⚖️
aide-divorce.fr
Tout ce qu'on aurait aimé savoir avant de divorcer
Permanence gratuite
Tout ce qu'on aurait aimé savoir avant de divorcer.
Le guide créé par ceux qui sont passés par là.

Partage des biens mobiliers en cas de divorce : règles, preuves et solutions concrètes

Le partage des biens mobiliers lors d’un divorce est souvent source de tensions. Contrairement aux biens immobiliers dont la propriété est clairement établie par des actes notariés, les biens meubles (meubles, électroménager, objets de décoration, véhicules, œuvres d’art, bijoux) posent des difficultés probatoires importantes. La question centrale est la suivante : qui peut prétendre à quoi, et comment le prouver ? Cette page détaille les règles juridiques du partage des biens mobiliers en cas de divorce, les méthodes de preuve, les situations de conflit et les solutions pratiques pour éviter les blocages.

Le juge aux affaires familiales (JAF) a un rôle limité en matière de partage des biens meubles : il peut ordonner des mesures provisoires (attribution du logement, autorisation de retirer certains objets), mais le partage définitif relève généralement du notaire lors de la liquidation du régime matrimonial. Comprendre les règles applicables permet d’anticiper les discussions, de sécuriser ses droits et d’éviter les erreurs stratégiques lors de la procédure de divorce.

Association aide divorce

Principe général : le régime matrimonial détermine le sort des biens mobiliers

Le partage des biens mobiliers dépend en premier lieu du régime matrimonial sous lequel le mariage a été célébré. En France, trois régimes principaux coexistent : la communauté réduite aux acquêts (régime légal par défaut), la séparation de biens et la communauté universelle. Chacun d’eux implique des règles différentes pour déterminer qui possède quoi.

Régime de la communauté réduite aux acquêts (régime légal)

En l’absence de contrat de mariage, les époux sont automatiquement mariés sous le régime de la communauté réduite aux acquêts. Selon ce régime, tous les biens acquis pendant le mariage (à titre onéreux) sont présumés communs, sauf exceptions prévues par la loi. Cela inclut les biens mobiliers : meubles achetés pendant le mariage, électroménager, décoration, véhicules, etc.

En revanche, sont considérés comme biens propres :

  • Les biens possédés avant le mariage
  • Les biens reçus par donation ou succession pendant le mariage
  • Les biens acquis en remploi d’un bien propre (par exemple, un meuble acheté avec l’argent d’une vente d’un bien propre)
  • Les biens à caractère personnel (vêtements, objets liés à l’exercice d’une profession, bijoux de famille)
⚖️ Article 1401 du Code civil

Tous les biens qui ne sont pas déclarés propres par la loi sont réputés communs. Cette présomption impose à celui qui revendique un bien comme propre d’en rapporter la preuve.

Lors du divorce, les biens communs doivent être partagés par moitié entre les deux époux. La difficulté réside dans la preuve du caractère propre d’un bien meuble, car contrairement aux biens immobiliers, il n’existe généralement pas d’acte notarié attestant de la propriété.

⚠️ Piège à éviter : emporter des biens sans accord

La personne qui quitte le domicile conjugal et emporte des biens meubles sans l’accord de l’autre conjoint devra prouver qu’il s’agissait de biens propres. À défaut de preuve, ces biens seront présumés communs et l’ex-conjoint pourra exiger une compensation financière ou le retour des biens.

Régime de la séparation de biens

Sous le régime de la séparation de biens, chaque époux conserve la propriété exclusive des biens qu’il acquiert pendant le mariage. Il n’y a pas de biens communs, sauf exception (biens acquis en indivision ou biens réputés indivis en l’absence de preuve de propriété exclusive).

Cependant, même sous ce régime, la preuve de propriété reste indispensable. Si un époux ne peut pas démontrer qu’il a payé tel ou tel bien meuble avec ses fonds propres, le bien pourra être présumé indivis (c’est-à-dire appartenant aux deux conjoints à parts égales), notamment s’il se trouve dans le logement familial.

Droits méconnus en séparation de biens

Même en séparation de biens, les époux peuvent acquérir des biens en indivision (achat conjoint avec financement partagé). Dans ce cas, chaque époux est propriétaire à hauteur de sa quote-part (généralement 50/50 sauf convention contraire).

Régime de la communauté universelle

Sous ce régime, tous les biens des époux, qu’ils soient acquis avant ou pendant le mariage, entrent dans la communauté (sauf stipulation contraire dans le contrat de mariage). Tous les biens mobiliers sont donc communs et doivent être partagés par moitié lors du divorce, à moins qu’une clause d’attribution intégrale au survivant ne s’applique pas (cette clause ne joue qu’en cas de décès, pas en cas de divorce).

La difficulté de la preuve : comment établir la propriété d’un bien meuble ?

Le principal défi du partage des biens mobiliers réside dans la preuve de leur propriété. Contrairement aux biens immobiliers, pour lesquels les actes notariés et les registres de la publicité foncière font foi, les biens meubles n’ont généralement pas de titre de propriété formel.

Questions de procédure de divorce

Moyens de preuve admis

Pour revendiquer la propriété exclusive d’un bien meuble, la personne concernée peut utiliser les moyens de preuve suivants :

  • Factures d’achat ou tickets de caisse au nom de l’époux revendiquant, idéalement accompagnés de la preuve du paiement (relevé bancaire du compte personnel)
  • Donations ou successions : acte notarié de donation ou attestation notariée de succession mentionnant le bien concerné
  • Attestations de proches (témoignages écrits) confirmant que tel bien appartenait à l’époux avant le mariage
  • Photos datées montrant le bien dans l’appartement de l’époux avant le mariage
  • Contrat de mariage listant les biens propres apportés par chaque époux (rare pour les meubles, mais possible)
  • Constat d’huissier établi lors du déménagement pour inventorier les biens emportés
💡 Cas pratique : preuve d'un canapé acheté avant le mariage

Madame souhaite récupérer le canapé qu’elle possédait avant le mariage. Elle produit une facture datée de deux ans avant le mariage, au nom de sa mère, accompagnée d’une attestation sur l’honneur de sa mère indiquant qu’elle lui a offert ce canapé. Le juge reconnaît le caractère propre du canapé et autorise Madame à l’emporter sans compensation au profit de Monsieur.

En l’absence de preuve : présomption d’indivision

Lorsqu’aucune preuve de propriété exclusive n’est apportée, le bien meuble est présumé appartenir aux deux époux à parts égales (indivision). Cette règle s’applique quel que soit le régime matrimonial (communauté ou séparation de biens).

En pratique, cela signifie que la personne qui emporte un bien sans prouver qu’il lui appartient en propre devra verser à l’autre époux une compensation financière égale à la moitié de la valeur du bien au moment du partage.

⚠️ Attention aux déménagements précipités

Déménager en urgence et emporter des biens sans établir de constat d’huissier ni obtenir l’accord écrit de l’autre époux expose à des réclamations ultérieures. En cas de conflit, l’autre conjoint peut saisir le juge aux affaires familiales en référé pour obtenir la restitution des biens ou une compensation financière.

Rôle du juge aux affaires familiales (JAF) dans le partage des biens mobiliers

Le juge aux affaires familiales peut intervenir pour trancher certains litiges relatifs aux biens mobiliers, mais son rôle est limité. Le partage définitif des biens relève en principe de la compétence du notaire lors de la liquidation du régime matrimonial.

Mesures provisoires durant la procédure de divorce

Lors de l’audience de conciliation ou par la suite en cas de divorce contentieux, le JAF peut prendre des mesures provisoires pour éviter les conflits ou sécuriser les biens, notamment :

  • Autoriser l’un des époux à retirer certains biens mobiliers du domicile conjugal
  • Attribuer la jouissance exclusive du logement à l’un des époux, ce qui implique que l’autre ne peut plus y accéder ni retirer de biens sans autorisation judiciaire
  • Ordonner un inventaire des biens mobiliers par huissier avant le départ de l’un des conjoints
  • Désigner un séquestre judiciaire pour conserver certains biens de valeur (œuvres d’art, bijoux, véhicules de collection) en attendant le partage
Droit méconnu : demander un inventaire sous contrôle d'huissier

Avant de quitter le domicile, la personne concernée peut faire dresser un constat d’huissier listant tous les biens présents dans le logement et leur état. Ce document constitue une preuve en cas de disparition ultérieure de biens ou de réclamation de l’autre conjoint.

Le JAF ne procède pas lui-même au partage

Le juge aux affaires familiales ne partage pas les biens mobiliers dans le jugement de divorce. Il se contente de renvoyer les parties devant un notaire pour procéder à la liquidation du régime matrimonial, qui comprendra le partage des biens communs (immobiliers et mobiliers).

Si les époux se sont mis d’accord sur le partage des meubles avant le jugement de divorce, ils peuvent l’indiquer dans la convention de divorce (pour un divorce amiable) ou le mentionner devant le juge (pour un divorce contentieux). Le juge homologuera cet accord, ce qui lui donnera force exécutoire.

Partage amiable des biens mobiliers : comment s’organiser ?

Dans la majorité des cas, les époux parviennent à un accord amiable pour le partage des biens meubles. Cet accord peut être informel ou formalisé par écrit.

Accord informel entre les époux

Les époux peuvent décider ensemble de la répartition des biens mobiliers sans faire appel à un tiers. Chacun récupère ce qu’il estime lui appartenir, ou les biens sont répartis d’un commun accord.

Cette solution simple et rapide présente néanmoins un risque : en l’absence de trace écrite, l’un des conjoints peut revenir ultérieurement sur l’accord et réclamer une compensation ou la restitution de certains biens. Pour sécuriser l’accord, il est recommandé de le formaliser par écrit.

⚠️ Piège : absence de formalisme

Un simple échange d’emails ou de messages ne suffit pas toujours à prouver un accord définitif. En cas de litige ultérieur, l’autre conjoint peut contester la validité de l’accord ou prétendre qu’il n’a jamais donné son consentement.

Formalisation de l’accord : convention de partage

Pour éviter toute contestation ultérieure, les époux peuvent rédiger une convention de partage des biens mobiliers. Ce document doit lister les biens concernés, indiquer leur attribution respective et être signé par les deux parties.

La convention peut être rédigée par les avocats respectifs ou directement par les époux. Elle peut ensuite être annexée à la convention de divorce (en cas de divorce amiable) ou produite devant le juge lors de l’audience de divorce contentieux.

💡 Cas pratique : convention de partage des meubles

Monsieur et Madame divorcent à l’amiable. Ils établissent une liste détaillée des biens mobiliers du logement : canapé (valeur 800 €), télévision (valeur 300 €), lave-linge (valeur 400 €), etc. Ils conviennent que Monsieur récupère le canapé et la télévision (total 1 100 €), Madame le lave-linge et la table de salle à manger (valeur 700 €). Pour équilibrer, Monsieur verse à Madame une soulte de 200 €. La convention est annexée à la convention de divorce et déposée chez le notaire.

Recours à un huissier en cas de tensions

Lorsque le climat entre les époux est tendu, il est vivement recommandé de faire appel à un huissier de justice pour organiser le partage des biens mobiliers. L’huissier peut :

  • Dresser un inventaire exhaustif des biens présents dans le logement avant le départ de l’un des conjoints
  • Superviser le partage des biens le jour du déménagement, garantir le respect de l’accord éventuel et constater les biens emportés par chaque partie
  • Rédiger un procès-verbal signé par les deux parties, qui fait foi en cas de litige ultérieur
Mission de l'huissier : témoin impartial

L’huissier de justice est un officier public et ministériel. Sa présence lors du partage des biens mobiliers garantit l’impartialité du constat et évite les accusations de vol ou de détournement. Son procès-verbal a une valeur probante importante devant les tribunaux.

Le coût d’un huissier pour un constat de partage de biens mobiliers varie généralement entre 300 € et 800 € selon la complexité et la durée de l’intervention. Ce coût peut être partagé entre les deux époux.

Partage conflictuel : quelles solutions en cas de désaccord ?

Lorsque les époux ne parviennent pas à un accord amiable, plusieurs solutions juridiques peuvent être envisagées.

Saisine du juge aux affaires familiales en référé

En cas d’urgence (par exemple, l’un des époux a emporté des biens de valeur sans autorisation ou menace de vider le logement), l’autre époux peut saisir le JAF en référé pour obtenir une ordonnance provisoire. Le juge peut ordonner :

  • La restitution immédiate de certains biens
  • L’interdiction pour l’un des époux d’emporter d’autres biens du domicile
  • La désignation d’un huissier pour dresser un inventaire sous astreinte

Cette procédure de référé est rapide (délai de quelques semaines) et permet de sécuriser la situation en attendant le jugement de divorce définitif.

Liquidation du régime matrimonial devant le notaire

Une fois le divorce prononcé, si les époux n’ont pas réglé le partage des biens mobiliers, le notaire chargé de la liquidation du régime matrimonial devra procéder au partage. Le notaire établit un projet d’état liquidatif qui liste tous les biens communs (immobiliers et mobiliers) et propose une répartition.

Si les époux ne s’accordent pas sur le projet de partage, le notaire peut saisir le tribunal judiciaire pour qu’il tranche le litige et désigne éventuellement un juge commis au partage.

⚠️ Attention aux délais et aux coûts

La liquidation judiciaire du régime matrimonial devant le tribunal peut durer plusieurs années et coûter plusieurs milliers d’euros en frais de justice et d’avocat. Il est toujours préférable de parvenir à un accord amiable, même imparfait, plutôt que de laisser la justice trancher.

Vente aux enchères des biens en cas de blocage

Lorsque les époux ne parviennent à se mettre d’accord ni sur l’attribution ni sur la valeur de certains biens mobiliers, le notaire ou le juge peut ordonner la vente de ces biens aux enchères publiques. Le produit de la vente est ensuite partagé entre les deux époux selon leurs droits (généralement 50/50 pour les biens communs).

Cette solution radicale est rarement utilisée pour les biens courants (meubles, électroménager de faible valeur), mais elle peut s’imposer pour des biens de valeur (œuvres d’art, véhicules de collection, bijoux) en cas de blocage total.

Situations particulières : ordonnance de protection, violences conjugales, déménagement en urgence

Dans certaines situations de crise (violences conjugales, urgence de quitter le domicile pour raisons de sécurité), la personne concernée peut être amenée à partir précipitamment sans pouvoir organiser sereinement le partage des biens mobiliers.

Ordonnance de protection et déménagement

Lorsqu’une ordonnance de protection est prononcée par le JAF (en cas de violences conjugales), le juge attribue généralement la jouissance exclusive du logement à la victime et interdit à l’auteur des violences d’y accéder. Dans ce cas, l’auteur des violences doit retirer ses affaires personnelles, mais il ne peut emporter que ses biens propres.

Le juge peut ordonner que le retrait des biens se fasse en présence d’un huissier ou d’un membre des forces de l’ordre pour éviter tout incident. La victime peut également demander que l’autre conjoint ne soit autorisé à retirer que ses effets personnels strictement nécessaires, le partage complet des biens mobiliers étant reporté à la liquidation du régime matrimonial.

Droit à l'accompagnement lors du retrait des biens

La personne concernée par une ordonnance de protection peut demander à être accompagnée par un tiers de confiance (ami, famille) ou par un huissier lors du retrait de ses biens chez l’ex-conjoint, pour garantir sa sécurité et éviter les tensions.

Départ précipité du domicile : sécuriser ses droits

Lorsque la personne quitte le domicile en urgence (violence, climat devenu invivable), il est essentiel de prendre certaines précautions pour ne pas perdre ses droits sur les biens mobiliers :

  • Prendre des photos de tous les biens présents dans le logement avant le départ
  • Faire dresser un constat d’huissier si possible
  • Emporter les factures d’achat des biens propres et les justificatifs de propriété
  • Rédiger une liste des biens laissés sur place et la communiquer à l’avocat
  • Saisir le JAF en référé le plus rapidement possible pour obtenir une autorisation de retrait de certains biens ou un inventaire sous contrôle d’huissier

Aspects patrimoniaux : ne pas négliger la valeur des biens mobiliers

Le partage des biens mobiliers ne se limite pas aux meubles et à l’électroménager. Certains biens mobiliers peuvent avoir une valeur patrimoniale importante et leur sort doit être anticipé dès le début de la procédure de divorce.

Biens mobiliers de valeur : œuvres d’art, bijoux, véhicules, collections

Les biens mobiliers de valeur (tableaux, sculptures, bijoux, véhicules de collection, caves à vin, instruments de musique rares, etc.) doivent faire l’objet d’une attention particulière. Leur valeur peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, voire davantage.

Il est recommandé de faire établir une expertise par un professionnel (commissaire-priseur, expert d’art, garagiste spécialisé) pour déterminer la valeur vénale de ces biens au moment du divorce. Cette expertise permettra de négocier le partage sur des bases objectives.

💡 Cas pratique : partage d'une collection de vin

Monsieur possédait avant le mariage une cave à vin contenant 200 bouteilles de grands crus. Pendant le mariage, il a ajouté 300 bouteilles achetées avec des fonds communs. Lors du divorce, un expert détermine que la valeur totale de la cave est de 50 000 €. Les 200 bouteilles initiales (valeur estimée 20 000 €) sont reconnues comme biens propres de Monsieur. Les 300 bouteilles ajoutées (valeur 30 000 €) sont des biens communs à partager. Madame peut soit demander la vente de la moitié de ces bouteilles (15 000 €), soit accepter que Monsieur conserve toute la cave moyennant le versement d’une soulte de 15 000 €.

Comptes-titres, PEA, assurance-vie : des biens mobiliers incorporels

Le terme « biens mobiliers » désigne également les biens mobiliers incorporels, c’est-à-dire les valeurs mobilières (actions, obligations), les comptes-titres, les plans d’épargne en actions (PEA), les contrats d’assurance-vie, etc.

Leur partage obéit aux mêmes règles que les biens meubles corporels : les comptes ouverts avant le mariage ou alimentés par des fonds propres restent propres (sous réserve de preuve), tandis que ceux ouverts pendant le mariage avec des fonds communs sont à partager.

Attention : le partage de ces actifs financiers peut avoir des conséquences fiscales importantes (imposition des plus-values, perte d’antériorité fiscale). Il est indispensable de consulter un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) pour optimiser le partage et limiter l’impact fiscal.

📞 Besoin d'un accompagnement patrimonial pour votre divorce ?

aide-divorce.fr est porté par un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé dans les situations de divorce. Un accompagnement sur mesure permet d’optimiser le partage des biens mobiliers et immobiliers, de limiter les impacts fiscaux et de sécuriser l’avenir financier de chacun des conjoints.

Conseils pratiques pour un partage serein des biens mobiliers

Voici quelques recommandations pour faciliter le partage des biens mobiliers et éviter les conflits :

  • Communiquer : même en cas de tensions, essayer de dialoguer calmement avec l’autre conjoint pour trouver un terrain d’entente
  • Lister : établir une liste exhaustive de tous les biens mobiliers présents dans le logement, avec leur valeur approximative
  • Prioriser : identifier les biens auxquels chacun tient particulièrement et ceux qui peuvent être partagés facilement
  • Valoriser : attribuer une valeur à chaque bien (en se basant sur le prix d’achat, la cote d’occasion, ou une expertise) pour équilibrer le partage
  • Accepter des compromis : le partage parfait n’existe pas, il faut savoir renoncer à certains biens pour obtenir ceux qui comptent le plus
  • Formaliser : rédiger un écrit signé par les deux parties pour éviter les contestations ultérieures
  • Se faire accompagner : en cas de tensions, faire appel à un huissier, un médiateur familial ou un avocat pour encadrer le partage
📌 L'essentiel à retenir sur le partage des biens mobiliers

Le partage des biens mobiliers dépend du régime matrimonial (communauté ou séparation de biens). En l’absence de preuve de propriété exclusive, les biens sont présumés communs ou indivis et doivent être partagés par moitié. Le juge aux affaires familiales peut prendre des mesures provisoires, mais le partage définitif relève du notaire. Un accord amiable formalisé par écrit ou supervisé par un huissier est toujours préférable à un partage judiciaire long et coûteux.

FAQ : vos questions sur le partage des biens mobiliers en cas de divorce

Questions fréquentes


Comment prouver qu'un meuble m'appartient en propre ?

Pour prouver qu’un meuble est un bien propre, il faut produire des factures d’achat au nom de la personne concernée, datées d’avant le mariage, ou un acte de donation/succession mentionnant le bien. Les témoignages écrits de proches, les photos datées du bien dans l’ancien logement avant le mariage, ou un constat d’huissier établi à l’époque peuvent également servir de preuve. En l’absence de preuve, le bien sera présumé commun.


Puis-je emporter mes meubles sans l'accord de mon conjoint ?

Emporter des meubles sans l’accord de l’autre conjoint expose à des réclamations ultérieures. Si les biens sont propres et que la personne peut le prouver, elle est en droit de les récupérer. Si les biens sont communs, l’autre conjoint peut saisir le juge aux affaires familiales pour exiger leur restitution ou une compensation financière. Il est toujours préférable de formaliser le partage par écrit ou de faire appel à un huissier pour éviter les conflits.


Dois-je faire appel à un huissier pour partager les meubles ?

L’intervention d’un huissier n’est pas obligatoire si les époux s’entendent à l’amiable. En revanche, elle est vivement recommandée en cas de tensions, de risque de violence ou de désaccord sur la valeur des biens. L’huissier dresse un procès-verbal qui fait foi en justice et évite les accusations de vol ou de détournement. Le coût d’un huissier (300 à 800 €) est généralement partagé entre les deux époux.


Que faire si mon ex-conjoint refuse de me laisser récupérer mes affaires ?

Si l’ex-conjoint refuse de laisser récupérer les affaires personnelles ou les biens propres, il faut saisir le juge aux affaires familiales en référé pour obtenir une ordonnance autorisant le retrait des biens sous contrôle d’huissier. En cas d’ordonnance de protection (violences conjugales), le juge peut ordonner que le retrait se fasse en présence des forces de l’ordre. Il est essentiel d’agir rapidement pour éviter la disparition ou la détérioration des biens.


Les biens mobiliers sont-ils partagés dans le jugement de divorce ?

Non, le juge aux affaires familiales ne procède généralement pas au partage des biens mobiliers dans le jugement de divorce. Il renvoie les parties devant un notaire pour liquider le régime matrimonial, ce qui inclut le partage des biens communs (immobiliers et mobiliers). Si les époux se sont mis d’accord sur le partage des meubles avant le jugement, le juge peut homologuer cet accord dans le jugement de divorce.


Peut-on vendre les meubles communs avant le divorce ?

Vendre des biens communs sans l’accord de l’autre conjoint est illégal et constitue un recel (dissimulation de biens). L’époux lésé peut demander au juge de condamner l’auteur du recel à reverser le produit de la vente majoré. En revanche, si les deux époux sont d’accord pour vendre certains biens communs (par exemple un véhicule) avant le divorce, c’est possible. Il faut formaliser cet accord par écrit et prévoir le partage du produit de la vente.


Conclusion : anticiper le partage pour éviter les conflits

Le partage des biens mobiliers lors d’un divorce est souvent sous-estimé, alors qu’il peut représenter une valeur patrimoniale importante et être source de tensions considérables. Anticiper ce partage dès le début de la procédure de divorce, rassembler les preuves de propriété, dialoguer avec l’autre conjoint et, si nécessaire, faire appel à un huissier ou à un avocat spécialisé, permet de sécuriser ses droits et d’éviter les conflits.

Pour les biens mobiliers de valeur (œuvres d’art, véhicules, placements financiers), il est indispensable de consulter un conseiller en gestion de patrimoine pour optimiser le partage et limiter les impacts fiscaux. aide-divorce.fr propose un accompagnement global, juridique et patrimonial, pour traverser cette épreuve dans les meilleures conditions.

📞 Besoin d'aide pour organiser le partage de vos biens ?

Un accompagnement personnalisé permet de sécuriser le partage des biens mobiliers, d’éviter les pièges et de protéger vos intérêts patrimoniaux. Prenez rendez-vous pour un bilan gratuit.

Témoignages

Franchement le partage des meubles ça a été la pire partie du divorce… Mon ex voulait tout garder sous prétexte qu’il payait le loyer. J’ai trouvé aide-divorce.fr qui m’a expliqué que j’avais le droit à la moitié des biens communs même si j’avais pas payé. J’ai fait venir un huissier et ça s’est calmé direct

— Sophie, 38 ans, divorcée après 10 ans de mariage

Bon moi j’avais un contrat en séparation de biens donc je pensais que j’allais récupérer tous mes meubles sans problème. En fait non, parce que j’avais plus les factures et mon ex disait que c’était elle qui avait payé. L’avocat m’a dit que sans preuve j’étais dans la merde. Heureusement ma mère avait gardé la facture du canapé qu’elle m’avait offert

— Marc, 45 ans, divorcé en séparation de biens

Honnêtement je savais pas qu’on pouvait demander à un huissier de venir pour le partage des meubles. Mon ex m’avait menacée plusieurs fois donc j’avais peur qu’il fasse un scandale le jour où je venais chercher mes affaires. L’huissier a tout constaté, mon ex a rien pu dire, c’était nickel. Coût 400 € partagé en deux

— Isabelle, 51 ans, maman de 2 enfants