Lors d’une séparation ou d’un divorce, la question de la garde alternée se pose fréquemment. Cette modalité de résidence permet à l’enfant de vivre alternativement chez chacun de ses parents, généralement une semaine sur deux. Si cette solution présente de nombreux avantages pour maintenir les liens parentaux, elle n’est pas systématiquement accordée par le juge aux affaires familiales (JAF). En effet, le magistrat fonde sa décision sur un principe fondamental : l’intérêt supérieur de l’enfant, consacré par l’article 373-2-1 du Code civil.
Cette page détaille les principaux motifs pour lesquels le juge peut refuser une garde alternée, les critères pris en compte lors de son évaluation, ainsi que les situations concrètes rencontrées par les parents séparés. Comprendre ces éléments permet d’anticiper la décision du juge et de mieux préparer son dossier, notamment lors de l’audience de fixation du mode de résidence.
Si les deux parents sont d’accord sur la mise en place d’une garde alternée, le juge homologue généralement leur décision, sauf si elle est manifestement contraire à l’intérêt de l’enfant. C’est en cas de désaccord que le magistrat devra trancher en analysant la situation familiale en profondeur.

Les principaux motifs de refus de la garde alternée
Le juge aux affaires familiales dispose d’un large pouvoir d’appréciation pour décider du mode de résidence de l’enfant. Plusieurs motifs peuvent justifier le refus d’une garde alternée, chacun étant évalué au regard de l’intérêt supérieur de l’enfant. Voici les situations les plus fréquentes.
Éloignement géographique entre les deux domiciles
La distance entre les deux résidences parentales constitue l’un des obstacles les plus courants à la mise en place d’une garde alternée. Lorsque les domiciles des parents sont trop éloignés, l’enfant peut être soumis à des trajets répétés et fatigants, nuisant à sa scolarité et à son équilibre psychologique.
Le juge évalue systématiquement la distance séparant les deux logements, le temps de trajet nécessaire, ainsi que l’impact sur la vie quotidienne de l’enfant (rythme scolaire, activités extrascolaires, vie sociale). Généralement, une distance supérieure à 30-40 kilomètres ou nécessitant plus d’une heure de trajet est considérée comme incompatible avec une garde alternée, particulièrement pour les jeunes enfants scolarisés.
Marc et Sophie divorcent. Marc habite à Toulouse, Sophie décide de déménager à Montauban (60 km). Leur fille de 8 ans est scolarisée à Toulouse. Marc demande une garde alternée. Le juge refuse : la distance implique 1h15 de trajet matin et soir les semaines où l’enfant serait chez sa mère, soit 2h30 de transport quotidien. La fillette serait levée à 6h et rentrerait à 18h30. Le juge fixe une résidence principale chez le père avec un droit de visite et d’hébergement classique (un week-end sur deux et la moitié des vacances) pour la mère.
Un parent qui déménage alors qu’une garde alternée est en place doit informer l’autre parent et, en cas de désaccord, saisir le juge aux affaires familiales. Le déménagement ne peut être unilatéral s’il remet en cause la garde alternée. Un parent qui déménage à distance importante sans accord ni décision judiciaire s’expose à une modification de la résidence de l’enfant à son désavantage.
Absence de logement adapté pour accueillir l’enfant
Pour qu’une garde alternée soit envisageable, chaque parent doit disposer d’un logement permettant d’accueillir l’enfant dans des conditions décentes. Cela implique de pouvoir offrir un espace personnel à l’enfant (même une chambre partagée peut suffire pour les jeunes enfants) et des conditions d’hygiène et de sécurité minimales.
Le juge refusera la garde alternée si l’un des parents est sans domicile fixe, loge provisoirement chez un tiers, ou occupe un logement insalubre ou manifestement trop petit. En revanche, un parent hébergé temporairement chez ses propres parents dans un logement suffisamment grand peut obtenir la garde alternée, à condition de démontrer la stabilité de cette situation.
Il n’existe pas de règle légale imposant une surface minimale par enfant. Le juge apprécie au cas par cas : un studio peut suffire pour un enfant en bas âge, mais sera insuffisant pour un adolescent. L’important est que l’enfant puisse dormir dans des conditions décentes et disposer d’un espace pour faire ses devoirs.
Violences conjugales ou violences sur l’enfant
La présence de violences conjugales ou de violences exercées directement sur l’enfant constitue un motif impérieux de refus de la garde alternée. L’article 373-2-9 du Code civil précise que le juge peut refuser d’homologuer un accord prévoyant la résidence alternée ou ne pas ordonner cette modalité de résidence s’il est établi que des violences ont été commises par l’un des parents sur l’autre parent ou sur l’enfant.
Les violences peuvent être physiques, psychologiques, sexuelles ou économiques. Le parent victime ou l’enfant victime doit apporter des éléments de preuve : dépôt de plainte, main courante, certificats médicaux, témoignages, décisions de justice (ordonnance de protection, condamnation pénale). En présence de violences avérées, le juge privilégie généralement un droit de visite médiatisé ou un droit de visite classique avec des garanties (point de rencontre, interdiction de contact direct avec l’autre parent).
« Le juge prend en compte notamment la pratique que les parents avaient précédemment suivie ou les accords qu’ils avaient pu antérieurement conclure, les sentiments exprimés par l’enfant mineur dans les conditions prévues à l’article 388-1, l’aptitude de chacun des parents à assumer ses devoirs et respecter les droits de l’autre, le résultat des expertises éventuellement effectuées, les renseignements qui ont été recueillis dans les éventuelles enquêtes et contre-enquêtes sociales prévues à l’article 373-2-12, ainsi que les pressions ou violences, à caractère physique ou psychologique, exercées par l’un des parents sur la personne de l’autre. »

Aliénation parentale et dénigrement systématique
L’aliénation parentale désigne le comportement d’un parent qui manipule l’enfant pour le monter contre l’autre parent, en le dénigrant systématiquement, en lui attribuant des actes ou des intentions malveillantes, ou en empêchant tout lien affectif positif avec l’autre parent. Ce phénomène, également appelé « syndrome d’aliénation parentale » (SAP), est pris très au sérieux par les juges aux affaires familiales.
Lorsque le juge constate qu’un parent exerce une emprise psychologique sur l’enfant au détriment de l’autre parent, il peut refuser la garde alternée pour éviter que l’enfant ne soit constamment exposé à ce dénigrement. Dans les cas graves, le juge peut même inverser la résidence principale et confier l’enfant au parent dénigré, afin de restaurer les liens affectifs et protéger l’enfant de cette manipulation. Une expertise psychologique est souvent ordonnée pour évaluer la situation.
L’aliénation parentale est difficile à prouver. Il faut apporter des éléments concrets : messages écrits (SMS, emails) où l’enfant répète mot pour mot les accusations du parent aliénant, témoignages de tiers (enseignants, médecins, famille), rapports de psychologues ou d’éducateurs. Un parent qui accuse l’autre d’aliénation sans preuve risque de voir sa demande rejetée.
Incapacité d’un parent à assurer la stabilité de l’enfant
Le juge évalue la capacité de chaque parent à assurer la stabilité matérielle, affective et éducative de l’enfant. Un parent présentant des difficultés manifestes dans l’un de ces domaines peut se voir refuser la garde alternée. Les situations concernées incluent :
- Instabilité professionnelle ou financière grave : un parent sans revenus réguliers, surendetté ou sans capacité à subvenir aux besoins de l’enfant (alimentation, habillement, frais scolaires) aura du mal à obtenir une garde alternée. Cependant, la simple différence de niveau de vie entre les parents n’est pas en soi un motif de refus.
- Disponibilité insuffisante : un parent exerçant une profession aux horaires incompatibles avec la garde d’un enfant (voyages fréquents, horaires décalés, absence prolongée) peut se voir refuser la garde alternée. Le juge vérifie que le parent est effectivement présent et disponible pour s’occuper de l’enfant, et non qu’il délègue systématiquement la garde à un tiers (grands-parents, nounou).
- Problèmes de santé ou d’addiction : un parent souffrant d’une maladie grave, d’une addiction à l’alcool ou aux drogues, ou de troubles psychiatriques non stabilisés peut être considéré comme inapte à assumer une garde alternée. Le juge s’appuiera sur des certificats médicaux, des rapports d’expertise ou des témoignages.
Thomas, commercial international, voyage 15 jours par mois. Il demande une garde alternée pour sa fille de 6 ans. Sa mère accepte de garder l’enfant pendant ses absences. Le juge refuse : la garde alternée suppose que chaque parent s’occupe personnellement de l’enfant. Déléguer systématiquement la garde à la grand-mère ne répond pas à l’intérêt de l’enfant, qui a besoin d’un lien direct avec son père. Le juge fixe un droit de visite classique (un week-end sur deux et la moitié des vacances), ce qui permet à Thomas de voir sa fille lorsqu’il est disponible.
Conflit parental majeur et communication inexistante
La garde alternée implique une coopération minimale entre les parents, notamment pour gérer les transitions, coordonner la scolarité, les soins médicaux et les activités de l’enfant. Lorsque les parents sont dans un conflit si intense qu’ils ne peuvent plus communiquer, même par écrit, la garde alternée risque d’exposer l’enfant à des tensions permanentes et de le placer en situation de loyauté conflictuelle.
Le juge peut refuser la garde alternée si les parents se livrent à des disputes devant l’enfant, s’accusent mutuellement devant lui, ou utilisent l’enfant comme messager ou espion. Dans ce cas, le juge privilégie une résidence principale chez un parent avec un droit de visite et d’hébergement pour l’autre, afin de limiter les contacts directs entre les parents et de protéger l’enfant. Le juge peut également imposer un passage par un point de rencontre ou ordonner une médiation familiale.
Depuis 2017, dans certains tribunaux, le juge peut ordonner une tentative de médiation familiale avant de statuer sur la résidence de l’enfant. Cette médiation, gratuite ou payante selon les cas, permet de rétablir le dialogue entre les parents et de trouver un accord dans l’intérêt de l’enfant. Le refus de participer à la médiation peut être retenu contre le parent récalcitrant.
Les critères pris en compte par le juge aux affaires familiales
Au-delà des motifs de refus explicites, le juge aux affaires familiales se fonde sur un faisceau de critères pour décider du mode de résidence de l’enfant. Ces critères, énoncés à l’article 373-2-11 du Code civil, visent tous à déterminer ce qui est le plus favorable à l’intérêt supérieur de l’enfant.
L’âge de l’enfant
L’âge de l’enfant est un facteur déterminant. Les jeunes enfants, notamment les bébés et les enfants de moins de 3 ans, ont besoin de stabilité et de repères constants. Leur rythme biologique et leur développement psychoaffectif nécessitent un environnement sécurisant et prévisible. La garde alternée est généralement refusée pour les très jeunes enfants, car elle les soumet à des changements de lieu trop fréquents.
Cependant, cette règle n’est pas absolue. Certains juges acceptent une garde alternée pour des enfants de 2-3 ans si les parents sont très proches géographiquement, communiquent bien et que l’enfant a déjà l’habitude de passer du temps chez chacun. À partir de 6 ans, la garde alternée est plus fréquemment accordée, à condition que les autres critères soient remplis. À l’adolescence, le juge tient compte de l’avis de l’enfant, qui peut demander à vivre principalement chez l’un de ses parents.
Selon les statistiques du ministère de la Justice, la garde alternée concerne environ 20 % des enfants de parents séparés en France. Elle est rare avant 3 ans (moins de 5 %), fréquente entre 6 et 12 ans (environ 25 %), et plus rare à l’adolescence, où l’enfant exprime souvent une préférence pour un domicile principal.
La volonté et le ressenti de l’enfant
Conformément à l’article 388-1 du Code civil, l’enfant capable de discernement peut être entendu par le juge aux affaires familiales. Cette audition permet au magistrat de recueillir directement l’avis de l’enfant sur le mode de résidence qu’il souhaite. L’enfant n’a pas à choisir entre ses parents, mais il peut exprimer son ressenti, ses préférences et ses craintes.
L’audition de l’enfant peut être demandée par les parents, par l’avocat de l’enfant (si un administrateur ad hoc a été désigné) ou décidée d’office par le juge. L’âge minimal n’est pas fixé par la loi : un enfant de 7-8 ans peut être entendu s’il est mature. En revanche, le juge n’est pas lié par l’avis de l’enfant : si celui-ci exprime une préférence manifestement influencée par un parent manipulateur, le juge peut en tenir compte pour refuser la garde alternée.
Un parent ne doit jamais préparer l’enfant à son audition ni lui dicter ce qu’il doit dire au juge. Si le juge constate que l’enfant a été instrumentalisé ou manipulé, cela peut se retourner contre le parent fautif. L’enfant doit être libre de s’exprimer.
La capacité de chaque parent à respecter les droits de l’autre
Le juge évalue l’aptitude de chaque parent à respecter les droits de l’autre parent, notamment le droit de maintenir des relations personnelles avec l’enfant. Un parent qui dénigre systématiquement l’autre, qui refuse de communiquer, qui empêche les visites ou qui ne transmet pas les informations importantes (bulletins scolaires, rendez-vous médicaux) sera sanctionné.
Le juge peut ordonner une enquête sociale pour évaluer les conditions de vie de l’enfant chez chacun des parents et leur capacité à coopérer. Cette enquête, réalisée par un travailleur social, aboutit à un rapport remis au juge. Le non-respect des droits de l’autre parent peut justifier le refus de la garde alternée, voire une modification de la résidence principale au profit du parent respectueux.
La distance entre le domicile et l’école
Le juge examine la distance entre chaque domicile parental et l’établissement scolaire de l’enfant. Si l’un des domiciles est trop éloigné de l’école, la garde alternée peut être refusée pour éviter des trajets trop longs et fatigants pour l’enfant. Le juge vérifie également que l’enfant puisse poursuivre ses activités extrascolaires (sport, musique, etc.) quel que soit le domicile où il se trouve.
En pratique, si un parent habite à 5 minutes de l’école et l’autre à 45 minutes, le juge privilégiera souvent une résidence principale chez le parent proche de l’école, avec un droit de visite élargi pour l’autre parent (par exemple, tous les week-ends au lieu d’un week-end sur deux).
L’organisation pratique des parents
Le juge évalue l’organisation pratique de chaque parent pour accueillir l’enfant : horaires de travail compatibles avec la garde, mode de garde en cas d’absence (crèche, nounou, grands-parents), capacité à accompagner l’enfant à l’école et aux activités. Un parent qui travaille de nuit, qui part tôt le matin ou qui rentre tard le soir aura plus de difficultés à obtenir une garde alternée.
Le juge vérifie également que chaque parent soit en mesure d’aider l’enfant dans ses devoirs, de le suivre sur le plan scolaire et médical, et de répondre à ses besoins affectifs. La simple présence d’un parent ne suffit pas : il faut que celui-ci soit réellement disponible et impliqué.
Le juge aux affaires familiales évalue chaque situation au cas par cas. Aucun critère n’est décisif à lui seul : c’est l’ensemble de la situation familiale qui détermine la décision. L’objectif est toujours de privilégier l’intérêt supérieur de l’enfant, en lui garantissant stabilité, sécurité et maintien des liens avec ses deux parents.
Garde alternée et majorité de l’enfant
À compter de la majorité de l’enfant (18 ans), la question de la garde alternée ne se pose plus juridiquement. L’enfant majeur est libre de choisir son lieu de résidence et de décider de la fréquence de ses relations avec chacun de ses parents. Les parents n’ont plus de pouvoir décisionnel sur la résidence de leur enfant majeur.
Cependant, la majorité de l’enfant n’entraîne pas automatiquement la fin des obligations alimentaires des parents. Si l’enfant majeur poursuit des études ou est en recherche d’emploi, les parents restent tenus de contribuer à son entretien et à son éducation. La pension alimentaire peut être maintenue, voire augmentée, en fonction des besoins de l’enfant majeur et des ressources des parents.
L’enfant majeur peut également choisir de continuer à vivre en alternance chez ses deux parents, sans décision judiciaire. Dans ce cas, les parents peuvent convenir entre eux du partage des dépenses. En cas de désaccord, le juge aux affaires familiales peut être saisi pour fixer la contribution de chaque parent à l’entretien de l’enfant majeur.
La pension alimentaire pour un enfant majeur n’est plus versée à l’autre parent, mais directement à l’enfant majeur lui-même. Le montant est fixé en fonction des besoins de l’enfant (logement, études, transport) et des ressources des parents. Le juge peut ordonner un versement mensuel ou le paiement direct de certains frais (loyer étudiant, frais d’inscription universitaire).
Que faire en cas de refus de garde alternée ?
Si le juge refuse la garde alternée demandée par un parent, celui-ci dispose de plusieurs recours :
- Faire appel de la décision : la décision du juge aux affaires familiales peut être contestée dans un délai de 30 jours suivant sa notification. La procédure d’appel se déroule devant la cour d’appel et nécessite obligatoirement l’assistance d’un avocat. L’appel suspend l’exécution de la décision, sauf si le juge l’a déclarée exécutoire à titre provisoire.
- Demander une modification ultérieure : le parent peut saisir à nouveau le juge aux affaires familiales si les circonstances ont changé (déménagement d’un parent, évolution de l’âge de l’enfant, amélioration de la situation professionnelle ou du logement). La procédure de modification est la même que la procédure initiale. Un changement de situation doit être significatif et justifié par des éléments de preuve.
- Respecter la décision et prouver sa bonne foi : un parent qui se conforme scrupuleusement à la décision du juge (respect des droits de visite, paiement de la pension alimentaire, communication constructive) aura plus de chances d’obtenir une modification favorable ultérieurement. Le comportement de chaque parent est scruté par le juge.
Le délai de 30 jours pour faire appel est strict. Un appel tardif est irrecevable. De plus, faire appel d’une décision du juge aux affaires familiales peut allonger la procédure de plusieurs mois, voire plus d’un an. Pendant ce temps, la situation de l’enfant reste souvent incertaine. Il est essentiel de bien peser le pour et le contre avant d’engager une procédure d’appel.
L’accompagnement patrimonial en cas de refus de garde alternée
Le refus de la garde alternée a des conséquences patrimoniales importantes pour les deux parents. Le parent qui obtient la résidence principale de l’enfant perçoit généralement une pension alimentaire de l’autre parent, destinée à couvrir les frais d’entretien et d’éducation de l’enfant (logement, alimentation, habillement, frais scolaires, loisirs). Cette pension est fixée par le juge en fonction des ressources de chaque parent et des besoins de l’enfant.
Le parent qui verse la pension alimentaire doit l’intégrer dans son budget mensuel et anticiper les éventuelles révisions (augmentation en cas d’amélioration de ses revenus, diminution en cas de perte d’emploi). Le parent qui reçoit la pension doit veiller à ce qu’elle couvre effectivement les besoins de l’enfant, et peut demander une révision si les besoins augmentent (frais de scolarité privée, frais médicaux, activités sportives coûteuses).
Au-delà de la pension alimentaire, le refus de la garde alternée peut avoir un impact sur le partage des biens lors du divorce, notamment si le parent qui obtient la résidence principale doit conserver le logement familial pour assurer la stabilité de l’enfant. Dans ce cas, le parent qui quitte le logement peut recevoir une soulte ou une prestation compensatoire pour compenser la perte de valeur patrimoniale.
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FAQ : Questions fréquentes sur le refus de garde alternée
Questions fréquentes
Le juge peut-il refuser la garde alternée si les deux parents sont d'accord ?
Oui, le juge peut refuser d’homologuer un accord parental prévoyant la garde alternée s’il estime que cette modalité de résidence est manifestement contraire à l’intérêt supérieur de l’enfant. Par exemple, si l’enfant est très jeune (moins de 2 ans), si les parents habitent très loin l’un de l’autre, ou si des violences conjugales ont été établies, le juge peut imposer une résidence principale chez l’un des parents, même si les deux parents souhaitaient une garde alternée.
Mon ex-conjoint veut déménager : la garde alternée va-t-elle être supprimée ?
Le déménagement de l’un des parents en cours de garde alternée ne supprime pas automatiquement cette modalité de résidence. Cependant, si le déménagement entraîne un éloignement géographique important et rend les transitions difficiles pour l’enfant, le parent non déménageur peut saisir le juge aux affaires familiales pour demander une modification. Le juge évaluera la distance, l’âge de l’enfant, les contraintes scolaires et l’intérêt supérieur de l’enfant avant de statuer. Si la distance est trop importante, le juge peut transformer la garde alternée en résidence principale avec droit de visite élargi.
À partir de quel âge l'enfant peut-il refuser la garde alternée ?
L’enfant n’a pas le pouvoir juridique de refuser la garde alternée, mais il peut exprimer son avis dès qu’il est capable de discernement (généralement vers 7-8 ans). Le juge tient compte de cet avis, mais n’est pas lié par lui. À l’adolescence, l’avis de l’enfant a un poids plus important, et le juge hésite souvent à imposer une garde alternée contre la volonté d’un adolescent de 15-16 ans. À 18 ans, l’enfant majeur décide librement de son lieu de résidence.
Puis-je demander une garde alternée si mon ex-conjoint a été condamné pour violence conjugale ?
En principe, non. L’article 373-2-9 du Code civil précise que le juge peut refuser d’homologuer un accord prévoyant la résidence alternée ou ne pas ordonner cette modalité s’il est établi que des violences ont été commises par l’un des parents sur l’autre parent ou sur l’enfant. Une condamnation pénale pour violence conjugale est un élément décisif : le juge refusera systématiquement la garde alternée pour protéger la victime et l’enfant. Un droit de visite médiatisé ou un simple droit de visite classique sera généralement privilégié.
Mon ex-conjoint ne respecte pas la garde alternée décidée par le juge : que faire ?
Si l’ex-conjoint ne respecte pas la décision du juge (refus de rendre l’enfant à la date prévue, non-présentation de l’enfant, déménagement sans autorisation), le parent lésé peut déposer une main courante puis une plainte pour non-représentation d’enfant (article 227-5 du Code pénal), délit puni de un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Parallèlement, le parent victime peut saisir le juge aux affaires familiales en urgence pour obtenir une modification de la garde ou des mesures coercitives (astreinte financière, menace de retrait de l’autorité parentale).
Puis-je demander une garde alternée après un refus initial du juge ?
Oui, il est possible de saisir à nouveau le juge aux affaires familiales pour demander une garde alternée après un refus initial, à condition de démontrer un changement significatif de circonstances. Par exemple : l’enfant a grandi, le parent a déménagé plus près, le parent a amélioré son logement ou sa situation professionnelle, les relations entre les parents se sont apaisées. Le juge examinera la nouvelle demande au regard de l’intérêt actuel de l’enfant. Il n’y a pas de délai minimal entre deux demandes.
Conclusion : comprendre et anticiper la décision du juge
Le refus de la garde alternée n’est jamais une décision arbitraire : le juge aux affaires familiales fonde toujours son choix sur l’intérêt supérieur de l’enfant, en analysant l’ensemble de la situation familiale. Comprendre les critères et les motifs de refus permet à chaque parent de mieux préparer son dossier, d’anticiper les arguments de l’autre parent, et de se projeter dans une organisation familiale réaliste.
La garde alternée n’est pas une fin en soi : ce qui compte, c’est que l’enfant puisse maintenir des relations de qualité avec ses deux parents, dans un cadre sécurisant et stable. Si la garde alternée n’est pas accordée, un droit de visite élargi (par exemple, un week-end sur deux du vendredi au lundi, plus la moitié des vacances scolaires) peut permettre au parent non résident de rester très présent dans la vie de l’enfant.
Face à une décision de refus, il est essentiel de ne pas céder à la colère ou à la frustration, mais de respecter scrupuleusement les décisions du juge et de continuer à prouver sa bonne foi. Un parent qui respecte les droits de l’autre, qui communique de manière constructive et qui place l’intérêt de l’enfant au centre de ses préoccupations aura toujours plus de chances d’obtenir une modification favorable à l’avenir.
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Témoignages
— Émilie, 35 ans, mère de deux enfantsFranchement le divorce c’était déjà dur mais en plus mon ex voulait absolument la garde alternée alors qu’il habite à 70 km… Le juge a bien vu que c’était pas possible pour les enfants, ils sont en primaire et ca leur aurait fait 1h30 de trajet matin et soir une semaine sur deux. Heureusement que j’avais trouvé aide-divorce.fr avant l’audience, le site m’a expliqué les critères que le juge allait regarder et j’ai pu bien préparer mes arguments
— Marc, 42 ans, père séparéBon moi j’ai fait l’erreur de croire que le juge allait automatiquement refuser la garde alternée parce que ma fille avait que 4 ans. En fait non, il a dit que c’était possible si les conditions étaient bonnes. Du coup j’ai raté ma chance en arrivant mal préparé à l’audience. Maintenant je vois ma fille qu’un week-end sur deux et ca me ronge… J’ai relu les infos sur aide-divorce.fr et je vais redemander dans 2 ans quand elle sera en CP
— Isabelle, 39 ans, divorcée après 12 ans de mariageHonnêtement mon ex était violent mais comme j’avais pas porté plainte à l’époque j’avais peur que le juge me croie pas. J’ai apporté les certificats médicaux et des témoignages de voisins et le juge a bien vu ce qui se passait. Il a refusé la garde alternée direct. Mon ex a juste un droit de visite classique et encore, surveillé au début. Le site explique bien qu’il faut garder toutes les preuves, ca m’a vraiment aidé



