Lorsqu’un divorce est prononcé aux torts exclusifs ou partagés d’un conjoint, le juge aux affaires familiales (JAF) peut condamner le conjoint fautif au versement de dommages et intérêts. Cette somme vise à réparer le préjudice moral ou matériel subi par l’autre époux durant le mariage ou lors de la séparation. Mais une fois le jugement rendu, la question se pose : dans quel délai la personne concernée peut-elle espérer percevoir ces sommes ? Que faire si l’ex-conjoint ne paie pas ? Cette page détaille les démarches, les recours disponibles et les pièges à éviter pour faire exécuter cette décision de justice.

Le Code civil ne fixe aucun délai impératif pour que l’ex-conjoint condamné verse les dommages et intérêts prononcés par le juge. L’époux créancier doit donc agir pour faire exécuter le jugement si le débiteur ne paie pas spontanément.
Les dommages et intérêts prononcés lors d’un divorce ne sont pas automatiquement versés dès le prononcé du jugement. Dans les faits, le divorce pour faute ou le divorce accepté avec torts partagés génèrent souvent des tensions rendant toute communication impossible. Il appartient donc à la personne lésée de se tourner vers un huissier de justice pour contraindre l’ex-conjoint à exécuter la décision du juge.
Absence de délai légal pour le paiement des dommages-intérêts
Contrairement à la prestation compensatoire dont les modalités de versement (capital immédiat, mensualités sur 8 ans maximum, rente viagère) sont strictement encadrées par le Code civil (articles 270 et suivants), les dommages et intérêts alloués lors d’un divorce ne font l’objet d’aucun calendrier de paiement imposé par la loi.
Le jugement de divorce se contente généralement de fixer le montant global dû. Il revient ensuite à l’époux bénéficiaire de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour obtenir le paiement effectif de cette somme. En l’absence de versement spontané, la procédure d’exécution forcée devient incontournable.

Les dommages-intérêts réparent un préjudice causé par la faute d’un conjoint (violences, abandon du domicile conjugal, adultère, non-contribution aux charges du mariage). La prestation compensatoire, elle, vise à compenser la disparité de niveau de vie entre les époux après le divorce. Ce sont deux mécanismes juridiques distincts avec des règles différentes.
Comment obtenir le paiement des dommages et intérêts après un divorce ?
Étape 1 : Vérifier que le jugement est définitif et exécutoire
Un jugement de divorce devient exécutoire dès qu’il n’est plus susceptible de recours ou que les délais de recours sont expirés. En matière de divorce, le délai d’appel est de 30 jours à compter de la signification du jugement par voie d’huissier.
Une fois ce délai écoulé sans appel, ou si l’arrêt de la cour d’appel confirme la condamnation aux dommages et intérêts, la décision est définitive. La personne créancière peut alors demander l’exécution forcée du jugement.
Les jugements sont exécutoires à compter de leur signification, sauf disposition contraire. Ils peuvent être exécutés avant d’avoir acquis force de chose jugée s’ils sont assortis de l’exécution provisoire de droit ou sur décision du juge.
Étape 2 : Faire appel à un huissier de justice
L’huissier de justice est l’officier ministériel compétent pour procéder à l’exécution forcée des décisions de justice. Concrètement, la personne bénéficiaire des dommages et intérêts doit lui transmettre une copie certifiée conforme du jugement définitif (appelée « grosse »).
L’huissier commence généralement par notifier un commandement de payer au débiteur. Ce document officiel rappelle l’obligation de payer et accorde un dernier délai (généralement 8 jours) avant de procéder à des mesures d’exécution forcée.
Les frais d’exécution forcée (signification, commandement, saisies) sont en principe à la charge du débiteur condamné. L’époux créancier doit toutefois avancer les frais d’huissier, qui lui seront remboursés lors de l’encaissement des sommes saisies.
Étape 3 : Les mesures d’exécution forcée disponibles
Si le commandement de payer reste sans effet, l’huissier peut mettre en œuvre plusieurs procédures de recouvrement forcé :
- La saisie sur salaire : l’huissier saisit directement auprès de l’employeur du débiteur une partie de sa rémunération dans la limite des quotités saisissables (fixées par décret selon le niveau de revenu).
- La saisie-attribution bancaire : l’huissier fait bloquer les sommes figurant sur les comptes bancaires de l’ex-conjoint. Les banques sont tenues de communiquer les soldes disponibles.
- La saisie-vente : l’huissier procède à la saisie puis à la vente aux enchères de biens meubles appartenant au débiteur (véhicule, mobilier, objets de valeur).
- La saisie immobilière : en cas de créance importante et d’absence d’autres biens saisissables, l’huissier peut engager une procédure de saisie immobilière visant à faire vendre le bien immobilier du débiteur. Cette procédure est longue et coûteuse, mais peut être pertinente si les dommages-intérêts représentent un montant élevé.
Sophie a obtenu 5 000 € de dommages-intérêts lors de son divorce pour faute prononcé aux torts exclusifs de son ex-mari. Quatre mois après le jugement, elle n’a toujours rien perçu. Elle mandate un huissier qui adresse un commandement de payer à son ex-époux. Faute de réponse, l’huissier procède à une saisie sur salaire auprès de l’employeur. Le montant est prélevé par tranches mensuelles de 300 € selon le barème des quotités saisissables. Sophie perçoit ainsi ses dommages-intérêts progressivement sur environ 17 mois.
Que faire si l’ex-conjoint n’est pas solvable ?
Il arrive que l’ex-époux condamné à verser des dommages et intérêts n’ait pas les moyens de payer. L’insolvabilité constitue l’un des obstacles majeurs à l’exécution des décisions de justice en matière familiale.
Vérifier la situation financière réelle du débiteur
Lorsque l’huissier constate l’absence de biens ou revenus saisissables, la personne créancière peut demander à ce qu’un acte de recherche patrimoniale soit effectué. Cela permet de vérifier si le débiteur ne dissimule pas des avoirs (comptes bancaires, biens immobiliers, véhicules) ou s’il est vraiment insolvable.
Dans certains cas, l’ex-conjoint peut avoir organisé son insolvabilité en transférant des actifs à des tiers (famille, nouveau conjoint) pour échapper à ses obligations. Si cette fraude peut être démontrée, des recours juridiques spécifiques existent (action paulienne, déclaration de simulation).
Même si l’huissier renvoie un procès-verbal de carence (constat d’insolvabilité), la créance reste due. La prescription extinctive est de 5 ans à compter de la date du jugement définitif. Pendant ce délai, la personne créancière peut relancer la procédure d’exécution si la situation financière de l’ex-conjoint s’améliore.
Les recours complémentaires
Si l’ex-époux débiteur perçoit des revenus de remplacement (indemnités chômage, pension de retraite, allocations), une saisie peut être pratiquée dans les mêmes conditions que pour un salaire, sous réserve de laisser au débiteur le minimum insaisissable (quotité fixée par décret).
Par ailleurs, si l’ex-conjoint condamné devient propriétaire d’un bien immobilier ou reçoit une donation ou un héritage, la personne créancière peut demander à son huissier de pratiquer une saisie sur ce nouvel actif.
Lorsque le montant des dommages-intérêts est élevé (au moins 10 000 €), il est possible de faire inscrire une hypothèque judiciaire provisoire sur un bien immobilier appartenant au débiteur, même si celui-ci est encore en cours de remboursement de crédit. Cette inscription sécurise la créance et permet d’être payé prioritairement en cas de vente du bien.
Divorce pour faute et octroi de dommages-intérêts : quelles situations ?
Les dommages et intérêts ne sont pas automatiques en cas de divorce pour faute. Ils doivent être demandés expressément par l’époux qui s’estime lésé et la faute invoquée doit avoir causé un préjudice réel et distinct de la simple rupture du lien conjugal.
Les préjudices indemnisables lors d’un divorce
Le juge aux affaires familiales peut accorder des dommages et intérêts dans plusieurs situations :
- Violences conjugales : préjudice moral et physique subi pendant le mariage.
- Abandon du domicile conjugal sans motif légitime : préjudice financier si le conjoint resté au domicile a dû assumer seul les charges du ménage et l’entretien des enfants.
- Adultère : si la liaison extraconjugale a été menée avec publicité ou a causé une humiliation particulière.
- Non-contribution aux charges du mariage : l’époux qui n’a pas respecté son obligation de contribuer aux dépenses du ménage (loyer, factures, alimentation, scolarité des enfants) peut être condamné à indemniser le conjoint qui a supporté ces charges seul.
- Manœuvres dilatoires : si l’un des époux a multiplié les recours et les obstructions pour retarder le divorce et prolonger la souffrance de l’autre, le juge peut accorder des dommages et intérêts pour abus du droit de la défense.
Marc a quitté le domicile conjugal sans prévenir pour aller vivre avec sa nouvelle compagne, laissant son épouse Isabelle seule avec deux enfants en bas âge. Pendant 18 mois avant le prononcé du divorce, Marc n’a versé aucune contribution financière. Isabelle, disposant de faibles revenus, a dû assumer seule le loyer (850 €/mois), les charges, la nourriture et les frais de garde. Le juge prononce le divorce aux torts exclusifs de Marc et lui alloue 3 500 € de dommages et intérêts pour réparer le préjudice moral et financier causé par cet abandon.
Dommages-intérêts dans le cadre d’un divorce pour altération définitive du lien conjugal
Depuis la réforme du divorce de 2021, le divorce pour altération définitive du lien conjugal a remplacé le divorce pour rupture de la vie commune. Cette procédure permet de divorcer après une séparation de fait d’au moins un an, sans avoir à prouver de faute.
Toutefois, même dans ce type de divorce, le juge peut accorder des dommages et intérêts à l’époux qui subit les conséquences de la rupture dans des conditions particulièrement dures (article 266 du Code civil). Par exemple, si l’un des conjoints a quitté brutalement le domicile en laissant l’autre sans ressources, sans nouvelles pendant des mois, et en refusant toute contribution aux charges du ménage et à l’entretien des enfants.
Sans préjudice de l’application de l’article 270, des dommages et intérêts peuvent être accordés à un époux en réparation des conséquences d’une particulière gravité qu’il subit du fait de la dissolution du mariage soit lorsqu’il était défendeur à un divorce pour altération définitive du lien conjugal et qu’il n’avait lui-même formé aucune demande en divorce, soit lorsque le divorce est prononcé aux torts exclusifs de son conjoint.
Le montant des dommages et intérêts varie selon la gravité du préjudice, la durée de la séparation avant le jugement, la situation financière des époux et les circonstances de la rupture. En pratique, les montants oscillent entre 500 € et 10 000 €, voire plus dans des cas exceptionnels (violences graves, destruction de biens, dilapidation du patrimoine commun).
Selon les statistiques des tribunaux, le montant moyen de dommages-intérêts accordés lors d’un divorce pour faute se situe entre 1 500 € et 3 000 €. Les montants peuvent atteindre 10 000 € ou plus en cas de violences graves, d’abandon avec enfants à charge ou de dilapidation du patrimoine familial.
Stratégies pour obtenir le paiement effectif des dommages-intérêts
Négocier un échelonnement amiable du paiement
Avant d’engager une procédure d’exécution forcée coûteuse et longue, il peut être opportun de proposer à l’ex-conjoint un échéancier de paiement. Si celui-ci est dans une situation financière difficile mais de bonne foi, un accord amiable permet d’éviter les frais d’huissier et d’obtenir le paiement plus rapidement.
Cet accord peut prendre la forme d’une transaction écrite, signée par les deux parties et si possible homologuée par le juge aux affaires familiales. Une fois homologué, l’accord a force exécutoire, ce qui signifie qu’en cas de non-respect, l’huissier pourra procéder à une exécution forcée sans nouvelle décision de justice.
Même après le prononcé du divorce, les anciens époux peuvent recourir à la médiation familiale pour trouver un accord amiable sur l’exécution du jugement (paiement échelonné de la prestation compensatoire, des dommages-intérêts, modalités de garde des enfants). La médiation est souvent plus rapide et moins conflictuelle qu’une procédure d’exécution forcée.
Privilégier une saisie rapide dès le jugement définitif
Plus on attend avant de mettre en œuvre la procédure d’exécution, plus le débiteur a le temps d’organiser son insolvabilité (transfert de biens, démission pour échapper à une saisie sur salaire, etc.). Il est donc recommandé de mandater un huissier dès que le jugement est devenu définitif.
L’huissier peut réaliser un état des lieux patrimonial du débiteur (comptes bancaires, biens immobiliers, véhicules) et procéder rapidement aux saisies les plus efficaces (saisie-attribution bancaire, saisie sur salaire).
Surveiller l’évolution de la situation financière de l’ex-conjoint
Lorsque l’huissier dresse un procès-verbal de carence (absence de biens saisissables), il est conseillé de relancer périodiquement la procédure d’exécution, notamment si l’ex-conjoint retrouve un emploi, hérite d’un bien ou reçoit une donation.
La créance de dommages et intérêts reste valable pendant 5 ans (prescription quinquennale). Pendant ce délai, toute amélioration de la situation financière du débiteur peut justifier une nouvelle tentative d’exécution forcée.
La prescription extinctive pour les dommages-intérêts est de 5 ans à compter de la date du jugement définitif (article 2224 du Code civil). Passé ce délai, la créance devient irrécouvrable. Il est donc impératif d’agir dans ce délai ou d’interrompre la prescription par un acte d’huissier (commandement de payer, saisie).
Aspects patrimoniaux et financiers du paiement des dommages-intérêts
Le versement de dommages et intérêts lors d’un divorce a des conséquences financières et patrimoniales qu’il convient d’anticiper. Contrairement à la prestation compensatoire, dont le régime fiscal est strictement encadré, les dommages-intérêts ne sont ni déductibles pour le débiteur ni imposables pour le bénéficiaire (car ils réparent un préjudice personnel).
Fiscalité des dommages-intérêts
Les dommages et intérêts perçus à la suite d’un divorce ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu. Ils ne doivent donc pas être déclarés dans la déclaration annuelle de revenus. De même, le conjoint qui les verse ne peut pas les déduire de son revenu imposable.
Cette neutralité fiscale distingue les dommages-intérêts de la prestation compensatoire sous forme de rente, qui est déductible pour le débiteur et imposable pour le bénéficiaire sous certaines conditions.
La prestation compensatoire en capital versée sur 12 mois est déductible du revenu imposable du débiteur dans la limite de 30 500 € par an. La prestation compensatoire sous forme de rente viagère est déductible pour le débiteur et imposable pour le créancier. Les dommages-intérêts, eux, n’ont aucune conséquence fiscale.
Optimiser sa situation patrimoniale après le divorce
Une fois les dommages et intérêts perçus, la personne bénéficiaire peut se retrouver avec une somme en capital qui doit être gérée de manière optimale. Il est recommandé de consulter un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) spécialisé dans les situations de divorce pour déterminer la meilleure allocation de ce capital en fonction des objectifs (reconstitution d’une épargne de précaution, investissement immobilier, préparation de la retraite, etc.).
Le CGP peut également accompagner la personne divorcée dans la restructuration globale de son patrimoine après la liquidation du régime matrimonial, notamment en matière d’assurance-vie, de fiscalité et de transmission.
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Situations spécifiques : dommages-intérêts et indemnisation d’accident
Certaines situations particulières nécessitent une attention renforcée, notamment lorsque le divorce intervient après qu’un des époux a été victime d’un accident ayant entraîné une indemnisation importante ou une invalidité.
Divorce et capital d’indemnisation d’accident corporel
Lorsqu’un époux a perçu une indemnisation suite à un accident corporel (accident de la route, accident du travail, erreur médicale), la question se pose de savoir si ce capital entre dans la communauté ou s’il reste un bien propre. En principe, les indemnités réparant un préjudice personnel (préjudice corporel, souffrances endurées, préjudice esthétique) constituent des biens propres de la victime et ne sont donc pas partagées lors du divorce.
Toutefois, si l’indemnisation inclut des postes de préjudice économique (perte de revenus futurs, frais d’aménagement du logement), une partie peut être considérée comme ayant bénéficié au ménage et donc entrer dans la masse partageable. Un avocat spécialisé en droit de la famille et, idéalement, un conseiller en gestion de patrimoine doivent être consultés pour qualifier chaque poste d’indemnisation et sécuriser la répartition.
Lorsque l’un des conjoints a perçu un capital important d’indemnisation, il est impératif de ne pas signer la convention de divorce sans avoir fait expertiser la qualification juridique de chaque poste d’indemnisation. Certaines sommes sont propres (préjudice moral, préjudice corporel), d’autres sont communes (indemnités de perte de salaires perçues pendant le mariage). Une erreur de qualification peut coûter plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Divorce et pension d’invalidité
La pension d’invalidité versée par la Sécurité sociale ou un organisme de prévoyance constitue un revenu propre de l’époux bénéficiaire. Elle est prise en compte dans le calcul de ses ressources pour déterminer le montant éventuel de la prestation compensatoire ou de la pension alimentaire.
En revanche, les arriérés de pension d’invalidité perçus pendant le mariage peuvent, selon les cas, être considérés comme des revenus communs ayant servi aux besoins du ménage. Là encore, l’accompagnement par un professionnel du droit et du patrimoine est indispensable pour éviter une répartition inéquitable.
aide-divorce.fr est partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF) pour accompagner les personnes en situation de divorce consécutif à un accident ou une invalidité. Si vous êtes dans cette situation, n’hésitez pas à nous contacter pour bénéficier d’un accompagnement spécialisé.
Les erreurs à éviter lors de la réclamation des dommages-intérêts
- Ne pas demander expressément les dommages-intérêts dans la requête initiale : les dommages-intérêts doivent être réclamés formellement dans les conclusions d’avocat. Si cette demande n’est pas formulée, le juge ne peut pas les accorder d’office.
- Accepter un règlement amiable sans garantie : si l’ex-conjoint propose de régler les dommages-intérêts en plusieurs fois, il est impératif de formaliser cet accord par écrit et de le faire homologuer par le juge. Sinon, en cas de non-paiement, il faudra de nouveau saisir le juge.
- Attendre trop longtemps avant de mandater un huissier : plus on laisse passer de temps, plus le débiteur a le temps d’organiser son insolvabilité. Agir rapidement maximise les chances de recouvrement.
- Confondre dommages-intérêts et prestation compensatoire : ces deux sommes obéissent à des logiques juridiques, fiscales et procédurales différentes. Il est essentiel de bien les distinguer pour adapter sa stratégie de recouvrement.
Certains ex-conjoints tentent de faire pression pour obtenir une renonciation aux dommages-intérêts en échange d’un divorce plus rapide ou de concessions sur d’autres aspects (garde des enfants, partage de biens). Ne renoncez jamais à un droit légitime sans avoir consulté votre avocat et, le cas échéant, un conseiller en gestion de patrimoine.
Questions fréquentes sur le délai de paiement des dommages-intérêts après divorce
Questions fréquentes
Existe-t-il un délai légal pour que l'ex-conjoint verse les dommages-intérêts après le divorce ?
Non, il n’existe aucun délai légal imposé par le Code civil pour le versement des dommages-intérêts prononcés lors du divorce. Si le débiteur ne paie pas spontanément, l’époux bénéficiaire doit mandater un huissier de justice pour procéder à l’exécution forcée du jugement (saisie sur salaire, saisie bancaire, saisie-vente).
Combien de temps faut-il pour récupérer les dommages-intérêts via un huissier ?
Le délai dépend de la situation financière de l’ex-conjoint et de la procédure d’exécution choisie. Une saisie-attribution bancaire peut permettre un encaissement sous quelques semaines si les comptes sont suffisamment approvisionnés. Une saisie sur salaire peut s’étaler sur plusieurs mois ou années selon le montant et les quotités saisissables. Une saisie immobilière prend généralement entre 18 et 36 mois.
Que faire si l'ex-conjoint est insolvable et ne peut pas payer ?
Si l’huissier dresse un procès-verbal de carence constatant l’insolvabilité du débiteur, la créance reste due pendant 5 ans (prescription quinquennale). Il est conseillé de relancer la procédure d’exécution régulièrement si la situation financière de l’ex-conjoint s’améliore (nouveau travail, héritage, donation). En attendant, aucune somme ne sera perçue.
Les dommages-intérêts perçus après divorce sont-ils imposables ?
Non, les dommages-intérêts réparent un préjudice personnel et ne constituent pas un revenu imposable. Ils ne doivent pas être déclarés dans la déclaration de revenus. De même, le conjoint qui les verse ne peut pas les déduire de son revenu imposable.
Peut-on cumuler prestation compensatoire et dommages-intérêts ?
Oui, il est tout à fait possible de cumuler une prestation compensatoire et des dommages-intérêts. La prestation compensatoire vise à compenser la disparité de niveau de vie entre les époux, tandis que les dommages-intérêts réparent un préjudice causé par la faute d’un conjoint. Ce sont deux mécanismes juridiques distincts.
Quels sont les frais d'huissier pour recouvrer des dommages-intérêts ?
Les frais d’exécution forcée (commandement de payer, saisies) sont en principe à la charge du débiteur condamné. L’époux bénéficiaire des dommages-intérêts doit toutefois avancer les frais initiaux (généralement entre 100 € et 300 € selon la procédure), qui lui seront remboursés lors de l’encaissement des sommes saisies.
Conclusion
Le paiement des dommages et intérêts après divorce n’est soumis à aucun délai légal, ce qui oblige la personne bénéficiaire à agir pour faire exécuter le jugement. La collaboration avec un huissier de justice compétent et réactif est indispensable pour maximiser les chances de recouvrement. En cas d’insolvabilité du débiteur, il convient de surveiller l’évolution de sa situation financière pendant les 5 ans de prescription de la créance.
Au-delà de la simple exécution du jugement, le divorce a des répercussions patrimoniales et financières importantes. Consulter un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé permet d’optimiser sa situation après la séparation et de sécuriser l’avenir. aide-divorce.fr accompagne les personnes en cours de divorce ou récemment séparées dans toutes les dimensions de leur reconstruction, qu’elles soient juridiques, financières ou patrimoniales.
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Témoignages
— Sophie, 38 ans, divorcée après 11 ans de mariageFranchement j’ai attendu 6 mois que mon ex me verse les 2000 € de dommages intérêts avant de me décider à prendre un huissier… j’aurais du le faire bien avant ! En deux semaines il a trouvé le compte bancaire et hop saisie, j’ai enfin pu récupérer cette somme. Le site aide-divorce.fr explique bien qu’il faut pas attendre sinon ils ont le temps de planquer leurs sous
— Marc, 44 ans, père de 2 enfantsBon moi j’ai obtenu 3500 € de dommages et intérêts parce que mon ex m’avait laissé tout seul avec les gamins pendant presque 2 ans sans donner un centime. Seulement voilà elle travaille au black donc l’huissier trouve rien à saisir… ça fait 3 ans que j’attends et j’ai toujours rien vu. Je vais retenter dans quelques mois au cas ou elle aurait des sous sur un compte
— Nathalie, 51 ans, divorcée pour fauteHonnêtement au début j’avais même pas pensé à demander des dommages intérêts. C’est mon avocat qui m’a expliqué que vu les violences que j’avais subies j’y avais droit. Le juge m’a accordé 5000 €. Après le jugement j’ai contacté aide-divorce.fr pour savoir comment récupérer cette somme et ils m’ont conseillé de prendre un huissier rapidement. Résultat en 2 mois c’était réglé par saisie sur salaire, impeccable !



