aux affaires familiales que son conjoint a gravement manqué à ses obligations matrimoniales. Contrairement au divorce pour faute où il suffit de prouver la rupture irrémédiable du lien conjugal, le divorce pour faute exige un travail probatoire rigoureux. Cette procédure repose sur des éléments de preuve solides et recevables par le juge. Sans preuve suffisante, l’époux qui demande le divorce pour faute risque de voir sa demande rejetée, voire transformée en divorce pour altération définitive du lien conjugal.

Adultère, violences conjugales, abandon du domicile conjugal, injures répétées : chaque faute invoquée nécessite un faisceau d’indices convergents. La personne qui engage cette procédure doit rassembler des preuves variées et cohérentes, tout en respectant les règles du droit de la preuve. Les enjeux sont de taille : patrimoniaux (prestation compensatoire, partage des biens) mais aussi moraux et psychologiques. Ce guide détaille les preuves admises par le juge aux affaires familiales (JAF), les moyens de les constituer et les erreurs à éviter.

Association aide victimes

Quelles sont les preuves recevables dans le cadre d’un divorce pour faute ?

Le Code civil et la jurisprudence encadrent strictement les modes de preuve admissibles devant le juge aux affaires familiales. La personne qui demande le divorce pour faute supporte la charge de la preuve : c’est à elle de démontrer la réalité des faits reprochés à son conjoint. Le juge n’admet que les preuves obtenues de manière loyale et licite.

Principe de liberté de la preuve en matière de divorce

Contrairement à certaines procédures civiles, le divorce pour faute relève du principe de la liberté de la preuve. Cela signifie que tout moyen de preuve peut être utilisé, à condition qu’il soit obtenu de façon loyale. La personne concernée peut donc produire des attestations, des photographies, des courriels, des SMS, des captures d’écran de réseaux sociaux, des factures, des relevés téléphoniques, etc.

⚖️ Article 259 du Code civil

Le divorce peut être demandé par l’un des époux lorsque des faits constitutifs d’une violation grave ou renouvelée des devoirs et obligations du mariage sont imputables à son conjoint et rendent intolérable le maintien de la vie commune.

L’époux demandeur doit démontrer que la faute alléguée revêt un caractère suffisamment grave et qu’elle rend intolérable la poursuite de la vie commune. Le juge apprécie souverainement la gravité des faits et la recevabilité des preuves.

Les attestations de témoins

Les attestations rédigées par des membres de l’entourage (famille, amis, collègues, voisins) constituent un moyen de preuve classique et efficace. Les témoins doivent être majeurs, ne pas faire partie de la famille directe (ascendants, descendants), et rapporter des faits qu’ils ont personnellement constatés. Une attestation vague ou fondée sur des « on-dit » n’a aucune valeur probante.

Conseils pour une attestation recevable

Le témoin doit indiquer précisément son identité complète (nom, prénom, date de naissance, adresse, profession), la nature de ses liens avec l’époux demandeur, les faits constatés avec des dates et des lieux précis. L’attestation doit être manuscrite, datée et signée. Une photocopie de la pièce d’identité du témoin doit être jointe.

Les témoignages peuvent porter sur des faits d’adultère (témoin ayant vu le conjoint en compagnie de son amant ou de sa maîtresse), de violences (constatation de blessures, participation à une dispute), d’abandon du domicile conjugal, etc.

Les preuves numériques : emails, SMS, messageries instantanées

Les courriels, SMS, messages WhatsApp, captures d’écran de conversations sur Facebook, Instagram ou Snapchat sont recevables à condition d’être obtenus loyalement. La personne concernée peut produire les échanges de son propre téléphone ou de sa propre boîte mail. En revanche, pirater le téléphone de son conjoint, installer un logiciel espion ou accéder à ses comptes sans son consentement expose à des poursuites pénales et rend la preuve irrecevable.

⚠️ Preuves illicites : risque pénal et nullité

Installer un logiciel espion sur le téléphone de son conjoint, accéder à sa boîte mail sans autorisation, enregistrer une conversation à son insu dans un lieu privé : ces pratiques constituent des délits (violation du secret des correspondances, atteinte à la vie privée). Les preuves ainsi obtenues sont irrecevables et la personne qui les a recueillies s’expose à des poursuites.

La jurisprudence de la Cour de cassation valide les preuves numériques dès lors qu’elles sont obtenues de manière loyale. Par exemple, une conversation par SMS entre l’époux infidèle et son amant ou sa maîtresse, découverte par hasard sur un téléphone laissé ouvert, peut être produite. Mais un enregistrement de conversation réalisé à l’insu du conjoint dans le domicile conjugal sera écarté.

Les constats d’huissier

L’huissier de justice peut effectuer un constat sur demande de l’époux demandeur. Ce constat permet de figer une situation à un moment donné : présence d’un tiers au domicile conjugal, état des lieux après un départ précipité, constatation de violences matérielles (mobilier cassé, objets détruits). Le constat d’huissier a une forte valeur probante car il est réalisé par un officier ministériel assermenté.

L’huissier doit respecter la vie privée du conjoint : il ne peut pas pénétrer dans un domicile sans autorisation judiciaire préalable. En revanche, il peut constater des faits dans un lieu public ou accessible au public (restaurant, hôtel, rue).

Les rapports de détectives privés

Faire appel à un détective privé (ou agent de recherches privées agréé) est légal en France. Ce professionnel peut effectuer des filatures, recueillir des témoignages, photographier des scènes en lieu public. Le rapport d’enquête du détective peut être produit devant le juge, à condition que les investigations aient été menées dans le respect de la vie privée et sans recours à des moyens illicites.

💡 Cas pratique : filature pour prouver un adultère

Madame M. soupçonne son mari de la tromper avec une collègue de travail. Elle mandate un détective privé. Celui-ci suit Monsieur M. pendant plusieurs semaines et le photographie à plusieurs reprises entrant et sortant d’un hôtel avec sa collègue, main dans la main. Le détective produit un rapport circonstancié avec dates, heures, lieux et photographies prises dans la rue (lieu public). Ce rapport constitue un faisceau d’indices sérieux de l’adultère et sera recevable devant le juge.

Le coût d’un détective privé varie entre 500 et 2 000 euros selon la durée de la mission. Cette dépense peut être intégrée dans les frais irrépétibles du procès, mais elle n’est généralement pas remboursée par le conjoint fautif.

Les documents bancaires et factures

Les relevés bancaires, tickets de péage, factures d’hôtel, de restaurant, de voyages peuvent constituer des indices sérieux. Par exemple, des retraits d’argent réguliers dans une ville où le conjoint n’a aucune activité professionnelle, des factures d’hôtel pour deux personnes, des dépenses de cadeaux ou de fleurs envoyés à une adresse inconnue, etc.

Ces éléments, pris isolément, sont rarement suffisants. Mais combinés à d’autres preuves (témoignages, SMS, constat d’huissier), ils forment un faisceau d’indices convergents que le juge peut retenir.

Les photographies et vidéos

Les photographies et vidéos sont recevables si elles sont prises dans un lieu public ou si la personne concernée en est l’auteur. Photographier son conjoint en compagnie d’un tiers dans la rue, dans un parc, dans un café : aucun problème. En revanche, filmer ou photographier à l’intérieur du domicile conjugal à l’insu du conjoint est interdit.

Questions de procédure de divorce

Les preuves irrecevables ou à éviter absolument

Certaines preuves, bien qu’elles semblent pertinentes, sont systématiquement écartées par le juge car elles violent des principes fondamentaux du droit.

Les preuves obtenues par fraude, violence ou violation de domicile

Toute preuve obtenue par des moyens illégaux est irrecevable. Cela inclut :

  • Le vol de documents (courriers, journal intime, agenda)
  • L’ouverture de courriers adressés au conjoint (violation du secret de la correspondance, article 226-15 du Code pénal)
  • L’enregistrement de conversations téléphoniques ou vidéo à l’insu du conjoint
  • L’intrusion dans le domicile du conjoint après le départ du domicile conjugal
  • L’installation de micros, caméras cachées ou GPS traceurs sans consentement
⚖️ Article 9 du Code civil

Chacun a droit au respect de sa vie privée. L’utilisation de preuves obtenues par des moyens portant atteinte à la vie privée peut être sanctionnée pénalement et entraîner la nullité de la preuve.

La personne qui utilise de telles méthodes s’expose à des poursuites pénales (amende pouvant aller jusqu’à 45 000 euros et un an d’emprisonnement) et voit ses preuves purement et simplement écartées par le juge.

Les témoignages des enfants mineurs

Les enfants du couple ne peuvent pas témoigner contre l’un de leurs parents dans le cadre d’un divorce pour faute. Leur témoignage est irrecevable. Le juge peut les entendre dans le cadre de l’organisation de la résidence et de la garde des enfants, mais jamais pour établir une faute conjugale.

⚠️ Protéger les enfants du conflit parental

Impliquer les enfants dans la recherche de preuves ou leur demander de rapporter des faits concernant l’autre parent est extrêmement préjudiciable pour leur équilibre psychologique. Le juge peut sanctionner ce comportement en attribuant les torts exclusifs du divorce à l’époux qui instrumentalise les enfants.

Les témoignages de parents directs

Les ascendants (parents, grands-parents) et descendants (enfants majeurs) ne peuvent pas témoigner en faveur de leur enfant ou parent dans un divorce pour faute. En revanche, ils peuvent témoigner si leur témoignage est défavorable à leur proche (cas rarissime).

La preuve spécifique de l’adultère : un cas fréquent

L’adultère est la faute conjugale la plus fréquemment invoquée dans les demandes de divorce pour faute. Prouver une relation extraconjugale nécessite de réunir un faisceau d’indices convergents.

Indices et faisceau de présomptions

Contrairement aux idées reçues, il n’est pas nécessaire de « surprendre les amants en flagrant délit ». Le juge se fonde sur un faisceau d’indices concordants :

  • Échanges de SMS ou de courriels à caractère amoureux ou sexuel
  • Photographies ou vidéos montrant le conjoint en situation équivoque avec un tiers (main dans la main, baisers, entrée/sortie d’hôtel)
  • Témoignages de proches ayant constaté la liaison
  • Constats d’huissier (présence d’un tiers au domicile conjugal pendant l’absence de l’époux demandeur)
  • Rapport de détective privé
  • Relevés téléphoniques montrant des appels fréquents et prolongés avec une même personne
  • Factures d’hôtel, de restaurant, de voyages avec une personne autre que le conjoint
💡 Cas pratique : prouver un adultère sans flagrant délit

Monsieur L. découvre par hasard sur le téléphone de son épouse (laissé ouvert) des messages WhatsApp explicites avec un collègue. Il photographie les écrans. Il mandate ensuite un détective qui constate que Madame L. se rend régulièrement dans un appartement appartenant à ce collègue, y reste plusieurs heures. Deux amis de Monsieur L. attestent avoir vu Madame L. en compagnie de cet homme dans un restaurant, en attitude affectueuse. Les relevés de carte bancaire montrent des paiements dans des hôtels. Le juge retient l’adultère sur la base de ce faisceau d’indices.

Preuves numériques de l’adultère : SMS, emails, réseaux sociaux

Les échanges écrits constituent souvent les preuves les plus solides. Les messages à caractère intime (« je t’aime », « tu me manques », évocations de moments intimes) suffisent à établir la prestation d’une relation extraconjugale. Les captures d’écran doivent être lisibles, datées et contextualisées.

Sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram), les statuts relationnels modifiés, les publications montrant le conjoint avec un tiers, les commentaires équivoques peuvent être versés au dossier. La personne concernée peut faire des captures d’écran ou demander à un huissier de constater l’état d’un profil public.

Le rôle du détective privé dans la preuve de l’adultère

Le recours à un détective privé est particulièrement utile en cas de suspicions d’adultère sans preuve tangible. Le détective effectue une surveillance discrète, photographie les déplacements et rencontres, interroge l’entourage et produit un rapport circonstancié. Ce rapport, associé à d’autres éléments, permet de constituer un dossier solide.

📊 Coût moyen d'une enquête de détective privé

Entre 500 et 2 500 euros selon la durée de la filature et la complexité de la mission. Prévoir 50 à 100 euros de l’heure en moyenne.

La personne qui envisage de mandater un détective doit s’assurer que celui-ci est titulaire de l’agrément délivré par le CNAPS (Conseil national des activités privées de sécurité).

Autres fautes conjugales : quelles preuves apporter ?

Violences conjugales physiques ou psychologiques

Les violences conjugales constituent une faute grave. Pour les prouver, la personne victime peut produire :

  • Certificats médicaux décrivant les blessures (avec indication de l’incapacité temporaire de travail, ITT)
  • Dépôt de plainte ou main courante au commissariat
  • Témoignages de proches ayant constaté les violences ou leurs conséquences
  • Constats d’huissier (mobilier détruit, traces de coups dans le logement)
  • Enregistrements ou vidéos (avec prudence : l’enregistrement à l’insu peut être contesté)
  • Ordonnance de protection délivrée par le JAF

Les violences psychologiques (humiliations, menaces, harcèlement moral) sont plus difficiles à prouver. La personne concernée peut s’appuyer sur des attestations de témoins, des échanges de SMS ou courriels insultants, des certificats médicaux de dépression ou de stress post-traumatique, un suivi psychologique ou psychiatrique.

Ordonnance de protection : une mesure d'urgence

Si la personne est victime de violences conjugales, elle peut solliciter en urgence une ordonnance de protection auprès du juge aux affaires familiales. Cette ordonnance peut interdire au conjoint violent de s’approcher du domicile ou de contacter la victime. Elle constitue une preuve très forte dans le cadre du divorce pour faute.

Abandon du domicile conjugal

L’abandon du domicile conjugal (départ brutal sans motif légitime) peut constituer une faute si le conjoint parti refuse toute réconciliation et ne contribue plus aux charges du mariage. Pour le prouver :

  • Courriers recommandés ou emails demandant le retour du conjoint, restés sans réponse
  • Attestations de voisins ou proches constatant le départ et l’absence prolongée
  • Constats d’huissier de l’état du domicile
  • Relevés bancaires montrant l’absence de contribution aux charges communes

Attention : le départ du domicile conjugal peut être légitime si le conjoint partant est victime de violences ou si la vie commune est devenue intolérable. Dans ce cas, ce n’est pas une faute.

Injures graves et répétées

Les injures, humiliations publiques, comportements vexatoires répétés peuvent caractériser une faute. Preuves possibles :

  • Attestations de témoins ayant assisté aux scènes
  • Échanges de SMS ou emails insultants
  • Captures d’écran de publications sur les réseaux sociaux
  • Certificats médicaux de dépression ou anxiété liée au comportement du conjoint

La charge de la preuve et le rôle du juge

C’est à l’époux demandeur du divorce pour faute de rapporter la preuve des faits allégués. Le juge aux affaires familiales apprécie souverainement la gravité des fautes et la recevabilité des preuves. Il peut rejeter une demande de divorce pour faute s’il estime que les preuves sont insuffisantes ou que la faute n’est pas assez grave.

📌 L'essentiel sur la charge de la preuve

Le demandeur du divorce pour faute doit constituer un dossier solide avec un faisceau d’indices convergents. Une seule preuve isolée est rarement suffisante. Le juge apprécie librement la valeur probante des éléments versés au dossier et peut prononcer un divorce aux torts partagés si les deux époux ont commis des fautes.

Le juge peut également prononcer un divorce aux torts partagés si les deux conjoints ont commis des fautes (adultère réciproque, violences mutuelles, etc.). Dans ce cas, ni l’un ni l’autre ne pourra obtenir de dommages-et-intérêts ni de prestation compensatoire pour faute.

Conseils pratiques pour constituer un dossier de preuves

Anticipation et collecte méthodique

Dès que la personne envisage un divorce pour faute, elle doit commencer à rassembler des preuves de manière méthodique :

  • Tenir un journal des faits reprochés (dates, circonstances, témoins présents)
  • Conserver tous les SMS, emails, messages suspects
  • Faire des captures d’écran horodatées
  • Solliciter des attestations de témoins le plus tôt possible (la mémoire s’efface avec le temps)
  • Conserver toutes les factures, relevés bancaires et téléphoniques
  • Consulter un avocat spécialisé en droit de la famille pour valider la stratégie probatoire
⚠️ Ne pas se faire justice soi-même

La tentation est grande de pirater le téléphone ou les comptes du conjoint, d’installer des logiciels espions ou de fouiller ses affaires personnelles. Ces pratiques sont illégales et peuvent se retourner contre la personne qui les emploie. Toujours privilégier les moyens légaux et se faire conseiller par un avocat.

Faire appel à un avocat spécialisé en droit de la famille

Un avocat spécialisé en droit de la famille connaît parfaitement les règles de la preuve et les exigences du juge aux affaires familiales. Il peut orienter la personne concernée vers les preuves les plus pertinentes, écarter les éléments irrecevables, solliciter un constat d’huissier ou recommander un détective privé. L’avocat rédige également la requête en divorce et présente les preuves de manière cohérente et convaincante.

Le recours à un avocat est obligatoire pour toute procédure de divorce contentieux (divorce pour faute, divorce pour altération définitive du lien conjugal). L’aide juridictionnelle peut être accordée aux personnes dont les ressources sont insuffisantes.

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L’importance de l’accompagnement patrimonial en parallèle

Le divorce pour faute a des conséquences patrimoniales importantes : partage des biens communs, attribution de la prestation compensatoire, liquidation du régime matrimonial, sort de l’assurance-vie et des comptes bancaires. Si la faute est reconnue aux torts exclusifs du conjoint fautif, celui-ci peut être privé de prestation compensatoire ou contraint de verser des dommages-et-intérêts.

Au-delà de la procédure judiciaire, il est essentiel de se faire accompagner par un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) pour optimiser sa situation financière : choix du régime de liquidation, valorisation des biens, fiscalité du divorce, gestion du capital reçu au partage, stratégie de reconstitution patrimoniale. aide-divorce.fr propose un accompagnement global juridique ET patrimonial pour sécuriser l’avenir financier de la personne qui divorce.

Les conséquences du divorce pour faute aux torts exclusifs

Si le juge retient la faute aux torts exclusifs de l’un des conjoints, plusieurs conséquences s’appliquent :

  • Le conjoint reconnu fautif peut être condamné à verser des dommages-et-intérêts au conjoint victime pour le préjudice moral subi
  • Le conjoint fautif peut être privé de prestation compensatoire (article 270 du Code civil)
  • Le conjoint victime peut demander l’attribution préférentielle du logement conjugal
  • En cas de violences, le conjoint fautif peut perdre l’autorité parentale (cas extrêmes)
⚖️ Article 266 du Code civil

Le divorce peut être prononcé aux torts exclusifs de l’un des époux ou aux torts partagés. Le juge apprécie souverainement la gravité des fautes et leur imputabilité.

Le divorce pour faute peut être long (12 à 24 mois en moyenne) et coûteux (frais d’avocat, éventuellement détective privé, frais d’huissier). Il est souvent plus conflictuel qu’un divorce par consentement mutuel. Mais il reste la seule voie possible lorsque l’un des conjoints refuse le divorce ou lorsque la victime souhaite obtenir réparation d’un préjudice grave.

📊 Durée moyenne d'un divorce pour faute

Entre 18 et 30 mois de procédure, de la requête initiale au jugement définitif. Délai variable selon l’encombrement du tribunal.

Conclusion

Prouver une faute dans le cadre d’un divorce exige rigueur, anticipation et accompagnement juridique compétent. Les preuves recevables sont nombreuses (attestations, emails, SMS, constats d’huissier, rapports de détectives, factures, photographies) mais doivent toujours être obtenues loyalement et dans le respect de la vie privée du conjoint. Tout moyen de preuve illicite (fraude, violence, violation de correspondance) sera écarté et pourra exposer son auteur à des poursuites pénales.

Le divorce pour faute reste une procédure contentieuse lourde, mais elle peut s’avérer indispensable pour obtenir réparation d’un préjudice moral grave (adultère, violences, abandon). Au-delà des aspects judiciaires, la personne concernée doit impérativement se faire accompagner sur le plan patrimonial : liquidation du régime matrimonial, partage des biens, fiscalité, gestion du capital, reconstruction financière. aide-divorce.fr, porté par un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé, propose un accompagnement complet pour sécuriser l’avenir juridique et financier des personnes en situation de divorce.

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Foire aux questions (FAQ)

Questions fréquentes


Peut-on utiliser les SMS de son conjoint comme preuve dans un divorce pour faute ?

Oui, les SMS peuvent être produits comme preuves devant le juge aux affaires familiales, à condition qu’ils aient été obtenus de manière loyale. Par exemple, si la personne a découvert les messages sur le téléphone de son conjoint laissé ouvert, elle peut les photographier ou en faire des captures d’écran. En revanche, pirater le téléphone ou installer un logiciel espion est illégal et rend la preuve irrecevable.

Un détective privé est-il vraiment utile pour prouver un adultère ?

Oui, dans de nombreux cas le recours à un détective privé agréé permet de constituer un dossier de preuves solide. Le détective effectue des filatures discrètes, photographie les déplacements et rencontres du conjoint suspecté d’adultère, et produit un rapport circonstancié. Ce rapport, associé à d’autres éléments (témoignages, SMS, factures), forme un faisceau d’indices convergents que le juge peut retenir. Le coût moyen d’une enquête varie entre 500 et 2 500 euros.

Quelles preuves sont irrecevables dans un divorce pour faute ?

Sont irrecevables toutes les preuves obtenues par fraude, violence ou violation de la vie privée : courriers volés, enregistrements clandestins, logiciels espions, intrusion dans le domicile du conjoint, témoignages d’enfants mineurs, témoignages de parents directs. Ces preuves seront écartées par le juge et peuvent exposer leur auteur à des poursuites pénales.

Combien de preuves faut-il pour prouver une faute conjugale ?

Il n’existe pas de nombre minimum de preuves. Le juge apprécie un faisceau d’indices convergents. Une seule preuve très solide (par exemple un constat d’huissier attestant de la présence d’un amant au domicile conjugal) peut suffire. Mais en général, il est prudent de réunir plusieurs éléments complémentaires (attestations, SMS, photos, factures) pour convaincre le juge de la réalité de la faute.

Peut-on divorcer pour faute si les deux conjoints ont commis des fautes ?

Oui, le juge peut prononcer un divorce aux torts partagés si les deux époux ont commis des fautes (adultère réciproque, violences mutuelles, etc.). Dans ce cas, aucun des deux conjoints ne pourra obtenir de dommages-et-intérêts ni de prestation compensatoire au titre de la faute. Le partage des biens s’effectue selon les règles habituelles du régime matrimonial.

Quels sont les délais pour rassembler les preuves d'un divorce pour faute ?

Il n’existe pas de délai légal strict pour constituer le dossier de preuves. Toutefois, plus la personne anticipe et rassemble les éléments tôt, plus son dossier sera solide. Certains faits peuvent être difficiles à prouver longtemps après (témoignages qui s’effacent, disparition de documents). Il est recommandé de consulter un avocat spécialisé dès que l’idée du divorce pour faute se précise, afin de définir une stratégie probatoire efficace.


Témoignages

Bon moi j’ai galéré pour prouver l’adultère de ma femme. Au début j’avais juste des doutes, genre elle rentrait tard, elle passait son temps au téléphone… J’ai trouvé l’article d’aide-divorce.fr sur les preuves et j’ai compris qu’il fallait que je constitue un dossier solide. J’ai fait faire une enquête par un détective privé, ça m’a coûté 1500 euros mais au moins j’ai eu des photos et un rapport circonstancié. Mon avocat a ajouté les SMS que j’avais découverts par hasard sur son téléphone et des attestations de potes qui l’avaient vue avec son amant. Au final le juge a prononcé le divorce à ses torts exclusifs.

— Marc, 45 ans, divorcé pour adultère

Franchement le divorce pour faute c’est un enfer… Mon ex était violent, j’ai porté plainte plusieurs fois mais j’avais peur que ça suffise pas. Mon avocate m’a dit de garder tous les certificats médicaux, les mains courantes, et de demander une ordonnance de protection. J’ai aussi fait témoigner ma soeur et une voisine qui avaient entendu les disputes et vu mes bleus. Le site aide-divorce.fr m’a vraiment aidée à comprendre quels documents il fallait rassembler, parce que quand on est dans cette situation on sait plus trop quoi faire

— Sophie, 38 ans, maman de 2 enfants

Honnêtement j’ai fait l’erreur de vouloir pirater la boîte mail de ma femme pour avoir la preuve de son adultère. Mon avocat m’a prévenu que c’était totalement illégal et que toutes mes preuves seraient rejetées, en plus je risquais des poursuites. Du coup j’ai fait ça légalement : constat d’huissier, détective, attestations… Ça a pris du temps mais au moins c’était recevable devant le juge. Le site explique bien ce qu’on a le droit de faire ou pas, ça m’a évité de faire des conneries

— Thomas, 52 ans, chef d'entreprise