⚖️
aide-divorce.fr
Tout ce qu'on aurait aimé savoir avant de divorcer
Permanence gratuite
Tout ce qu'on aurait aimé savoir avant de divorcer.
Le guide créé par ceux qui sont passés par là.

Divorce pour faute adultère : jurisprudence et interprétation des tribunaux

Le divorce pour faute fondé sur l’adultère reste l’un des motifs les plus fréquents invoqués devant le juge aux affaires familiales (JAF). Cependant, la qualification juridique de l’adultère a considérablement évolué ces dernières années, notamment avec l’essor d’Internet et des réseaux sociaux. La jurisprudence s’est adaptée en intégrant des situations nouvelles : relation virtuelle, inscription sur un site de rencontre, échange de messages intimes sans contact physique. Cette page analyse en détail les principales décisions de justice rendues en matière d’adultère, afin d’éclairer les personnes concernées sur ce que retiennent les tribunaux comme manquement grave à l’obligation de fidélité.

Comprendre la jurisprudence permet d’anticiper les arguments recevables lors d’un divorce pour faute et d’éviter les erreurs de procédure. Il est essentiel de rappeler que chaque situation est unique et qu’un accompagnement juridique par un avocat spécialisé en droit de la famille reste indispensable.

⚠️ Ne signez aucun accord sans conseil juridique

Avant d’accepter une proposition de règlement amiable ou de signer une convention de divorce suite à un adultère avéré, la personne concernée doit impérativement consulter un avocat. Les enjeux patrimoniaux (partage des biens, prestation compensatoire, pension alimentaire) peuvent être considérables et un accord défavorable est difficilement révisable par la suite.

Qu’est-ce que l’adultère au sens juridique ?

L’adultère constitue une violation de l’obligation de fidélité inscrite à l’article 212 du Code civil. Traditionnellement, il s’agissait d’une relation charnelle avec un tiers pendant la durée du mariage. Toutefois, la jurisprudence a progressivement élargi cette définition pour inclure des comportements qui, sans relation sexuelle physique, portent atteinte au devoir de fidélité.

Association aide divorce

La Cour de cassation et les cours d’appel reconnaissent désormais qu’une relation purement platonique ou virtuelle peut constituer un manquement grave si elle s’accompagne d’une intimité émotionnelle ou sentimentale excessive avec un tiers. L’appréciation reste souveraine : c’est au juge de décider, au cas par cas, si le comportement reproché justifie le prononcé d’un divorce pour faute.

⚖️ Article 212 du Code civil

« Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours, assistance. »

Cette obligation de fidélité ne se limite donc plus à l’absence de relation sexuelle extraconjugale. Elle englobe une dimension affective et comportementale plus large, que les juges analysent en fonction des circonstances : durée de la relation, intensité des échanges, impact sur la vie conjugale, dissimulation des faits.

L'adultère peut être prouvé par plusieurs moyens

La preuve de l’adultère peut reposer sur des témoignages, des constats d’huissier, des relevés téléphoniques, des captures d’écran de conversations, ou encore un rapport de détective privé. Cependant, les preuves obtenues de manière déloyale (violation du secret des correspondances) peuvent être écartées par le juge.

Jurisprudence de la Cour de Cassation : les décisions clés en matière d’adultère

Cour de Cassation, 11 avril 2018 : l’adultère pendant la procédure et les torts partagés

Dans cet arrêt, la Cour de Cassation a confirmé qu’un époux qui invoque l’adultère de son conjoint pour obtenir un divorce pour faute peut se voir opposer sa propre faute s’il a lui-même entretenu une relation adultère. Dans cette affaire, la relation incriminée avait débuté pendant la procédure de divorce, après l’assignation mais avant le jugement définitif.

Le juge a prononcé un divorce pour torts partagés, considérant que les deux conjoints avaient manqué à leurs obligations. Cette décision rappelle que l’obligation de fidélité court jusqu’à la dissolution définitive du mariage. Une relation entamée pendant la procédure peut donc être sanctionnée.

💡 Cas pratique : relation pendant la procédure

Un époux assigne son conjoint en divorce pour faute en juin 2016 en raison d’une relation adultère avérée. En septembre 2016, il rencontre lui-même une nouvelle personne avec laquelle il entretient une relation suivie. Le conjoint défendeur produit des preuves de cette nouvelle relation. Le juge prononce un divorce pour torts partagés, estimant que les deux époux ont manqué à leur devoir de fidélité pendant la procédure.

Cour de Cassation, 28 janvier 2009 : l’adultère excusé par le comportement de l’autre conjoint

Dans cette décision, la Cour de Cassation a refusé de retenir la faute pour adultère contre un époux dont la relation extraconjugale avait pour cause l’alcoolisme de son conjoint. Le tribunal a considéré que le comportement du conjoint alcoolique avait rendu la vie commune insupportable et que l’adultère pouvait être excusé dans ce contexte.

Le divorce a finalement été prononcé aux torts exclusifs du conjoint alcoolique. Cette jurisprudence montre que le juge peut apprécier le contexte dans lequel l’adultère a eu lieu et refuser de le sanctionner s’il apparaît comme la conséquence d’un comportement fautif de l’autre époux.

Le contexte compte dans l'appréciation de la faute

Un adultère survenu après des années de violences conjugales, d’abandon du domicile ou de comportement gravement fautif de l’autre époux peut ne pas être retenu comme une faute justifiant le divorce. Le juge apprécie souverainement la situation.

Cour de Cassation, 30 avril 2014 : l’adultère virtuel reconnu comme une faute

Dans cet arrêt, la Cour de Cassation a validé le prononcé d’un divorce pour faute fondé sur un adultère purement virtuel. L’époux concerné avait échangé des emails et des photographies intimes avec une tierce personne, sans jamais la rencontrer physiquement.

Les juges ont considéré que ces échanges constituaient un manquement grave à l’obligation de fidélité, en raison de leur caractère intime et de la durée de la relation virtuelle. Cette décision marque une évolution importante : l’adultère n’est plus limité à la relation charnelle.

💡 Cas pratique : adultère virtuel

Une épouse découvre que son mari échange depuis plusieurs mois des messages intimes avec une femme rencontrée sur un site de rencontre. Il lui envoie des photos dénudées et lui fait des déclarations d’amour, mais n’a jamais eu de contact physique avec elle. Le juge retient la faute pour adultère virtuel et prononce le divorce aux torts exclusifs de l’époux.

Cour de Cassation, 15 janvier 2014 : la preuve par détective privé

La Cour de Cassation a confirmé dans cet arrêt que l’adultère peut être prouvé par un rapport de détective privé, à condition que les investigations aient été menées dans le respect de la vie privée et sans moyens déloyaux. Le rapport doit décrire de manière précise et objective les faits constatés (entrées et sorties d’un domicile, présence prolongée, etc.).

Cette jurisprudence est importante car elle légitime le recours à un enquêteur privé pour établir la matérialité de l’adultère, notamment lorsque l’époux infidèle nie les faits. Cependant, la personne qui souhaite recourir à ce moyen doit veiller à ce que le détective respecte les règles légales, sous peine de voir les preuves écartées.

⚠️ Attention aux preuves obtenues de manière déloyale

Les enregistrements clandestins de conversations téléphoniques, les accès frauduleux à des comptes de messagerie ou l’installation de logiciels espions sont des moyens de preuve illicites. Le juge peut refuser de les prendre en compte et la personne qui les a obtenus peut être poursuivie pénalement.

Cour de Cassation, 15 juin 2000 : pas d’adultère en cas de séparation de fait établie

Dans cette décision, la Cour de Cassation a refusé de retenir la faute pour adultère à l’encontre d’un époux qui avait entamé une nouvelle relation après une séparation de fait établie et prolongée. Les juges ont considéré que la vie conjugale avait cessé depuis plusieurs années et que le lien affectif entre les époux était rompu.

Cette jurisprudence protège les conjoints qui, après une rupture effective de la communauté de vie, reconstruisent leur vie sentimentale avant le divorce officiel. Toutefois, la séparation de fait doit être ancienne, manifeste et imputable au comportement de l’autre époux.

Séparation de fait : un élément à prouver

Pour que la séparation de fait soit reconnue, il faut prouver que les époux ne vivaient plus ensemble, n’entretenaient plus de relations conjugales et que cette situation durait depuis un certain temps (généralement plusieurs années). Des attestations de proches, des factures de loyer ou des courriers peuvent servir de preuve.

Jurisprudence des cours d’appel : des interprétations variées

Cour d’appel de Lyon, 7 février 2011 : inscription sur un site de rencontre

La Cour d’appel de Lyon a retenu la faute pour adultère à l’encontre d’un époux inscrit depuis plusieurs mois sur un site de rencontres, avec lequel il échangeait des correspondances intimes et envoyait des photographies compromettantes. Le juge a estimé que cette présence active sur le site et la recherche manifeste d’aventures extraconjugales constituaient un manquement grave à l’obligation de fidélité.

💡 Cas pratique : site de rencontre et adultère

Un mari crée un profil sur un site de rencontre en cachette de son épouse. Il échange avec plusieurs femmes, leur envoie des photos intimes et organise des rendez-vous. Son épouse découvre les échanges et engage une procédure de divorce pour faute. Le juge retient l’adultère et prononce le divorce aux torts de l’époux.

Cour d’appel de Paris, 19 décembre 2007 : fréquentation de sites pornographiques et de rencontres

Dans cette décision, la Cour d’appel de Paris a considéré qu’une fréquentation soutenue et injurieuse d’Internet, notamment sur des sites de rencontres ou pornographiques, pouvait constituer une faute justifiant le divorce. Le juge a pris en compte la durée, l’intensité et le caractère obsessionnel de ces consultations, qui portaient atteinte à la dignité du conjoint et à la vie de famille.

Cour d’appel de Paris, 13 février 1986 : l’adultère platonique

La Cour d’appel de Paris a reconnu qu’une relation purement platonique pouvait constituer un manquement à l’obligation de fidélité. Dans cette affaire, l’époux entretenait une correspondance sentimentale régulière avec une femme, sans relation physique. Le juge a estimé que cette relation affective, par son intensité et sa durée, constituait une trahison du lien conjugal.

📌 L'essentiel sur l'adultère platonique

Une relation platonique peut être qualifiée d’adultère si elle révèle un engagement affectif avec un tiers qui concurrence ou remplace le lien conjugal. Le juge apprécie l’intensité des échanges, la fréquence des rencontres et l’impact sur la vie de couple.

Cour d’appel de Nancy, 3 février 2017 : relation après l’ordonnance de non-conciliation

Dans cette décision, la Cour d’appel de Nancy a refusé de retenir la faute pour adultère à l’encontre d’un époux qui avait entamé une nouvelle relation dix mois après l’ordonnance de non-conciliation. Le juge a considéré que le lien conjugal était rompu depuis l’échec de la tentative de conciliation et que l’époux était libre de refaire sa vie.

Cette jurisprudence est importante car elle montre que le délai écoulé depuis l’ordonnance de non-conciliation peut être pris en compte pour apprécier la faute. Toutefois, il n’existe pas de règle absolue : chaque juge apprécie souverainement les circonstances.

⚠️ Attention : l'adultère reste une faute jusqu'au jugement définitif

Même après l’ordonnance de non-conciliation, l’obligation de fidélité court en principe jusqu’au jugement définitif de divorce. Une relation entamée trop tôt peut être sanctionnée par le juge, surtout si elle est utilisée par l’autre époux pour obtenir un divorce aux torts exclusifs ou pour négocier un partage plus favorable.

Les implications patrimoniales et financières du divorce pour faute adultère

Le prononcé d’un divorce aux torts exclusifs ou aux torts partagés a des conséquences importantes sur le partage des biens, la prestation compensatoire et la pension alimentaire. L’époux reconnu fautif peut perdre certains droits ou être condamné à verser des dommages et intérêts pour préjudice moral.

Questions de procédure de divorce

Impact sur la prestation compensatoire

L’article 270 du Code civil prévoit que la prestation compensatoire vise à compenser, autant qu’il est possible, la disparité que la rupture du mariage crée dans les conditions de vie respectives des époux. Cependant, l’article 266 du Code civil dispose que le juge peut refuser d’accorder une prestation compensatoire à l’époux qui a commis une faute d’une particulière gravité.

L’adultère, lorsqu’il est retenu comme une faute grave, peut donc justifier un refus de prestation compensatoire ou une réduction significative de son montant. À l’inverse, l’époux victime de l’adultère peut obtenir une prestation compensatoire majorée pour compenser le préjudice subi. Il est indispensable de se faire accompagner par un avocat et, si le patrimoine est conséquent, par un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) pour négocier ou contester le montant proposé.

⚖️ Article 266 du Code civil

« Le divorce met fin au devoir de secours entre époux. […] Le juge peut refuser d’accorder une prestation compensatoire à l’époux qui a commis une faute d’une particulière gravité. »

Impact sur le partage des biens

Le divorce pour faute n’entraîne pas automatiquement un partage inégalitaire des biens communs. Toutefois, si l’adultère a eu des conséquences financières (détournement de fonds, dépenses excessives au profit du tiers), l’époux lésé peut demander une récompense ou une indemnisation lors de la liquidation du régime matrimonial.

Par exemple, si l’époux adultère a financé des voyages, des cadeaux ou un logement pour le tiers avec des fonds communs, le conjoint peut demander à récupérer la moitié de ces sommes lors du partage. De même, si l’époux a contracté des dettes pour entretenir la relation adultère, ces dettes peuvent être mises à sa charge exclusive.

💡 Cas pratique : détournement de fonds pour entretenir une relation adultère

Une épouse découvre que son mari a retiré 30 000 € du compte joint pour financer les vacances de sa maîtresse. Lors de la liquidation du régime matrimonial, elle demande une récompense de 15 000 € (la moitié de la somme détournée). Le notaire retient cette créance au profit de l’épouse lors du partage des biens communs.

Dommages et intérêts pour préjudice moral

L’époux victime d’un adultère peut demander au juge de condamner l’époux fautif au versement de dommages et intérêts pour réparer le préjudice moral subi. Le montant accordé varie en fonction de la gravité de la faute, de la durée de la relation adultère et de l’impact sur la vie familiale.

📊 Montants moyens de dommages et intérêts

Les dommages et intérêts accordés pour adultère varient généralement entre 2 000 € et 10 000 €, selon la gravité des faits et le préjudice subi. Dans certains cas exceptionnels (humiliation publique, violence psychologique), le montant peut dépasser 15 000 €.

Comment prouver l’adultère devant le juge ?

La charge de la preuve de l’adultère repose sur l’époux qui l’invoque. Il doit apporter des éléments concrets et objectifs démontrant la réalité de la relation extraconjugale. Les moyens de preuve sont variés, mais tous ne sont pas recevables devant le juge.

Les moyens de preuve licites

  • Constats d’huissier : un huissier peut établir un procès-verbal constatant des faits matériels (présence d’un tiers au domicile conjugal, entrées et sorties répétées, etc.).
  • Rapport de détective privé : comme confirmé par la jurisprudence, un détective privé peut être mandaté pour suivre l’époux et documenter ses déplacements et rencontres.
  • Témoignages : des attestations de proches, voisins ou collègues peuvent corroborer les faits. Attention, les témoignages de membres de la famille proche (parents, enfants) ont moins de valeur probante.
  • Captures d’écran de conversations : des échanges de messages, emails ou publications sur les réseaux sociaux peuvent être produits, à condition qu’ils n’aient pas été obtenus par des moyens illicites.
  • Factures et relevés bancaires : des dépenses inhabituelles (hôtels, restaurants, bijoux) peuvent constituer un faisceau d’indices.
Le faisceau d'indices suffit

Le juge n’exige pas une preuve absolue de l’adultère. Un faisceau d’indices concordants (témoignages, constats, messages) peut suffire à emporter sa conviction. Il apprécie souverainement la valeur des éléments produits.

Les moyens de preuve illicites à éviter

  • Enregistrements clandestins : enregistrer les conversations téléphoniques ou les échanges verbaux du conjoint à son insu est interdit et constitue une violation de la vie privée.
  • Accès frauduleux aux messageries : consulter les emails, SMS ou comptes de réseaux sociaux du conjoint sans son autorisation constitue une atteinte au secret des correspondances.
  • Logiciels espions : installer un logiciel de surveillance sur le téléphone ou l’ordinateur du conjoint est illégal.
  • Violences ou menaces : obtenir des aveux sous la contrainte physique ou morale invalide la preuve et peut constituer une infraction pénale.
⚠️ Les preuves illicites peuvent se retourner contre la personne qui les produit

Un époux qui produit des preuves obtenues de manière déloyale s’expose à voir sa demande de divorce pour faute rejetée. Pire, il peut être poursuivi pénalement pour atteinte à la vie privée ou au secret des correspondances, et être condamné à verser des dommages et intérêts au conjoint.

Divorce pour faute adultère : quelle procédure suivre ?

Le divorce pour faute adultère suit la procédure de divorce contentieux. Voici les grandes étapes :

  1. Consultation d’un avocat spécialisé : la personne concernée doit mandater un avocat spécialisé en droit de la famille pour l’assister dans sa démarche.
  2. Requête en divorce : l’avocat dépose une requête en divorce auprès du tribunal judiciaire du lieu de résidence de la famille.
  3. Audience de tentative de conciliation : le juge convoque les deux époux pour tenter de trouver un accord. À l’issue de cette audience, il rend une ordonnance de non-conciliation (ONC) qui fixe les mesures provisoires (résidence, pension alimentaire, jouissance du domicile).
  4. Assignation en divorce : dans les 30 mois suivant l’ONC, l’avocat assigne le conjoint en divorce pour faute en exposant les griefs et en produisant les preuves de l’adultère.
  5. Échanges de conclusions : chaque avocat rédige des conclusions écrites pour défendre sa position. Le juge peut ordonner une expertise ou des mesures d’instruction complémentaires.
  6. Audience de plaidoirie : les avocats plaident devant le juge aux affaires familiales qui, après délibéré, rend un jugement de divorce.
  7. Liquidation du régime matrimonial : après le jugement, les époux procèdent au partage des biens avec l’aide d’un notaire.
📊 Durée moyenne d'un divorce pour faute

Un divorce pour faute adultère dure en moyenne entre 18 et 36 mois, selon la complexité du dossier, le nombre d’incidents de procédure et l’encombrement du tribunal. Les délais peuvent être plus longs si des expertises ou des appels sont nécessaires.

Divorce pour faute et situations spécifiques

Adultère et torts partagés

Comme illustré par la jurisprudence de la Cour de Cassation du 11 avril 2018, il arrive que les deux époux aient commis des fautes justifiant le divorce. Dans ce cas, le juge prononce un divorce pour torts partagés. Les conséquences patrimoniales sont alors partagées : chacun peut demander une prestation compensatoire ou des dommages et intérêts, mais le juge apprécie le montant en fonction de la gravité respective des fautes.

Adultère et présence d’enfants

L’adultère en soi n’a pas d’impact direct sur l’autorité parentale, la garde alternée ou la pension alimentaire. Toutefois, si l’adultère a exposé les enfants à des situations choquantes (présence du tiers au domicile, violences, négligence), le juge peut en tenir compte pour fixer les modalités de résidence et de visite.

La personne concernée peut craindre que l’adultère soit utilisé pour remettre en cause sa capacité à élever les enfants. En réalité, le juge se concentre sur l’intérêt supérieur de l’enfant et sur la capacité de chaque parent à assurer son bien-être, indépendamment de la vie sentimentale.

L'adultère ne prive pas du droit de garde

Un parent adultère conserve son autorité parentale et peut obtenir la résidence habituelle des enfants ou une garde alternée, sauf si son comportement a porté atteinte à l’intérêt des enfants. Le juge apprécie au cas par cas.

Adultère et patrimoine complexe

Lorsque les époux possèdent un patrimoine important (assurance-vie, biens immobiliers, sociétés, comptes-titres), l’adultère peut avoir des répercussions financières complexes. Par exemple, si l’époux adultère a utilisé des fonds communs pour financer la relation, il devra compenser l’autre lors du partage. De même, si l’adultère a entraîné une dissipation d’actifs (vente à vil prix, donations déguisées), le conjoint lésé peut demander la nullité de ces actes ou une indemnisation.

Dans ces situations, il est fortement recommandé de consulter un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) en complément de l’avocat, afin d’optimiser la stratégie patrimoniale et de sécuriser les actifs avant le partage.

📞 Besoin d'un accompagnement patrimonial lors de votre divorce ?

aide-divorce.fr est animé par un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé dans l’accompagnement des personnes traversant un divorce. Prenez rendez-vous pour un bilan patrimonial personnalisé et gratuit.

Questions fréquemment posées sur le divorce pour faute adultère

Questions fréquentes


Un adultère virtuel sans relation physique peut-il justifier un divorce pour faute ?

Oui, la jurisprudence reconnaît qu’une relation virtuelle (échanges de messages intimes, photographies, déclarations d’amour) peut constituer un manquement grave à l’obligation de fidélité, même en l’absence de contact physique. Le juge apprécie l’intensité et la durée de la relation.


Puis-je divorcer pour faute si mon conjoint est inscrit sur un site de rencontre ?

Oui, plusieurs arrêts de cours d’appel ont retenu la faute pour adultère en cas d’inscription active sur un site de rencontre, notamment si l’époux échange des messages intimes et recherche manifestement des aventures extraconjugales. Il faut cependant prouver ces échanges.


Puis-je refaire ma vie après l'ordonnance de non-conciliation sans risquer un divorce pour faute ?

Le risque existe, car l’obligation de fidélité court en principe jusqu’au jugement définitif de divorce. Toutefois, certains juges acceptent qu’une relation soit entamée plusieurs mois après l’ordonnance de non-conciliation, surtout si le lien conjugal est manifestement rompu. Il n’y a pas de règle absolue : chaque juge apprécie souverainement.


Quels sont les moyens de preuve acceptés pour prouver un adultère ?

Les constats d’huissier, les rapports de détective privé, les témoignages, les captures d’écran de conversations (obtenues licitement), les factures de restaurants ou d’hôtels sont des moyens de preuve recevables. En revanche, les enregistrements clandestins, l’accès frauduleux aux messageries ou l’installation de logiciels espions sont illicites et peuvent être écartés par le juge.


L'adultère a-t-il un impact sur la garde des enfants ?

En principe, non. L’adultère en soi n’a pas d’incidence sur l’autorité parentale ou la garde des enfants. Le juge se concentre sur l’intérêt supérieur de l’enfant. Toutefois, si l’adultère a exposé les enfants à des situations choquantes ou dangereuses, le juge peut en tenir compte pour fixer les modalités de résidence.


Puis-je obtenir des dommages et intérêts pour le préjudice moral causé par l'adultère ?

Oui, l’époux victime d’un adultère peut demander au juge de condamner l’époux fautif au versement de dommages et intérêts pour réparer le préjudice moral subi. Le montant varie généralement entre 2 000 € et 10 000 €, selon la gravité de la faute et l’impact sur la vie familiale.


Conclusion : bien se faire accompagner face à un divorce pour faute adultère

Le divorce pour faute fondé sur l’adultère reste une procédure complexe, dont l’issue dépend largement de la qualité des preuves produites et de l’appréciation souveraine du juge. La jurisprudence analysée dans cette page montre que les tribunaux ont su s’adapter aux évolutions sociétales et technologiques, en reconnaissant notamment l’adultère virtuel et en appréciant le contexte dans lequel la relation extraconjugale est survenue.

Pour la personne concernée, qu’elle soit demanderesse ou défenderesse, il est essentiel de se faire accompagner par un avocat spécialisé en droit de la famille dès le début de la procédure. L’avocat saura constituer un dossier solide, écarter les preuves illicites et défendre au mieux les intérêts patrimoniaux et personnels de son client. Par ailleurs, lorsque le patrimoine est conséquent ou complexe (biens immobiliers, assurance-vie, société), l’intervention d’un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) est vivement recommandée pour optimiser le partage et sécuriser les actifs.

Enfin, il est important de rappeler que le divorce pour faute n’est pas toujours la meilleure solution. Dans certains cas, un divorce par consentement mutuel ou un divorce accepté peut être plus rapide, moins coûteux et moins traumatisant. L’accompagnement juridique permet de comparer les différentes options et de choisir la procédure la plus adaptée à la situation.

📞 Besoin d'aide pour votre procédure de divorce ?

aide-divorce.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), vous accompagne dans toutes les étapes de votre divorce. Prenez contact pour bénéficier d’un accompagnement juridique et patrimonial personnalisé.

Témoignages

Franchement c’était l’enfer de prouver l’adultère de mon ex. Il avait effacé tous ses messages mais j’ai quand même réussi à faire constater par un huissier qu’il allait régulièrement chez sa maitresse. Mon avocat m’a bien conseillée, heureusement que j’ai pas essayé de pirater son téléphone comme une copine me l’avait suggéré, ça aurait tout gâché. Le divorce a été prononcé à ses torts et j’ai pu garder la maison.

— Sophie, 34 ans, divorcée après 8 ans de mariage

Moi j’ai fait l’erreur de refaire ma vie trop vite après l’audience de conciliation… mon ex a utilisé ça pour demander le divorce à mes torts alors que c’est elle qui m’avait trompé pendant des mois ! Le juge a prononcé un divorce pour torts partagés. J’ai découvert aide-divorce.fr un peu tard, le site explique bien tous les pièges à éviter. Maintenant je suis en train de négocier le partage et j’ai pris un CGP pour sécuriser mes biens.

— Marc, 47 ans, divorcé après 18 ans de mariage

Bon moi mon mari passait ses soirées sur des sites de rencontre. Il disait que c’était juste pour « discuter » mais y’avait des messages vraiment explicites et des photos… Le pire c’est qu’il dépensait de l’argent pour envoyer des cadeaux à ces femmes. Mon avocate a tout gardé comme preuves et le juge a retenu l’adultère. J’ai eu une prestation compensatoire et des dommages et intérêts. Honnêtement sans les explications du site aide-divorce.fr j’aurais jamais su que l’adultère virtuel ça comptait aussi.

— Isabelle, 39 ans, maman de 2 enfants